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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 10:35

Sous ses airs indolents, le meilleur des amis,

Non point assujetti comme un chien à son maître,

Ni même obéissant, moins encore soumis,

Pouvant à tout moment feindre de disparaître,

 

Tout en restant lui-même, à peine apprivoisé,

Selon son bon vouloir, ce que peu savent faire,

Sensible à mes humeurs, sans être déphasé,

Il s'astreint volontier, s’affirme, solidaire.

 

Tendrement possessif, lascif sous mes mains,

Les yeux à demi-clos, son silence résonne

Plus fort que tous les mots qu’inventent les humains ;

Il m’est plus attaché que nulle autre personne…

 

Monarque des salons, ténébreuse beauté,

Immuable présence, aux compromis, rebelle,

Simplement, il est là m’offrant sa liberté,

Son amour consenti comme une ombre fidèle…

 

Lorsque tout fout le camp, s’écroule autour de moi,

Quand la tête à l’envers le monde me désole,

Animal attentif, fidèle à mon émoi,

Couché sur mes genoux, seul un chat me console…

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 12:17

Que c’est triste de vivre à genou, résigné

De toujours ramper comme un ver tête basse,

Gangréné par la peur de traîner sa carcasse

Que c’est triste de vivre enfermé, consigné

En d’immondes mouroirs sans oser respirer,

De roder esseulé cachés sous les décombres,

D’oublier qui l’on est au royaume des ombres,

De trembler sans avoir la force de pleurer !…

 

Que c’est triste de vivre au creux du souvenir,

Dans l’attente d’un mot, d’un modeste sourire,

D’avoir la tête ailleurs, dans un vague délire

De chercher dans le noir un visage à chérir…

Délavés par les ans, dans un demi-sommeil,

Qu’ils sont tristes ces yeux tournés vers la fenêtre

Qui contemplent le vide et ne savent peut-être

Ni le bleu, ni le gris que dispense le ciel…

 

Que c’est triste la mort qui lambine à pas lent,

Elle ronge les esprits et séquestre les âmes

Dans des univers clos où s’épuisent les flammes

Et féroce le temps s’éternise indolent… 

Usés jusqu’à la corde, assis dans un fauteuil,

Qu’ils sont tristes ces corps affalés dans l’absence,

Qui ne peuvent bouger prisonniers, sans conscience,

Dont l’on porte déjà le chagrin et le deuil…

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 02:44

En dentelles d’écume au fond de ma mémoire

Danse une sirène au teint couleur ivoire, 

Sur les quais désertés, lorsque la ville dort,

Je la croise souvent fredonnant sur le port…

Effleurant les lusins des blanches goélettes,

Elle chante l’amour à l’abri des tempêtes,

Anime d’un frisson la toile des auvents

Et dénude son cœur sur la rose des vents…

Câlinant les roseaux posés sur la lagune,

Sa voix a la douceur du sable sur la dune,

Elle semble ondoyer sur le miroir de l’eau

Et sillonner la mer sur l’aile d’un oiseau…

Son écho, longuement, résonne dans ma tête,

Allongé, caressé par les vagues pastel

Je me laisse porter, je rejoins l’archipel     

Où le rêve nourrit mon âme de poète…

Chaque fois c’est pareil je succombe à son charme

Dans le brun de ses yeux s’irradie une larme,

D’améthyste et de sel, une perle, un saphir

D’une étoile, peut-être, un fragment, un soupir… 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 00:03

Des livres, des objets dorment sur l’étagère,

Une porte entrouverte, un fauteuil, un bureau

Encombré de papier, dehors un passereau

Volète dans le gris de la voûte étrangère ;

 

Que vient-il faire ainsi sous ma fenêtre close ?

Une lampe au plafond disperse mollement

Les ombres sur les murs. Je vis au rythme lent

De mes nuits sans sommeil et j’ai l’âme morose…

 

Que dire de ce lieu dans lequel je m’enferme ?...

Un stylo, des crayons, un écran, un clavier

Sommeillent. Aucun pas ne vient de l’escalier ;

C’est ici que j’écris cloîtré dans ma caverne…

 

Seul dans mon univers, présence rassurante,

Apaisante et fidèle, un chat, gris aux reflets roux,

Ronronne doucement couché sur mes genoux

Et me fait oublier mon humeur récurrente… 

 

L’espace d’un poème, à vous je le confesse,  

Personne à qui livrer ma peine, mon émoi,  

Tendrement nostalgique, au plus profond de moi,

Solitude me prend dans ses mains de tristesse…

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 00:31

Semblable à l’orpailleur les pieds dans la rivière,

Je ne voyais que l’or et creusais mon tombeau,

Moi qui cherchais partout des miettes de lumière,

J’en oubliais le ciel se reflétant sur l’eau…

Grisé par les parfums qu’exaltent les chimères,

 Je devenais aveugle et je vivais la nuit,

Ainsi passaient les jours parmi les éphémères,

Sans même le savoir je marchais vers l’ennui…

Sur mon cœur, doucement, telle une pierre lourde,

La fatigue est tombée. Un voile sur les yeux,

Je rampais à genoux vers une porte sourde

Qui me barrait l’accès au monde merveilleux…

 

Sur la route, j’ai bu le vin des solitudes

Dont, j’avais, malgré moi, distillé la liqueur,

Titubant sous le poids des vieilles habitudes,

À chaque carrefour, sous un soleil moqueur,

J’ai semé sur mes pas des galets de poussières

Que le vent m’a volés sitôt le dos tourné

Et je me suis perdu dans d’obscures clairières

Où, jamais, je n’ai vu les yeux de l’être aimé…

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 03:30

J’ai l’âme suspendue aux voiles des frégates

Et je rêve à cette île aux contours incertains

Dont parlent les pêcheurs lors de ces nuits d’agapes

Où le cœur nostalgique enchante les putains

 Qui dans l’ombre du port, en des bouges minables,

Pour deux ou trois billets consolent les marins

De leur dernier naufrage et pertes effroyables

Les soirs de solitude embrumés des chagrins

Que fredonne la mer les nuits de lune rousse…

Rêves de boucaniers emportés par le sort,

Sur la crête des flots divague une voix douce,

Une sirène chante aux liserés du port…

Capitaine, il est temps d’écouter les étoiles,

D’apprivoiser les vents sauvages, sur le pont   

De chevaucher la vague à l’ombre des grands voiles…

Cap sur l’Orient, sur les quais, l’orphéon

Annonce le départ et l’horizon chavire

À l’autre bout du monde entre le ciel et l’eau.

Sur les pas du soleil, vogue mon beau navire

   Et découvre au matin un rivage nouveau,

Un pays parfumé de jasmin et d’épices

Où la soie et l’or fin scintillent sur la peau

Des femmes dont les yeux, taquins et complices,

D’une œillade de braise, invitent à l’amour  

Pars mon grand bateau, va sur les gerbes d’écume

Cueillir la fleur de sel jusqu’au lever du jour

Et laisse derrière toi les saisons d’infortune…    

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 03:22

Est-il un lieu secret, une porte, un couloir,

Une arche quelque part, un passage, un trou noir

Qui relie et le temps et l’espace, une échelle,

Tout simplement peut-être une clef universelle,

Un sésame, un lien unissant, à travers

Les âges, les esprits dans un même univers…

Mémoire d’une vie ancienne, souvenance

De regards entrevus naguère. Résonnance,

Il me semble, parfois, reconnaître des gens

    Que j'ai sans doute aimés, des êtres émergents

D’un quelconque passé ou d’un futur possible

Dont l'empreinte, à jamais, demeure indélibile...

 

Fragrance d'un vécu troublant, surnaturel

Qui dans l'immensité dérive intemporel,  

 Je ne sais pas le sens du phénomène étrange

Qui parfois me saisit, qui soudain me dérange,

M’interpelle, m'intimide et me laisse sans voix ;

Il me faut faire avec, je n’ai pas d’autre choix…  

Confuse impression de connaître l’histoire

Des êtres inconnus rodent dans ma mémoire,

Visages déjà vus dans un monde au-delà,

Rêve ou réalité des présences sont là,

J’en devine souvent et le geste et l’envie,

Par hasard, je les croise aux détours de la vie…

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 09:34

Le long des parapets, vers des terres en friches,

L’eau coule sous les ponts où dorment les péniches,

Écoute frissonner les herbes et les roseaux,

Virgules dans le ciel s’exilent des oiseaux…

Dans la clarté mourante, aux pieds des lampadaires,

Musardent les soupirs des ombres solitaires,

À l’automne, vois les feuilles s’envoler

Et l’arbre dénudé s’endormir désolé…

Comme un homme assoupi, la tête sur la table,

J’ai le cœur échoué sur un château de sable,

Arrive le ressac, prémices de l’hiver,

Balayé par le vent, le rivage est désert…  

Il pleut mon âme, il pleut et passent les nuages,

C’est la morte saison, entends les paysages,

À mi-voix, chuchoter les horizons anciens,

Ces rivages perdus dont ils sont les gardiens…

L’espérance jaunie au dos des portes closes,

Des bruissements de pas déambulent moroses,

Au creux de ma mémoire, il fait un temps de chien,

Lorsque tombe la nuit, le souvenir revient…

   

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 01:17

Comme feuille d’automne en ses plus beaux atours,

Dans le jour pâlissant sur les rives de l’âge,

Emportées par le temps au fil du paysage,

Froissements de draps blancs, se fanent mes amours…

La camarde et l’ennui complotent de concert,

Sur la rose des vents, dans un manteau de brume,

En cherchant le chemin qui conduit à la lune

Je me perds dans la nuit car mon lit est désert…

Seule une ombre coulisse inscrite en contre-jour,

Elle semble danser, bohémienne et légère,

Et doucement partir vers une terre étrangère,

  Je voudrais l’appeler mais mon souffle est trop court…

Enrubanné de givre au lieu de crépiter,

Mon cœur s’immobilise et contemple livide

L’étoile au firmament vacillant vers le vide ;

Il pleut mon âme, il pleut où vais-je m’abriter ?

La flamme s’époumone aux portes d’un caveau,

Le bois est trop mouillé des larmes de décembre,

Dépenaillé, je reste allongé dans la cendre,

Le glas sonne au clocher, arrive l’an nouveau…

La vie est un manège où passent les saisons,

Effeuillées, sur le sol, gisent des pâquerettes,

Dites-moi seulement, lointaines silhouettes,

Quels en sont le pourquoi, le comment, les raisons ?...    

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 13:59

N’enfermez pas l’amour dans un sombre bazar,

Dans l’ennuyeux fracas de la vie ordinaire,

Non, ne le laissez pas s’éteindre solitaire

Sous les cendres du temps simplement par hasard…

 

Écoutez-le chanter dans le creux de vos mains,

Acceptez l’arc-en-ciel, les couleurs de son âme,

Quel que soit son humeur, n’en faites pas un drame,

Prenez-le comme il est sans peur des lendemains…

 

Allez moudre le grain qu’il attend chaque jour

Sans lequel, doucement, il perdra la parole,

Ce n’est pas une offrande et ni même une obole,

Simplement une étoile au sommet d’une tour…

 

Au rythme de son cœur, d’un pas respectueux,

En humble serviteur, aux sources des tendresses,

Emmenez-le danser la valse des caresses,

Avec lui tournoyer sous un dais somptueux…   

 

Donnez-lui des étés de braises et des nuits

Sans sommeil, de l’eau fraîche…Allez boire à ses lèvres

La lumière limpide où s’abreuvent les rêves,

À ses pieds déposez des bouquets épanouis…

 

Dans ses bras lâchez prise, éveillez du désir

Et le corps et la flamme. Entendez comme il vibre !

Au bien-être des sens, montrez-lui qu’il est libre,

Avec lui partagez l’essence du plaisir !...

 

Préservez ce joyau des soucis, des tracas,

Du quotidien banal, de la fureur des armes,

De l’hiver et du froid, du sang et puis des larmes ;

Dites-lui, chaque jour, des mots doux, délicats… 

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