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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:18

La lumière est artiste aujourd’hui. Funambule,

Entre la frondaison, liquoreuse, elle ondule

Et dépose sur l’eau sa palette d’été.

La couleur prend son sens et trouve identité.

Sous ses doigts, ses pinceaux, avec elle, en osmose,

La nature s’évente et se métamorphose.

L’espace se dilate en maints reflets moirés

Et les arbres, les fleurs s’avivent chavirés.

Du ciel, à satiété, il pleut de l’or liquide.

La rivière ondoyante est un miroir limpide

  Jaspé de nénuphars. J’y regarde danser

Le pourpre et le cobalt, l’améthyste épouser

Le jade, le citron emperlés les ramures,

Les larmes d’un saphir, comme des chamarrures

Enluminées citrine et rubis, le lilas

Glisser entre deux eaux, l’ocre, le chasselas

Piqueter les talus,  les rives radieuses

Se nimber, s’entoiler de pierres précieuses.

Sous mes yeux éblouis, des rinceaux de daphnés,

Des coulées macramés, des pampres safranés,

Paysage rêvé, tentures naturelles,

S’harmonisent dans l’ombre, estampés d’aquarelles...

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:12

Subtils bruissements, résonnances de cil,

Froissements de draps bleus sur l’ourlet des ténèbres,

Un pâle diadème émerge du grésil ; 

Timidement le jour étire ses vertèbres…

 

La terre, à plein poumons, les yeux lourds de sommeil,

S’épure des sanglots nocturnes. Houppelandes

Aux fenêtres du ciel, des coulures de miel,

Sur l’indigo naissant, ruissellent en guirlandes…

 

Châle rose étendu sur le trait d’horizon,

L’aube, flamberge au vent, poinçonne les nuées.

Nimbé d’or, son pommeau brille comme un tison ;

Les herbes et les fleurs brasillent embuées…

 

La nature, une à une, affute ses couleurs.

Une étoile ondoyante, à travers les feuillages, 

Déploie en éventail ses rayons enjôleurs

Du ciel en fusion, il pleut des coquillages…

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:07

Longuement, j’ai marché sur les berges de jade

Estampées d’incarnats, d’or ancien, de jasmin.

Verdoyants compagnons de mon cœur en ballade 

De grands arbres courtois m’ont ouverts le chemin.  

 Des taillis, mortaisés, estampillés par l’ombre,

Émanaient des senteurs capiteuses de fleurs

Et d’humus. Bruissements discrets dans la pénombre,

Sur la rive, j’ai vu, sous des saules-pleureurs,

Sautillait l’écureuil. Une houppe s’est posée

Près de lui. Vif argent, l’animal a bondi

Sous la coiffe d’un chêne et la vie apaisée

A repris son long cours. Sous un dôme arrondi,

Entre la feuillaison, des elfes de lumière

Enluminaient les troncs de reflets chamarrés.

Calme ruban jaspé de feuilles, la rivière

Langoureuse étirait ses méandres moirés  

Sous un ciel azuré. J’avais l’âme lutine,

Lascive, à demi-nue, entre deux nénuphars,     

Assis, au fil de l’eau, je rêvais d’une ondine

Émergeant de son bain, avenante et sans fards…

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:50

Sur les berges de l’Aude, errance au fil des eaux,

Une nymphe voltige, un peu folle, s’étonne.

Soupir évanescent parmi les fleurs, les roseaux,

Une feuille glisse au vent frivole de l’automne…

 

Des brisures de miel nimbent maints voiles fins

Que la brise, un par un, éparpille en dentelles.

Rouges, blancs, jaunes, bleus, des pétales, des parfums

Tourbillonnent légers comme des balancelles…

 

Une lyre bruisse entre la frondaison.

Sur un carré de mousse, un brin d’herbe frisonne.

Un souffle d’âme entonne un refrain de saison,

L’hirondelle s’envole et son écho résonne…

 

Ce que rouille corrode, empourprés de vermeil,

Esquisse un pas de danse. Enluminant septembre,   

Coiffé de cheveux d’ange, un long doigt de soleil

Folâtre dans l’éther. Le ciel a la voix tendre…

 

À ma porte ronronne un vieux chat abyssin

Et mon cœur se ballade. À l’ourlet de tes lèvres, 

Je goûte, mon amour, la pulpe du raisin,

La liqueur d’un baiser enjolive mes rêves…   

 

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:42

Hommes de sable fin, peu à peu, érodé

Par les rumeurs de l’âge, avance, lâche-prise,

Dessine ton chemin sans regret ni méprise,

Ne te prends pas la tête, ose la liberté !...

 

Enlumine ta route. À chaque nouveau pas,

Respire à plein poumons la rose et le clivie,

De la menthe au jasmin, les parfums de la vie,

Marche droit, devant toi, sans crainte du trépas…

 

Ressuscite à chaque heure, abroge tes douleurs,

  Laisse derrière toi les nostalgies anciennes,

Plutôt fier, absous-toi, des corvées quotidiennes,

De tous ces petits riens sans reliefs ni couleurs…

 

Fidèle à tes valeurs, aux raisons de ton cœur, 

Quelques soient les clameurs du temps, reste toi-même.

Sous la pluie et le vent, compose ton poème. 

Des vagues au ressac, désigne-toi vainqueur !...

 

Aux fenêtres du ciel, chante la fraternité,

Goûte jusqu’à plus soif la liqueur d’ambroisie,    

Enivre-toi de vin, d’amour et poésie

Et danse avec la lune au solstice d’été…

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:41

Le long des chemins creux où l’abeille butine

Des rayons de soleil, sous un ciel épuré,

Avec la coccinelle, homme régénéré,

À pas légers, joyeux, j’ai le cœur qui chemine…

 

Le long des chemins creux où fleurit l’aubépine,

La menthe et le lilas, sous l’ombrage des pins,

Exhalent des parfums subtils de poivres fins,

Sur l’aile d’un papillon, j’ai le cœur qui badine…

 

Le long des chemins creux où la brise mutine,

De mille pieds de nez, taquine l’olivier,

La vigne et l’amandier grimpent en espalier,

Sur un vieux clavecin, j’ai le cœur qui lambine…

 

Le long des chemins creux où le moineau lutine,

Rosiers et grenadiers, comme des orpailleurs, 

De sylves en bosquets essaiment leurs couleurs,

Les yeux enluminés, j’ai le cœur qui rapine…

 

Le long des chemins creux où l’herbe batifole,

Capiteux, envoûtants, des arômes de thym,

Aux pieds des grands cyprès, flottent dès le matin,  

Énamouré, grisé, j’ai le cœur qui s’affole…

 

Le long des chemins creux où merle en son faîtage

Louange la futaie, essaims de calicots

Et papiers chiffonnés, de beaux coquelicots

Dansent. Rouge carmin, j’ai le cœur qui voyage…

 

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:38

Valses à quatre temps, la lyre des saisons,

Dans les allées du temps, déposent ses chansons.

Rose, lilas, bleuet, azalée et jacinthe

Exaltent dans les jardins des effluves d’absinthe…

 

Les arbres, sous le vent, s’épouillent bigarrés

Et lancent vers le ciel des calicots ocrés. 

Opéras somptueux aux couleurs éclatantes,

Automne flamboyant célèbrent les bacchantes…  

 

La belle au bois dormant, aux frontières du vivre,

Rêve au prince charmant sous un manteau de givre.

  Mots chuchotés, L’hiver, contemple l’univers 

Et enfante en secret un long poème en vers…

 

Rayonnante, Gaïa entrouvre les yeux clos.

Les oiseaux et les fleurs gazouillent en échos…

Dès l’éveil, le printemps compose, éblouissantes,

Enluminant nos sens, des fugues exaltantes…

 

 Insouciant, l’été vogue jusqu’à Legos

Et sur le sable écrit des odes pour Éros.

Émoustillés, les cœurs chantent ses chansonnettes

Qui font le tour du monde au gré des amourettes…  

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:36

Je voudrais m’enlacer à la vague et danser

Nu sur le sable fin, devenir cette écume

Qui sur les eaux voltige, embraser la lagune

D’elfes évanescents, m’alanguir, m’échouer

Sur la laisse de mer, être ce bois flotté

Qui rêvasse, lascif, au creux des coquillages.

Oiseau bleu, je voudrais décoiffer les feuillages

Somnolant au soleil. L’espace d’un été,

Je voudrais, amoureux, tout en buvant du vin,

De la lune, effeuiller, un à un, tous les voiles.

Les ailes déployées, aux comptoirs des étoiles,

Je voudrais m’attabler, côtoyer le divin.

À cette source claire où l’amour, en secret,

D’un mot doux s’enracine et chuchote sa flamme,

Je voudrais, chaque nuit, désaltérer mon âme,

De la vie à la mort, m’enivrer sans regret.

Je voudrais m’endormir, m’envoler vers l’ailleurs,

Longuement dériver vers ces îles lointaines

Dont rêvent les marins lors des marées soudaines.

Je voudrais cheminer sur les pas des orpailleurs,

Extirper de la glaise et la paix et mon cœur,

Exalter le vivant et la blanche colombe

Et de chants fraternels enluminer le monde ;

Je voudrais, simplement, crayonner le bonheur…    

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:35

Il y a des jours où le temps file la laine  

Des souvenirs. Des jours comme çà, où lointaine,

Ma plume flotte au vent sous l’aile d’un oiseau

Et l’encre de mon cœur s’effile au fil de l’eau…

 

Un rayon de soleil bruisse des persiennes.

Froissements de papier, les nostalgies anciennes,

Dans la clarté du jour, s’estompent à mots feutrés.

Un ange me sourit sous des cieux éthérés…

 

Il y a des jours où les lettres d’un poème

Musardent sous les toits et chantent la bohème.

Un air d’accordéon éveille l’horizon, 

Des parfums de moka flânent dans la maison…

 

Sur la carte du tendre en rimes rectilignes, 

La caresse du vivre affleure entre les lignes.

Une femme fredonne un bouquet de chansons,

Il pleut de l’or liquide au creux des frondaisons…

 

Il y a des jours où le rêve déambule.

Sous l’ombrage des pins fleurit la campanule,

S’évadent des taillis des arômes de thym,

La douceur d’un baiser m’effleure dès le matin…

 

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:33

Aux premières fraîcheurs d’octobre, vent d’automne,

Prémices de l’hiver, affûte ses couteaux 

Dont l’arbre ébouriffé, feuille à feuille, s’étonne.

Colverts et bois flottés musardent sur les eaux…

 

Octobre au teint de braise, ouvre son opuscule,

S’exalte des senteurs d’humus et champignons

Chancis. À pas de loup, tombe le crépuscule.

La nature s’effrite en pelures d’oignons…  

 

Des nuées de coton toupillent. Gris ardoise,

Le ciel, sur les jardins, dépose ses manteaux.

Marquetées de jasmin et mouchetées d’armoise ;

Ses dentelles de soie, effrangent les coteaux…

 

Feuillages gangrenés, piquetés de mitraille,

Tapis d’herbes jaspé de sang, de rouille et d’or, 

Ultimes flamboiements que la grisaille assaille,

Enfantant le printemps, la nature s’endort…  

 

Un violon sanglote un vieil air de bohème,

Les fleurs comme les cœurs en frissonnent d’émois,

Arabesque de craie, estampe d’un poème,

Le souvenir s’affole et glisse sous les toits…

 

Effluves surannés de rose et d’ancolie,

J’apprivoise des yeux un oiseau migrateur.

Dans les rues, et partout flottent la nostalgie

Et son aile m’emporte, au loin, vers l’équateur… 

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