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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 10:15

Au hasard des trottoirs, de ghettos en taudis,

La misère, au matin, compte sa progéniture,

Elle fourmille à foison, jusqu’au point de rupture ;

Portes closes, nombreux, la regardent ébaudis…

 

Regardez ses enfants, à tout jamais perdus, 

Chercher de quoi manger sur des tas d’immondices,

Ils vont sur un fil ténu le long des précipices

De notre société sur des chemins pentus…

 

La faim, la soif, le froid, loups aux crocs acérés,

Rongent ces malheureux pétris de solitude,

Survivre est, pour eux tous, une simple habitude ;

Seule, La mort attend ces pauvres égarés…

 

Ils sont ces chiens pouilleux chassés à coups de pieds,

Privés d’humanité, ces êtres sans visages

Entrevus par hasards au dos des paysages ;

Ceux qu’on laisse pourrir dans d’infâmes bourbiers…

 

Le regard vide, hanté, la peur du lendemain

Et de l’instant présent défleurit l’espérance,

Faméliques, blasés, ils subissent l’outrance

D’un monde indifférent ; nul ne leur tend la main…

 

Ô, combien d’entre nous se disent braves gens

Mais comme des prévôts, sans moindre complaisance,

Lui tapent sur la tête emplis de suffisance

Les yeux clos, le cœur sec, excluent les indigents !...

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:31

Le graveur a rejoint l’antique sanctuaire.

Des anges sont venus au matin l’emporter.

Ailleurs, il est parti peindre l’éternité

Emportant avec lui son monde imaginaire…

Au puits de la mémoire, il reste l’alchimiste.

Mains et cœur grands ouverts, homme passionné,

Ce maître incontesté du livre enluminé

Dont l’œuvre inachevée enchante le puriste…

À tout jamais présents dans la clarté des lampes,

Ouvrages ciselés restant à préfacer,

Dans les sillons en creux des pointes à tracer

Le ciel s’est entrouvert sur des nuées d’estampes…

Les mots jadis aimés, coiffés de capelines,

Cheminent à pas lents sur le chemin du deuil.

De toutes les couleurs, couchées sur un linceul,

Languissent au soleil des encres orphelines…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:15

Le soufre s’agglutine à nos pensées. Le plomb,

Le chlore et l’arsenic empèsent les semelles

Du vent. Nos idéaux agonisent le long

Des chemins d’antan. Il n’est plus d’hirondelles

Et pas même un prophète annonçant le printemps.

La bête a fait son nid dans les têtes fertiles.

Entends les loups surgir des ténèbres du temps.

Toute parole est vaine et les mots sont stériles.

Au premier sang déjà s’éveillent les butors.

Vois les serpents tisser, fil à fil, la rancune !

Le déni fait son œuvre, on s’assoit sur les morts.

Lapidaires, nos esprits s’enfoncent dans la brume.

L’ignoble s’enracine et gangrène l’humain ;

Nous bâtissons un monde égaré dans l’outrance.

Les yeux secs, le cœur froid, un chardon à la main,

Célébrant l’égoïsme et plein d’indifférence,

Quand passe l’étranger, on le jette dehors

Et s’il pouvait crever bien loin de nos frontières ;

Tous en seraient contents. Sans le moindre remords,

Hommes pétris, rongés par des haines altières,

Regarde-les souiller le bleu de l’horizon ;

Ils exaltent vainqueur des relents de poubelles.

Touchant la multitude, essaimant son poison ;

Le racisme ordinaire épand ses grandes ailes…

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:58

Jeux de cartes truqués, dévoyés, biseautés,

Au casino de l’amour, de vieux rois dépités,

Regardent zigzaguer la boule sur la table.

La roulette est faussée et la banque imbattable.

À quoi bon espérer, dépravés, décapés,

Dans la main du croupier, tous les dés sont pipés.

Pour capter, captiver, domestiquer la chance,

Seul, face à l’arnaqueur, point d’atout dans ma manche.

Tout est dit, retranscrit. La vie est un Bazard

Où nulle chose, rien n’est laissé au hasard.

Accrochée à mes pas la mauvaise fortune

Me laisse dépouillé, le cœur sur le bitume. 

Poches, goussets percés, dans la fange, enlisé,

Plus de pierre à ma fronde et mon arc est brisé…

 

 

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:41

L’obscurité vagit sur l’être assujetti. 

Les temps sont corrompus, voués à l’ignorance !

La vague rugissante épand l’intolérance ;

Monte des profondeurs le brasier pressenti…

 

Fétide, la clameur, en bouquets d’épineux,

Insufflent son venin sur des terres amères ;

C’est le bal des maudits, gorgones et chimères

Embrasent l’horizon de mirages haineux…

 

Tandis que nos esprits sommeillent repliés,

Au quatre coins du monde, il pleut de la mitraille.

En plein jour, l’animal, sournoisement, travaille

Et couvre d’un linceul nos rêves oubliés… 

 

La liberté s’essouffle assignée au bûcher.

Pour son corps garrotté, point de miséricorde,

Les quatre fers en l’air, suspendu à la corde,

On la pend, on l’écorche au crochet du boucher… 

 

Cœur nu, flamberge au vent secouons la torpeur

Qui flagorne et endort nos âmes incertaines.

Frères, allons marcher sur ces routes hautaines

Où la teigne promène et le souffre et la peur…

 

 

 

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:11

Écoute les épées du blizzard
Dépouiller les âmes sensibles,
Ne laissant derrière elles
Que spectres décharnés,
Elles estampent la douleur dans les regards.

Entends leurs chants insensibles
Fendre les pierres tendres,
Vois ces corps hagards
Déambuler sans route à suivre.

Touche ces visages
Dont le sourire se fige,
Ces lèvres crevassées
Que nul baiser n’effleure.

Regarde le teint pâle des roses,
L’herbe brûlée de givre,
Pris de solitude
Le nu paysage s’éteindre.

Écoute ces cœurs de marbre
Penchés, sur leur miroir,
S'épancher et puis s’épandre.
Entends ces déserts de glace
Brûler les sentiments.
Vois les, chaque soir, se griser de vin et d’oubli
Et touche leurs yeux clos, jaspés d’indifférence.
Insensibles à l’amour,
Sur l'air des émotions feintes,
Regarde-les danser ;
Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes…

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 23:16

On peut bien s’être aimé, avoir tout partagé,
Un matin on se lève et l’on est l’étranger.
On vous tourne le dos car soudain l’on dérange,
On vous chasse du pied, çà fait mal, c’est étrange !
On a beau l’adorer, avoir beaucoup donné,
Les yeux secs, l’œil noir, le visage fermé,
Point de compassion et pas plus d’existence,
On vous jette et délaisse avec indifférence.
On oublie, on s’enfuit, on retire ses mains,
On referme sa porte, on devient inhumains.
L’on vous voit comme un gueux, tout le désintéresse,
Le cœur bardé de fer, pas la moindre tendresse !
Inutile de rêver, finis les sentiments ;
On ne pense qu’à soi, c’est la loi des amants !

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 08:38

Par la vague sans cesse harcelée, insultée
Château de sable fin sur les laisses des mers,
Grain par grain, Liberté s’amenuise, éreintée ;
Sur ses tours, confinés, ses enfants sont amers…

Rémiges déployés bravant le marabout
Qui déverse le souffre avec intolérance
Sa parole s’épuise à demeurer debout
Et les cœurs puérils sombrent dans l’ignorance…

Pour ses nobles soldats pas de miséricorde,
Un écrit, un dessin ou un trait de crayon
Suffisent aux tyrans pour les pendre à la corde
Ou leur couper la langue au détour d’un layon…

Mais il est des veilleurs qui préservent son âme,
Étincelles de sel revenues de l’enfer,
Quand l’une se consume une autre s’enflamme.
Qu’importe les fusils, la mitraille et le fer,

Lorsque tombe la nuit infamante pour l’homme
Et que la bête toque aux portes des maisons
Chevelure et flamberge au vent elle se nomme
En déclamant son nom sur les murs des prisons...

Sentinelles de suie adossées, insoumises
À l’ombre qui grandit, revêtues de lambeaux,
Ses chandelles noircies échancrant leurs chemises
S’embrasent, le cœur nu, comme de fiers flambeaux… !

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 02:59

Dans ma tête des mots m’assaillent, le silence
Bruisse de maints échos. Pris dans la turbulence,
Je tourne sur moi-même et titube écorché.
Déboussolé, mon cœur frisonne effarouché ;
Dès le matin déjà, l’ombre et la violence
Déferlent comme une onde. Aucune résilience,
Il n’est plus un refuge, un lieu de liberté
Où l’homme peut rêver sans être tourmenté.
Sur la laisse de mer, funeste litanie,
Des visages, des noms cochés par l’infamie,
Des crayons, des dessins sur le sable posés
Qu’une gomme de sang a soudain effacés.
Partout gisent des corps mutilés par l’immonde ;
Je ne sais quel poison contamine le monde.
À gauche, à droite, en haut, vers le bas, de travers,
J’avance, je recule et je marche à l’envers ;
Je m’accroche à la vie emporté par la foule.
Sur l’autel du destin, dévorés par la houle,
La plaie et les bourreaux pourrissent au soleil
Et m’écorchent l’esprit, j’ai perdu le sommeil…

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 02:22

Un bruissement de vent se lève musical.
L’archer d’un violon glisse entre les futaies.
Le chant d’un rossignol, faussement amical,
Outrage mes tympans de balivernes gaies…

Ne sachant où m’enfuir, je titube aux abois.
Alors que je suis seul pleurant mes amours mortes,
Des mèches de lumière ondulent sur les toits ;
Trait bleu sur l’horizon, l’aurore toque aux portes…

Je regarde ébloui, les yeux lourds de sommeil,
La roue au firmament tourner sur elle-même.
Cascatelle d’épis, sa crinière de miel
Escalade le ciel, frétillante et bohème…

L’aubade des oiseaux, dans le soleil naissant,
Me triture le cœur, je ne vois que ténèbres ;
Plus encore je maudis l’astre assourdissant
Qui déploie, ignées, une à une, ses vertèbres…

Une ombre déambule, animal effronté,
Le long d’une mouchette un chat passe, me toise
Puis me tourne le dos sans un brin de piété.
J’ai joué, j’ai perdu, j’en réglerai l’ardoise…

Comme un éclat de verre, un rire cristallin,
D’une fenêtre ouverte, en fontaine, ruisselle ;
J’imagine une femme en chemise de lin
Lestement toupiller sur une balancelle…

Qu’attend le mal-aimé ? La vie ou le trépas,
Une oreille attentive, une main passagère ?
Que veut le mal-aimé ? Lui-même ne le sait pas !
Il rêve simplement d’une belle étrangère…

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