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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 01:31

Tu peux dire, parler, discourir, réciter

L’évangile, éluder, te moquer, t’inventer,

Te conter une histoire, invoquer un adage,

Fuir la réalité, vouloir tourner la page,

Te cacher sous un masque, évoquer le passé,

T’affranchir du présent, réfuter, repousser

L’évidence, ériger l’orgueil en forteresse,

Démentir, disserter sur l’amour, la tendresse,

Te leurrer sur toi-même et soigner, cajoler

Ton image, t’éblouir, paraître, simuler,

Câliner les miroirs, choyer ton apparence

Et chercher une excuse à ton indifférence.

En toute liberté, seule dans l’isoloir,

Tu peux bien présumer, plaider, croire et vouloir,      

Te trouver des raisons, mauvaises ou bien bonnes,

Tu sais : « en vérité, tu es ce que tu donnes !… »

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:30

Mes doigts ont les couleurs de tes nuits sans sommeil

Chacun d’eux, d’un sillon délicat et sensible,

Esquisse les contours d’un lendemain possible,

Vole mon bel ibis dans l’espace vermeil…  

Toi-même et différent, comme naît l’oisillon

Lorsqu’il quitte le nid, délivré des épreuves,

Plus haut, plus fort, plus loin étends tes ailes neuves,

Trouve racine et corps sous mon trait de crayon…

Laisse-moi tamiser les ombres de ton front,

Inventer des pigments, composer la matière,

Par touches, façonner au couteau la lumière,

D’une effleure au pinceau t’entrouvrir l’horizon…

Bleus, je dessinerai l’arc-en-ciel de tes yeux,

Quand là-bas, tu verras scintiller une étoile,

Étendu sur ma toile, homme neuf et sans voile,

Aux anciennes douleurs tu feras tes adieux…

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 00:18

Je rêve d’infini, de fresques éternelles,

Tandis que je m’étends dans un profond sommeil,

Prophétise, argentin, le bleu d’un autre ciel,   

D’une esquisse au crayon dessine-moi des ailes…

Montre-moi, mon amour, la source intarissable

Où ton âme se perd. Si tu le veux demain,

Je resterai niché dans le creux de ta main,

Sous tes doigts naîtra l’espace insaisissable…

De l’ombre entre nos corps abroge la frontière,

D’argile et de pigments, façonnés aux couteaux,

Transmute la substance en mille et un tableaux

Imagine la lumière au cœur de la matière…

Je voudrais me suspendre aux couleurs de tes toiles,

Me fondre dans l’ailleurs qu’enfantent tes pinceaux,

Et m’envoler plus haut, plus haut que les oiseaux,

Dans l’immensité libre où migrent les étoiles…

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 21:34

Imperturbable sphinx, sublimant le silence,

Il me tourne le dos couché sur mon bureau,

Mais je sais qu’il surveille, orgueilleux et maraud,

De moi, le moindre geste, en feignant l’indolence…

Il suffit que je bouge aussitôt, il s’alarme,

Il s’étire, il s’allonge et bondit lestement

G riffes rentrées, sur moi puis, s’installe amplement,

Pianote et ronronne, et me laisse sans arme…

Blotti sur mes genoux, les paupières mi-closes,

Librement, il me dit, à sa façon, l’amour,

La sérénité d’être, à chaque instant du jour,

En harmonie avec l’immensité des choses…

 

Étendu délicat en de multiples poses,

Il me tient sous son charme impassible et câlin,

Mais au plus petit bruit, l’adorable félin

Se révèle soudain roi des métamorphoses… 

Des éclats de métal disent son caractère,

Imposent le respect, réclament des égards,

D’une sombre clarté, quels que soient ses regards,

L’agate de ses yeux donne une âme au mystère…

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 23:57

Lors que passe la nuit au creux des solitudes,

Feulements entichés de calmes habitudes,

Avenant et félin, noble comme un baron, 

Niché sur mes genoux, un chat fait le dos rond…

 

Quémandant ma caresse avec délicatesse,

D’une exquise douceur, il m’offre sa tendresse,

Dans ses yeux d’iris vert, une paillette d’or

Brille et veille sur moi, même, lorsqu’il s’endort…

 

Je sais qu’à sa façon il pourchasse les ombres

Qui m’entraînent toujours vers ces alcôves sombres

Où le chagrin et l’ennui manigancent en chœur,

Sensible à mon humeur, seul ronronne son cœur…

 

Et quel que soit l’instant, la nature de l’heure,

Âme consolatrice en ma vaste demeure,

Il me charme et m’apaise en toute liberté ; 

Tout chez lui n’est que grâce, amour et volupté…  

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 00:35

Lorsque lasse la nuit redresse ses vertèbres,

Qu’elle s’étire comme un chat vers l’Occident

Et qu’elle fait son lit le jour pour confident,

De ses poches, soudain s’éloignent les ténèbres,

Un sillon de cobalt maquille ses paupières

Puis, quand elle secoue, avec soin, son mouchoir,

Jaillissent des oiseaux de sa robe en pochoir,

De son royaume un œil embrase les frontières,

Dans le ciel des maillons font des colliers d’agates,

Aux confins de ses doigts brillent des anneaux d’or,

Tandis que doucement, sans bruit, son cœur s’endort,

 Il pleut des papillons et du soleil en grappes

Coule dans les vallons. Des gerbes de glycines

Et des ruisseaux d’iris jaillissent des coteaux,

Sublime, la nature entrouvre ses manteaux ;

Dans les prairies, plus loin, s’égaient des capucines…

D’un battement de cils, la terre, au fil du paysage,

S’éveille et se transforme en immense jardin,

Sur son corps déambule un joyeux baladin

Qui, dès l’aube naissante, effeuille son corsage…

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:35

 

Dans ce pays mouillé, de grands ormes chenus

Capturent les oiseaux aux bords des marécages,

Sur des tapis volants, des elfes viennent nus,

Entre deux lunaisons, roder près de leurs cages…

Certains passent leurs mains entre les croisillons,

Bruissements de satin aux liserés des plumes,

D’autres rampent sur l’eau, comme des bataillons,

Et couvrent les roseaux de leurs manteaux de brumes…

De tulle et de coton, des voiles vaporeux   

Caressent les contours des rives imprécises

Où des saules-pleureurs s’épanchent langoureux

En regardant couler les heures indécises

Qui, le long des rameaux, suintent dans les marais

Sans jamais en percer l’ombrage et les mystères…

En cet endroit sauvage, où s’estompent les rais,

L’humide et la fraîcheur ensemencent les terres…

Quand la brise gazouille à travers les rameaux,

L’on entend s’élever un chant tendre et fugace,

Oscillant de la tête aux pourtours des canaux,

Sur les berges, les joncs jouent de la contrebasse,

Les herbes, en chorus, sortent leurs violons

Et des feuilles de cuivre esquissent une danse…

Valses ou longs tangos, il pleut des papillons

Qui tourbillonnent puis se posent en cadence

Aux pieds des nénuphars dont les cœurs paresseux

Tanguent au rythme lent des saisons languissantes…

Mon âme lasse glisse en des chemins suiffeux

Et se disperse au fil des aubes frémissantes,

Froissements de draps blancs dans le jour pâlissant,

En chemise de soie, une belle ingénue

A laissé derrière elle un parfum renversant ;

Le palud a les yeux d’une femme inconnue…

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 02:11

Pleine lune rousse, ce soir,

Chemise blanche et jabot noir,

Je vais danser dans les clairières

Ombragées au bal des sorcières…

Dans un brassier incandescent,

Je brûle mon cœur sénescent…

Sur mon front une diablesse

Pose ses mains avec souplesse

Puis, en récitant d’étranges mots,

Elle prépare dans des pots

Rouges sang de terre argileuse

Une mixture enjôleuse,

Mélange d’herbes et de fleurs

D’où s’échappent ensorceleurs,

Parfums de plantes insolites,

Des effluves hétéroclites…

J’ai l’impression de sombrer

Et j’entends des voix palabrer,

Longs murmures incantatoires,

Elles racontent des histoires ;

Toutes parlent d’un corridor,

D’une table et du nombre d’or…

Dans mon rêve, un nouveau visage

Apparait, l’on me tend un breuvage,

Assis dans l’ombre en contre-jour

Je sirote un philtre d’amour…

Homme rajeuni par la flamme,

À l’incube je vends mon âme...

Immergé, couché dans un lit,

Je cueille le fruit interdit

D’un baiser troublant qui m’aimante

Aux lèvres d’une femme amante…

Dressées les pointes de ses seins

Frissonnent sous mes doigts, ses reins

Se cambrent. Comme sous l’emprise

De son désir, je lâche prise…

Les étoiles au firmament

Vacillent. Divin sentiment

De renaître, emporté par l’onde

Chaotique, au centre du monde…

Plaisir et sensualité

M’enfantent dans la volupté ;

Le corps et l’esprit en osmose,

J’en bénis la métamorphose…

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 00:27

À pas feutrés, sans bruit, des lanternes griffonnent

La ligne d’horizon. Mamelons verdoyants,     

Les courbes des coteaux, nonchalantes, chiffonnent

Puis estompent la nuit. Des brassiers flamboyants

Enluminent mes yeux. Dame lune, coquette

Demoiselle, se voile et rejoint son manoir,

Elle semble glisser, gracile silhouette,

Sur le jaspe améthyste enfanté par le noir.

La nature s’éveille et le monde bascule,

La rosée étincelle aux calices des fleurs

Le souffle guilleret de Zéphyr déambule

Entre les frondaisons et en sèche les pleurs.

La robe de la mer se plisse et se dentelle.

Virgules dans le ciel, une escadre d’oiseaux

File vers l’orient ; comme la vie est belle !    

Dominant la lagune, assis entre deux eaux,

 Je respire au matin la fraîcheur des jacinthes

Et l’or en fusion du soleil renaissant

Qui lambine joyeux parmi les térébinthes

Les pins et les figuiers sous un ciel bleuissant…  

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:55

Tandis que je marchais le long d’une rivière

Et sur l’eau regardais sautiller la lumière

Qui semblait sur la rive effleurer les roseaux,

Dans un nid de verdure où chantaient des oiseaux,

   À l’écart des rochers, parmi les herbes folles,

Des papillons bleutés en maintes farandoles

Egayaient le chemin qui s’ouvrait sous mes pas.

Arc-en-ciel frémissant en robes d’apparats,

De bosquets en buissons, aux contours du rivage,

La nature m’offrait ses trésors en partage…

 

La vie, enluminée, exaltait ses couleurs,

Sur l’instant j’oubliais la mort et ses douleurs,

Tout n’était que douceur, souvenir et tendresse

Et mon cœur retrouvait son ancienne jeunesse.

En ce lieu de mémoire à la marge du temps,

Résonnait dans ma tête une valse à quatre-temps,  

 Merles et sansonnets d’infinis babillages

Embaumaient la futaie. À l’abri des feuillages,

Sous un ciel immobile, un beau matin d’été,

Sur tapis de fleurs, je me suis alité…

 

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