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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 13:48

Echo de coquillage une voix m’interpelle,

Sur le sable la mer s’entortille en dentelle,

Le drap plissé de l’eau frisonne dans le noir,

Un pâle candélabre éveille son miroir,

Au firmament la lune alimente le rêve,

Souffle venu du large enfin le vent se lève…

La lagune chantonne au rythme des roseaux,

De la rive s’envole une escadre d’oiseaux…

A l’horizon lointain sur la vague d’agate,  

Vers le soleil levant navigue une frégate,

Suave mélopée, éclat confidentiel,

Résonance en tous lieux inscrite dans le ciel,

A l’oreille une brise, à la fois douce et tendre,

Me chuchote les mots que je souhaite entendre,

Sur l’encre de la nuit, d’une esquisse, d’un trait, 

Aux limites du songe un visage apparaît…

Chevelure d’ébène et regard d’améthyste,

Je me dois de l’aimer car je sais qu’il existe,

L’impérissable lien nourrit le sentiment,

Par vague le désir tisse son filament,

Sa lèvre à fleur de peau délivre son empreinte

Et mon cœur vacille emporté par l’étreinte,

Des embruns épicés de sel et poivres fins

Dérivent sur le quai comme autant de parfums

Capitaine, il est temps de hisser la grand voile,

Sans compas ni  boussole, il faut suivre l’étoile

Et trouver le chemin qui mène à l’oasis,

Une femme m’attend au royaume d’Isis...

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 12:20

Singulier sentiment de flotter sur la houle,

Des bruits, des mots, des pas me frôlent étrangers,

Les néons sont blafards, j’en perçois les dangers,

Je marche dans la marge au pourtour de la foule…  

 

Des hommes, des enfants, des femmes, des visages

Passent autour de moi m’effleurent du regard,

Nul ne semble me voir, en demi-teinte, hagard,

Je traverse exilé de troubles paysages…

 

Le ciel bleu, le soleil et les fleurs et le rire,

Les oiseaux, les jardins m’apparaissent lointains,

Comme miroir sans tain me méprisent hautains,

A l’écart de la route un mendigot soupire…

 

Impalpable une voix dans ma tête résonne,

Que puis-je demander à ces gens aux yeux clos ?

Le monde tourne en rond en de maigres enclos,

Un vieux chien me répond : « au clocher minuit sonne… »  

 

Emporté par le temps, son flot de solitude,

J’ai sillonné la ville et le jour est tombé,

De vieux journaux fripés jonchent le sol bombé,

Une feuille s’envole et prend de l’altitude…

 

Au pied d’un crucifix le voile se déchire,

Il suffit d’une main, d’un horizon nacré,

D’une perle de sang sur un corps consacré,

D’une larme d’amour et mon âme chavire…

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 23:08

Rossignol fait son nid et chante son aubade,

Ritournelle, la joie en tout cœur se ballade,

Maints parfums épicés volettent dans les près,

Papillons de lumière et lutins délurés

Dansent la sarabande en ondulant des hanches ;

Il pleut de l’or liquide aux croisements des branches…

Au loin des cris joyeux troublent le paysage,

Une meute d’enfants dans la fraicheur de l’âge

Dans tous les sens s’ébroue et s’amuse d’un rien…

Sur les os de l’hiver, insouciant vaurien

Vêtu d’un treillis vert au faîte du feuillage

Lutine le printemps qui, tel l’amant volage,

De jardins en bosquets, ensemence les lits

Et laisse sur sas pas l’objet de ses délits    

Comme feuillée au vent, pétales d’asphodèles,

Se pose sur les toits un essaim d’hirondelles,

D’un clin d’œil, le soleil attise les tisons

De l’amour renaissant au creux des frondaisons...

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 23:37

Ensemençant la terre à la verte saison,

Vagabond entiché d’une vierge princesse,

Ménestrel, le printemps charme la feuillaison

Et donne au verbe aimer une aune de tendresse…

 

Sous le souffle du vent, comme maints violons,

Les herbes et les fleurs semblent battre des ailes,

Des graines feu-follets, telles des papillons,

Lutinent dans les près, musiciennes et belles…

 

Chevelure fétus de paille, dans mes yeux

Bleu pers une sirène ondule avec adresse

Et m’invite à danser sous le drap blanc des cieux

Où se forge l’anneau des amants sans détresse…

 

A fleur de peau, caresse, épanchement charnel,

L’éternité s’entrouvre et dérive sur l’onde,   

Pensée au fil de l’eau, j’ai le cœur caramel,

Le baiser d’une femme enlumine le monde… 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 22:08

Je flotte, je dérive à l’axe du rivage,

Etrange sentiment d’être comme habité,

Dans ma tête une voix m’indique le passage,

Une autre m’interpelle et me trouve dément…

 

Schizophrène, je cherche à tâtons dans le vide

Une main chaleureuse, un ancrage, un rocher,

Rien qu’un coin de ciel bleu qui ne soit pas livide,

Un fil même ténu sur lequel m’accrocher…

 

Genèse de l’aurore une vieille roulotte

Serpente avec lenteur sur des chemins pétrés,

Dans le matin naissant une femme chuchote

A l’oreille des fleurs des mots doux et feutrés…

 

Un souffle évanescent glisse dans les feuillages,

Un baiser sur ma lèvre est venu se poser,

A l’heure où l’horizon bleui les paysages,

Dans ses bras je m’endors le cœur apprivoisé…

 

Aux pourtours du rêve, à pas lents, je chemine

Et perçois l’infini des nombres…Suspendu

 Aux ailes d’une étoile, homme nu j’imagine

Du monde et l’au-delà le visage perdu…

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 13:01

Sur le sable échoué dans la nuit somnambule,

J’écoute chuchoter le clapotis de l’eau,

Comme un écho lointain une voix affabule,

Nomade sous le vent, j’imagine un bateau…  

 

Chevelure d’ébène, à sa proue une femme

M’interpelle du doigt, je regarde le ciel,

Une étoile frisonne et doucement proclame

Que mon cœur appartient à son rêve essentiel…

 

L’espace se dilate, étrange anamorphose

Partout où je me trouve et se posent mes yeux,

Déambule gracile, imprégnant chaque chose,

Une empreinte, un parfum, un minois merveilleux…

 

Son reflet sur la pierre éveille le rivage,

Une fugue de Bach résonne au féminin,

Je la vois libellule, amante d’un nuage,

Musicienne elle flotte à l’axe du chemin…

 

Sans cesse sur ses pas je rode sans escale

Echo de coquillage impossible à nommer

Qu’on l’appelle Vénus, Orchidée ou Pascale

Que m’importe son nom je ne sais que l’aimer…  

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 10:27

Ouï-dire autours de moi, réminiscence ancienne,

Arrivent les clameurs du monde en file indienne,

Des êtres différents passent j’en ressens l’émoi

Et je sais sans les voir ce qu’ils pensent de moi…

 

 Une voix me chuchote en secret la sentence

L’un me traite de fou, l’autre reste à distance,

Il me pointe du doigt, me regarde interdit  

Et marmonne un juron. Pourquoi m’a-t-il maudit ?

 

Qu’importe le verdict, plutôt que condamner

Le ciel depuis longtemps m’enseigne à pardonner,

D’un battement de cils une étoile la nuit

M’apprend des mots d’amour et comble mon ennui…

 

 Je regarde l’espace à travers ma lorgnette,

L’infini m’interpelle et l’effroi me rejette,

J’entrevois le passage où le songe oublié

Donne une âme et un corps à l’esprit éveillé…

 

Je flotte entre deux eaux transporté par la vague,

Sur un fil distendu, j’oscille, je divague,

Funambule, je danse avec les papillons

Que la lumière enfante au gré de ses sillons…

 

Ne laissant sur mes pas qu’un murmure dans l’ombre,

Je suis l’homme improbable issu du plus grand nombre,

J’ai franchi la limite et perdu la raison ;

Seul le rêve me dit la ligne d’horizon…

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 01:27

J’ai suspendu le monde au vouloir de mon être,

Rien ne peut exister si je ne dis peut-être,

L’essence poétique, humaine abstraction

Est calligraphiée en simple impression…

   

 Tout est originel dans la métamorphose

Car tout est là transcrit au cœur de chaque chose

Libre de tout symbole et ancien préjugé

Acquis, seul l’inné donne effigie au projet…         

 

  Dans l’attente d’un mot l’horizon me regarde

Et titube indécis vers la nuit par mégarde,

Enténébrant ses yeux dans un miroir sans tain ;

J’en estompe la lèvre effilée au lointain…

 

J’ai peint le ciel d’un noir si profond que le vide

Lui-même disparaît, nulle clarté livide

Ne vient dilapider l’ample conception

Assujettie au pouvoir de l’inspiration…

 

Puisque ma vision commande l’apparence,

Je bâtis mon poème absous d’interférence,   

Ce n’est pas le ciel qui me dit ce qu’il est : mais

Moi qui le ressuscite autrement désormais…

 

J’en façonne le corps d’un ruisseau d’encre agile,

Cent fois, sur le métier, j’en malaxe l’argile

Puis de le baptiser, bravant l’éternité,

J’en féconde l’œuf d’un verbe inusité…

  

Il me reste à donner une forme, un visage,

Une nature inédite à l’obscur paysage,

De ce que j’imagine esquisser les contours

Et, fil à fil, l’orner de mes plus beaux atours…

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 02:46

Mes yeux sont des miroirs où le ciel se dépose

Et cherche les couleurs que mon âme compose,

Il est là suspendu sage comme un marmot

Indécis, nébuleux, dans l’attente du mot,

Qui, du jour, lui dira la soyeuse parure   

Dont il doit se vêtir pour combler ma nature

Et répondre à l’humeur dont j’esquisse l’aveu.

D’un soupir éthéré, filiforme cheveu,

Au bout de mon regard, expression première

Immanente à l’éveil, d’un besoin de lumière,

Diadème doré, féal à l’oraison

De mon cœur renaissant, je trace l’horizon

Et délimite ainsi l’extrémité du monde

Sur le cercle duquel je pose, bleue et ronde,

Une nappe de soie aux reflets cristallins

Que tout autre que moi trouverait sibyllins.

A l’unisson du vent que j’imagine libre,

Oracle de mes sens dans l’espace je vibre,

Informelle substance au verbe fondateur,

Pour désigner d’un nom l’image et son auteur,

Il me reste à trouver dans ma blanche mémoire

L’argile sans passé, vierge sans ombre noire

Où je façonnerais l’être dont j’ai rêvé

Lorsque j’agonisais le corps inachevé…

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 00:29

Sur le fil d’un baiser, monte des profondeurs      

La vague, l’océan qui sur la route emporte

Tout, lève l’interdit, les miettes de pudeurs

Résidus d’un passé dont je ferme la porte…

 

Volupté des sens, empreinte du désir,

A fleur de peau, frissons, pétales de caresses

Parfumés des senteurs immanente au plaisir

Dont le cœur s’éblouit empourpré de tendresses…

 

Vertige du toucher, du geste retenu,

Effleure de la main, intime confidence

Des amants dont le souffle haletant, suspendu,

Attise le brasier sensuel du silence…

 

Libre conscience d’être épris du sentiment,

J’alimente le rêve oubliant l’impossible

Et roule vers l’abîme au lieu du firmament,

De l’amour je ressens la blessure sensible…

 

Une rose au matin, d’un soupir exhalé,

Me chuchote à l’oreille, ineffable je t’aime,

De sa lèvre à ma lèvre, effluve acidulé,

La douceur de son corps, les mots clef d’un poème…

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