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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 13:16

                                

Adossée à la nuit lueur contemporaine,

Grisâtre, un candélabre oscille à l’horizon

L’aube semble entoilée à l’ombre souveraine,

Elle annonce à mes sens la prochaine saison…

 

Cavalcade funèbre indécise en silence

Une rose s’effeuille et laisse sur ses pas

L’indicible parfum suscitant l’indolence

Où mon cœur musardait de la vie au trépas…

 

J’esquisse sur la vitre embuée un visage

Et la lèvre encollée à ce rêve éternel

J’embrasse la splendeur trouble du paysage

Dont j’épouse éveillé le fantasme charnel…

   

Une larme de joie embrase ma paupière,

Ruisselle sur ma joue un ruisseau cristallin,

Une femme apparaît presque nue en guêpière,

Dans ma tête résonne un rire sibyllin…

 

Sous le ciel embrumé, voile de satin tendre,

D’étranges papillons d’une chaste blancheur

Voltigent langoureux avant d’aller s’étendre

Sur un lange glacé sans grâce ni chaleur…

 

Hivernale, une étreinte ankylose mon âme,

Lorsque l’ennui s’installe au sein de l’univers

Et quand le souvenir décolore sa flamme

Reste la volupté d’en composer des vers…

 

Calme langueur neigeuse il pleut des éphémères

Etoiles de coton douces comme un baiser

Prude et mouillé semblable aux nostalgies amères

Dont l’empreinte à jamais demeure à préciser…


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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 22:56

 

 

La profondeur mystique immanente à l’esprit

Transcende la nature inerte et monotone

De l’univers apparent sous lequel seul résonne

L’existant révélé qu’entrevoit le conscrit…

 

Passeur d’émotion, un rêve clandestin

Erafle de ses doigts la surface des choses,

Etonné l’œil s’éveille aux splendeurs du matin

  Et la clarté jaillit sous les persiennes closes…

 

Un rayon de soleil dépose son épi

Sur la rose endormie, un chat sous la tonnelle

S’étire flegmatique et demeure accroupi

Dans l’attente semblable à une sentinelle…

 

Créature indigène au milieu du jardin,

Immobile aux aguets que peut-il donc attendre ?

Porte t’il en son cœur la lampe d’Aladin

Qui lui montre l’objet auquel il peut prétendre ?

 

Le temps passe et pourtant il semble suspendu

Aux gestes du félin, l’étroite estafilade

De son calme regard hermétique et fendu,

Sans même en avoir l’air, se tient en embuscade…

 

Animal vénéré prés du Nil souriant,

Possédant la prescience attachée au mystère,

Je l’imagine sphinx sous le ciel d’orient

De l’empire d’Isis l’énigmatique cerbère…

 

 

 

 

 

 

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 23:22

Intemporel écho dans ma tête résonne

Maintes confuses voix qui dessinent en chœur

L’insaisissable image immanente à mon cœur ;

 Elle m’obscède toujours mais mon verbe est aphone…

 

Il ne fait qu’effleurer le sentiment intime

Pressenti sous le voile au-delà du concret,

Je puise au fond de moi le langage secret,

Cette clef entrouvrant la porte de l’abîme…

 

Je cherche le mot juste évoquant l’évidence

Celui qui peut transcrire une once d’infini

Que mon imaginaire enfante rajeuni

Et dont l’âme nourrit l’impalpable substance…     

 

Cristalline clarté, lumière salutaire,

De l’aube à peine éclose émerge sous les mots

Le souffle créateur qui, d’un vague propos,

Transforme l’ineffable en sujet littéraire…

 

Etrange vision suspendue à mes lèvres,

Se dévoile sans fard le visage caché

De l’univers tremblant dont l’existant niché

Sous l’inerte apparence alimente mes rêves…

 

 

 

 

 

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 14:43

 

 

Imagine le ciel encré d’opacité,

Un ciel profondément noir, vide sans clarté,

Un abysse muet au dessus de ta tête

Du néant absolu que dira le poète ?

 

Les yeux contemplatifs, face à l’immensité,

Je ne chanterai pas l’azur bleu d’été,

Le soleil disparu, toutes les joies anciennes,

Je n’aurai pas regret des odes musiciennes…

 

Je bénirai ravi cet univers nouveau

Du monde immaculé le vierge et noir tableau

Qui n’attend qu’une voix pour prendre consistance,

D’un verbe nommerai l’ineffable substance…

 

En pétrissant son corps, d’un souffle créateur, 

J’éveillerai la sombre argile de son cœur,

J’inventerai des mots pour lui donner une âme,

D’un poème inédit, je nourrirai sa flamme

 

Puis, j’irai vagabond ressusciter mon art

En d’autres lieux dormants suspendus quel que part

Sur le fil nébuleux de mon itinéraire

Dont le futur chemin résonne imaginaire…

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 14:23

Sortilège immanent, la vision me submerge

Et m’emporte au-delà de l’univers conscient,

J’ai la sensation, dans un songe efficient,

De flotter vers un lieu sans assise ni berge

 

Où toute chose reste occulte métaphore,

Dont je dois dessiner l’imaginaire contour

Chuchoté par la voix dans l’ombre à contre-jour

De l’existant palpable aux lignes de phosphore.

 

L’image est là présente inscrite en demi-teinte,

Elle s’impose à moi, m’obsède, me nourrit,

Je dois lui donner corps, fébrile mon esprit

Se dédouble, et divague amoureux d’une empreinte…

 

Résonnance d’un monde invisible, le rêve

Superpose au réel la trouble identité

Du paysage qui, dans l’intimité,

Me dévoile son cœur échoué sur la grève…

 

L’apparence s’estompe, apparaît l’impalpable

Nature mise à nue et le souffle caché

De la vie existante illustrant le cliché,

Simple évocation de la chose immuable

 

Qu’aperçoit l’œil profane insensible au rivage

Dont mon âme transcrit le murmure essentiel,

Dépouillant les mots de leur sens matériel,      

J’écoute résonner l’allogène langage…

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 10:47

 

 

Je suis comme posé sur l’aile d’un oiseau,

Je caresse les vents léger comme un roseau,

  Aucun verbe ne peut me donner consistance,

Seul, le sentiment d’être énonce ma substance…

 

Rien de concret n’existe, aucun verbe, aucun son,

Aucun concept ne sait définir l’horizon,

Je ne suis qu’un écho, résonance d’une onde,

Voguant sur l’infini, l’insondable m’inonde…

 

Chevauchant le ressac, porté par l’océan,

Sur l’eau, je vais et viens sublimant le néant,

Sans contrainte en ces lieux j’ignore les menaces ;

Tout reste indéfini sans adjectifs ni races…

 

Sans limite, la vie enlumine mon sang,

Le temps n’existe pas, je ne suis que présent,

Les dieux ne sont pas nés, tout ici s’épand libre,

Hybride, mon esprit en toute chose vibre…

 

Universelle, ici ma respiration

Epouse le cosmos, d’une inspiration,

Dérivant sur les flots, de l’arbre imaginaire

J’éprouve la beauté d’un monde solidaire…

 

En cela…, dans cela…, je suis la mer, le ciel,

La rosée au matin, la terre, le soleil,

De toutes les couleurs, à la fois rose et pierre…,

Je deviens l’océan, le fruit de sa lumière…

 

Rien ne dit qui je suis, sans visage ni nom,

Je me fonds dans le corps de l’immense poumon,

Les mots ne sont pas là pour séparer les choses,

Tout se mêle embrasé par l’effet et ses causes…

 

J’aspire au nouveau monde et je meurs à l’ancien,

Sans passé ni futur l’existant m’appartient,

En cet endroit phénix, je renais de l’espace,

Sans empreinte ni trace, immuable je passe...

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 23:52

Fugace lune d’eau sur le fleuve s'élance

L'éphémère reflet d’un elfe effarouché,

Sur la surface glisse une ombre étrange et dense,

D’un souffle le zéphyr balafre la psyché…

 

Hélice de chiffon un nuage effleure

 L’humide feuillaison du rivage affermi,

Brindille effilée une couleuvre affleure

Et fendille le fil du reflux endormi… 

 

Dans le ciel fluctuant, maints effluves de rêves

Effeuillent l’orchidée assise au firmament,

Un pétale de rose ensemence ses lèvres ;

Fragile un baiser s'y posent furtivement…

 

Ineffable dans l’air flotte un parfum, la lune,

Féline et féminine, enflamme cet oiseau

Qui, dans mon cœur, frisonne assis sur la lagune

Eraflé par le lent tangage d’un roseau…  

 

Je feuillète confus la blancheur filandreuse   

La paupière fermée, envoûté, mystifié,

Charmé par l’effluence infime et fastueuse

Qui, féérique, au ciel offre un front déifié

 

Enflammé par le songe inscrit en demi-teinte,

Fantasque mon esprit furète fasciné

L’émouvante effigie et façonne l’empreinte

Fervente d’une femme au corps désincarné…

 

Fulgurance profane ainsi l’âme musarde

Et d’une fumerolle imagine l’amour,

Fabuleux farfadet niché dans la mansarde

De l’homme solitaire errant à contre-jour…

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 23:43

Je regarde la rue au visage mouillé,

Le pavé brille, il pleut depuis l’aube sans trêve,

D’une calme langueur, le temps coule émaillé

    Par le souffle de l’eau ruisselant sur la grève.

 

Sur la place un feuillu danse au rythme du vent

C’est un jeune platane hirsute semblant ivre

Il gesticule seul, se penche vers l’auvent

Qui reste pondéré pareil à un vieux livre…

 

Parfois le vieux tressaille et hausse le sourcil

Qu’a-t’il donc pu lui dire, injure ou rigolade ?

Plus loin une ombre, sans même lever un cil,

Se presse et disparaît au coin d’une enfilade…

 

Sous l’abri d’un muret sautillent des oisons,  

Je lève mon regard, grisâtre chevelure,

Le ciel semble coiffer la tête des maisons

Et couvrir le clocher d’une fine voilure…

                                                                 

Voici donc l’artimon, marin sonne l’appel,

Le grand large m’attend, compagnons de voyage

Ramez, souquez, priez le sublime archipel :

De mes rêves, commence ici le convoyage…

 

 

 

 

 

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 15:45

 

 

Au-delà du visible, en demi-teinte, émane

Ce que l’être imagine inscrit dans l’imminent,

Le ciel a les couleurs du verbe qu’il déclame

Et se métamorphose au gré du sentiment…

 

Vision de l’esprit qui lui donne sa forme,

Paysage sensible, instable et familier,

L’existant se dévoile, affranchi du conforme,

Il dépose en tout lieu son regard singulier…

 

Intime l’esthétisme augure l’ineffable

Vitalité que seul le souffle créateur

Aiguillonne en secret nourrissant de la fable

L’intemporelle essence intrinsèque à l’auteur…

 

Comme assis dans la marge, allochtone aux visages

Du monde matériel embrumant les saisons,

Emu, mon cœur palpite au rythme des présages

Qu’il décrypte entre deux fugaces lunaisons… 

 

J’ai la fièvre de ceux dont l’âme poétique, 

Atteinte de vertige, enfante la clarté

De l’univers caché qui frissonne hermétique

Au sein de toute chose en quête de beauté…

 

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:14

 

 

Subtil comme la soie, un vélum de giselle

Caresse le calice immaculé des fleurs,

La rose cabotine, exquise demoiselle,

A l’aube se maquille et retrouve couleurs,

                                                                     

Des gemmes de cristal, marquetés d’ecchymoses,

Glissent évanescents entre la feuillaison

Et le jour et la nuit s’effleurent en osmoses ;

Diaphane l’aurore épouse l’horizon…

 

Sur chaque herbe se pose un elfe de lumière

Et la mousse scintille aux pieds des frondaisons,

Tendre baiser mouillé, vestale dentelière,

La rosée eau de vie aux claires salaisons

 

Essaime ses joyaux liquides sur la terre

Puis, comme un papillon immergeant tout le ciel,

Délicate s’envole, indicible éphémère,

Se fondre dans les bras lumineux du soleil…

  

La nature à l’automne, étole chromatique,

Se coiffe de grenats, de cuivre végétal,

Cotonnade moirée au parfum acétique ;

Chaque feuille au matin luit comme du métal…

 

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