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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:26

Partis d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie

D’Afrique ou du Maghreb hommes désarçonnés,

Ils ont laissé contraints leur maison, leur patrie 

Et se sont embarqués sur des radeaux damnés…

 

Certains ont pris la mer poussés par la misère.

Exténués par la faim et la précarité,

Ils cherchent dans l’ailleurs une terre étrangère

Où tous seraient admis avec humanité.   

 

Même si ils sont partis simplement pour survivre,

Comment peut-on laisser tous ces déshérités

Périr sur nos trottoirs et refermer le livre

Sans avoir le remords de nos indignités ?...

 

D’autres fuient la terreur, la guerre, la torture…

Peuples désespérés, comme des portefaix,  

De frontière en frontière, ils tentent l’aventure 

Et quêtent dans l’exil le droit de vivre en paix…

 

De la folie humaine, ils ne sont pas coupables

Pourtant nous les jetons comme des chiens lépreux ;

Nous ne valons pas mieux que tous ces misérables

Tyrans quand nous fermons nos cœurs aux malheureux…  

 

Nous n’avons rien appris des leçons de l’histoire

Toujours les mêmes peurs, voyons la vérité :

Nous avons l’âme sèche et l’esprit sans mémoire,

Eux, ne rêvent, pourtant, que de fraternité !...  

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:23

Nous avons enduré les affres de la guerre.

Nous avons tout perdu, nos maisons de naguère.

Contraints, nous avons fui, le cœur plein de remords,

Notre patrie en ruine, abandonnant nos morts.

Bravant les éléments de la route incertaine

Nous rêvions à tord d’une oasis lointaine…

Méprisés, décriés par des écervelés,

À présent nous voici cernés de barbelés.

Vaincus par l’indifférence, âmes dans la détresse,

Terrible et maudit sort qui nous poursuit sans cesse,

La peur d’être expulsés, renvoyés vers l’enfer,

Il nous faut accepter ces grillages de fer 

Qui nous cloîtrent ici, pétris d’incertitude.

Sous nos tentes le soir, tristesse et solitude

Enténèbrent l’espoir de ces autres matins

Quand nous avons confiés, à la mer, nos destins.

Dans nos bras, nos enfants pleurent à bout de force.

Les plus fiers d’entre nous, front haut, bombent le torse 

Pour ne pas succomber au chagrin oppressant

Qui les prend à la gorge, à chaque pas naissant,

Quand ils vont quémander du pain pour leurs familles

Et implorent le ciel de les laisser tranquilles.

 Traités comme des chiens à peine débarqués,

Entassés, enfermés, comme des rats parqués,

Oubliés, délaissés dans des camps de fortune,

Fleurissent dans nos cœurs des graines d’amertume…  

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:21

Tous ces regards usés, tendus jusqu’à la corde

Vers l’horizon lointain implorent miséricorde

Mais nul dieu n’est présent, les petits et les grands

Ont bien d’autres loisirs que d’aimer les migrants…

 

Hommes, femmes, enfants, inconnus sans visage,

Ils viennent s’échouer, comme rats, au rivage.

Sur les laisses des mers, bois flottés, ballottés,

Survivants du naufrage, ils s’assoient, hébétés…

 

Dérive au fil de l’eau, des bateaux de fortune

Ont laissé dans leur cœur le sel de l’amertume,

Ils ont fui les fusils, la guerre, la terreur

Et puis ils ont trouvé le sable du malheur…

 

Coquillages brisés entassés aux frontières,

Seul le vent les écoute ânonner leurs prières.    

Ils ont beau supplier, personne ne les entend ; 

Quand périt l’étranger, nulle main ne se tend !...

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:19

Paysan sans fusil, enfermé dans ma cave,

Je vous en fais l’aveu, je ne suis pas un brave.

Lorsque j’ai vu la mort à ma porte toquer,

Terrassé par la peur, j’ai très vite abdiqué…

 

Le pantalon mouillé, les jambes flageolantes,

Cœur transi, dos courbé, l‘âme et les mains tremblantes,

Sans combattre vaincu, comme le font les laquais,

J’ai fait vœu d’allégeance à tous ces détraqués…

 

Gare à qui bouge un cil ou bien n’est pas servile.

Brisant toute espérance, ils ont soumis la ville,

Menacés ma famille, accaparés mon bien,

Régnant par la terreur, leur Dieu n’est pas le mien !...

 

Je les ai vus tuer les yeux brûlants de haine

Alors, comme j’ai pu, j’ai fui cette géhenne

Et me suis embarqué sur une coque de noix ;

Pour espérer survivre avais-je d’autres choix ?...

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:18

J’ai vu l’ombre planer au-dessus de mon crâne,

Son souffle me frôler, j’ai vu des assassins,

Au nom d’un dieu, tuer mes amis, mes voisins

Alors j’ai pris la route avant qu’on me trépane…

 

J’ai laissé ma maison reçue en héritage,

Mon pays, ma patrie, un morceau de mon cœur.

J’ai laissé mon travail, mon passé, mon honneur,

Du livre, j’ai tourné, tête basse, la page

 

Chaotique, incertain, La vie est un long fleuve.

Oublie à tout jamais la vigne et l’olivier

Et ce chat qui sommeille au bas de l’escalier.

Coquille de noix flotte et vogue vers l’aube neuve

 

Ils fuient la peur, la mort en regardant cet astre

Qui luit au firmament. L’étoile du Berger

Pour guide, de la mer, ils bravent le danger.

Ont-ils vraiment le choix ? Derrière eux le désastre…  

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:16

Comme l’oiseau blessé claudique sur une aile

Et s’échine à roder sous la voûte éternelle,

Au lieu de s’envoler, Ils marchent en boitant

Sur ces chemins pétrés qui bordent le néant…

 

Ceux que la mer emporte en son sein d’écume

Déportent avec eux la peur et l’amertume,

Ils ont le cœur qui tremble à chaque bruit de pas

Et portent dans leurs yeux l’annonce du trépas… 

 

Ils ont défié la mer pour passer la frontière,

Longuement dérivé, vogué vers la lumière

Ils ont franchi la mer pour conjurer le sort

Au bout de l’espérance, ils ont trouvé la mort…  

 

 Ceux que la vague enchaîne et rejette au rivage 

Sont des enfants perdus sans forme ni visage,

Cloîtrés dans nos maisons nous oublions leur nom

Et les laissons périr sans demander pardon…

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:11

Partis d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie

D’Afrique ou du Maghreb hommes désarçonnés,

Ils ont laissé contraints leur maison, leur patrie 

Et se sont embarqués sur des radeaux damnés…

 

Certains ont pris la mer poussés par la misère.

Exténués par la faim et la précarité,

Ils cherchent dans l’ailleurs une terre étrangère

Où tous seraient admis avec humanité.   

 

Même si ils sont partis simplement pour survivre,

Comment peut-on laisser tous ces déshérités

Périr sur nos trottoirs et refermer le livre

Sans avoir le remords de nos indignités ?...

 

D’autres fuient la terreur, la guerre, la torture…

Peuples désespérés, comme des portefaix,  

De frontière en frontière, ils tentent l’aventure 

Et quêtent dans l’exil le droit de vivre en paix…

 

De la folie humaine, ils ne sont pas coupables

Pourtant nous les jetons comme des chiens lépreux ;

Nous ne valons pas mieux que tous ces misérables

Tyrans quand nous fermons nos cœurs aux malheureux…  

 

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