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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:19

Coups de poings, coups de pieds rageurs contre les portes,

Mille hussards hérissés de sabres, en cohortes,

Bastonnent les volets, lacèrent les buissons,

Et de longs hurlements font trembler les maisons…

Février émorfile, une à une, ses lames

D’acier froid. Sous ses coups, désemparées, nos âmes

Frissonnent près de l’âtre où craquent les bois morts

Et nous passons la nuit repliés sur nos corps…

Le temps n’a rien d’humain. Pas une silhouette

Ne se risque dehors, nul n’est assez hâbleur

Pour oser affronter l’ire de la tempête…

Pour conjurer le sort, le monstre dans l’errance,

L’un dans l’autre blottis, nous cherchons la chaleur

Et murmurons des mots d’amour et d’espérance…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:17

Silhouette androgyne invisible à l’œil nu

Dont seul le cœur pressent l’ineffable apparence,

Une encre bleue azur, toute de transparence,

Sillonne le feuillet blanc d’un monde inconnu…

Dans les taillis touffus où nichent les oiseaux,

Éparpillées le long d’un sillon de mémoire,

Il est des clefs donnant accès au vieux grimoire ;

Sous le voile nuiteux dansent des lunes d’eau…

Eau-forte dévolue au mystère, transcrit

D’un trait de plume au sein même des métaphores,

Subtil l’illusoire enfante des amphores ;

Le rêveur, d’une image ou d’un mot, en décrit

L’ineffable liqueur. Venu d’ailleurs un chant

Éclaire l’initié tout le long du voyage.

Merveilleuse égérie alunée au rivage,

Une flamme flamboie aux berges du couchant…

Dans le feu tellurique aux portes du chaos,

Un mage s’est assis sur un amas de toiles.

Sans forme ni visage, il tisse des étoiles ;

La parole en transmet les multiples échos…

Incandescente l’onde enlumine les cieux.

La multitude épand ses ailes de lumière.

D’un univers à l’autre, il n’est plus de frontière ;

Sur l’infini je vogue et me brûle les yeux…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:15

Le soufre s’agglutine à nos pensées. Le plomb,

Le chlore et l’arsenic empèsent les semelles

Du vent. Nos idéaux agonisent le long

Des chemins d’antan. Il n’est plus d’hirondelles

Et pas même un prophète annonçant le printemps.

La bête a fait son nid dans les têtes fertiles.

Entends les loups surgir des ténèbres du temps.

Toute parole est vaine et les mots sont stériles.

Au premier sang déjà s’éveillent les butors.

Vois les serpents tisser, fil à fil, la rancune !

Le déni fait son œuvre, on s’assoit sur les morts.

Lapidaires, nos esprits s’enfoncent dans la brume.

L’ignoble s’enracine et gangrène l’humain ;

Nous bâtissons un monde égaré dans l’outrance.

Les yeux secs, le cœur froid, un chardon à la main,

Célébrant l’égoïsme et plein d’indifférence,

Quand passe l’étranger, on le jette dehors

Et s’il pouvait crever bien loin de nos frontières ;

Tous en seraient contents. Sans le moindre remords,

Hommes pétris, rongés par des haines altières,

Regarde-les souiller le bleu de l’horizon ;

Ils exaltent vainqueur des relents de poubelles.

Touchant la multitude, essaimant son poison ;

Le racisme ordinaire épand ses grandes ailes…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:37

Le poète a posé son carnet, son crayon.
Près d’un saule-pleureur, il dort sur le layon.
S’envolent dans l’éther le chant des mandolines ;
Dérivent au fil de l’eau des encres orph
elines…

Les oiseaux se sont tus. Des larmes de grésil
Emperlent tristement le chemin de l’exil,
Sous le voile du deuil, consonnes et voyelles
Lui composent des lieds loin des voix offici
elles…

Que reste-il de lui, paysages rêvés,
Inscrits sur des feuillets quelques mots délavés ?...
Une rime parfois affleure entre les lignes ;
Dans la marge, oubliés s’en estompent les
signes…

À son chevet, recueils pas même préfacés,
Se défeuillent au vent ses vers dédicacés,
Toupillent dans le ciel des nuées de phalènes ;
Les soirs de lune pleine il pleut des canti
lènes…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:35

Rêve en suspension, volets bleus délavés,
En surplomb de la mer que le ciel dodeline,
Maison blanche étalée au flanc d’une colline ;
Le velouté du vivre hant
e ma vision…

Dans tes yeux mon amour, vestale l’horizon
Chuchote à mots feutrés l’envol des tourterelles,
S’exhalent des senteurs de pommes et d’airelles
Des bosquets de jasmin fleurent la
frondaison…

Nous buvons le vin frais de nos cœurs apaisés,
Sur sa tige, la lune à des joues d’opaline,
Dans sa douce clarté descend l’heure câline ;
Ton souffle dans mon cou s’emperle
de baisers…

Sur la rose des vents, dans le jour décroissant,
Un pendule éthéré lestement se balance,
L’heure passe, s’étale, habite le silence ;
Le clapotis de l’eau, seul, f
rémit languissant…

Sous les doigts musiciens de l’illustre orpailleur,
Corsages échancrés nimbés de serpentines,
Les larmes de la nuit, en bouquets d’églantines,
Sèment au firmament des g
raines de bonheur…

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:18

La lumière est artiste aujourd’hui. Funambule,

Entre la frondaison, liquoreuse, elle ondule

Et dépose sur l’eau sa palette d’été.

La couleur prend son sens et trouve identité.

Sous ses doigts, ses pinceaux, avec elle, en osmose,

La nature s’évente et se métamorphose.

L’espace se dilate en maints reflets moirés

Et les arbres, les fleurs s’avivent chavirés.

Du ciel, à satiété, il pleut de l’or liquide.

La rivière ondoyante est un miroir limpide

  Jaspé de nénuphars. J’y regarde danser

Le pourpre et le cobalt, l’améthyste épouser

Le jade, le citron emperlés les ramures,

Les larmes d’un saphir, comme des chamarrures

Enluminées citrine et rubis, le lilas

Glisser entre deux eaux, l’ocre, le chasselas

Piqueter les talus,  les rives radieuses

Se nimber, s’entoiler de pierres précieuses.

Sous mes yeux éblouis, des rinceaux de daphnés,

Des coulées macramés, des pampres safranés,

Paysage rêvé, tentures naturelles,

S’harmonisent dans l’ombre, estampés d’aquarelles...

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:12

Subtils bruissements, résonnances de cil,

Froissements de draps bleus sur l’ourlet des ténèbres,

Un pâle diadème émerge du grésil ; 

Timidement le jour étire ses vertèbres…

 

La terre, à plein poumons, les yeux lourds de sommeil,

S’épure des sanglots nocturnes. Houppelandes

Aux fenêtres du ciel, des coulures de miel,

Sur l’indigo naissant, ruissellent en guirlandes…

 

Châle rose étendu sur le trait d’horizon,

L’aube, flamberge au vent, poinçonne les nuées.

Nimbé d’or, son pommeau brille comme un tison ;

Les herbes et les fleurs brasillent embuées…

 

La nature, une à une, affute ses couleurs.

Une étoile ondoyante, à travers les feuillages, 

Déploie en éventail ses rayons enjôleurs

Du ciel en fusion, il pleut des coquillages…

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 14:07

Longuement, j’ai marché sur les berges de jade

Estampées d’incarnats, d’or ancien, de jasmin.

Verdoyants compagnons de mon cœur en ballade 

De grands arbres courtois m’ont ouverts le chemin.  

 Des taillis, mortaisés, estampillés par l’ombre,

Émanaient des senteurs capiteuses de fleurs

Et d’humus. Bruissements discrets dans la pénombre,

Sur la rive, j’ai vu, sous des saules-pleureurs,

Sautillait l’écureuil. Une houppe s’est posée

Près de lui. Vif argent, l’animal a bondi

Sous la coiffe d’un chêne et la vie apaisée

A repris son long cours. Sous un dôme arrondi,

Entre la feuillaison, des elfes de lumière

Enluminaient les troncs de reflets chamarrés.

Calme ruban jaspé de feuilles, la rivière

Langoureuse étirait ses méandres moirés  

Sous un ciel azuré. J’avais l’âme lutine,

Lascive, à demi-nue, entre deux nénuphars,     

Assis, au fil de l’eau, je rêvais d’une ondine

Émergeant de son bain, avenante et sans fards…

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:58

Jeux de cartes truqués, dévoyés, biseautés,

Au casino de l’amour, de vieux rois dépités,

Regardent zigzaguer la boule sur la table.

La roulette est faussée et la banque imbattable.

À quoi bon espérer, dépravés, décapés,

Dans la main du croupier, tous les dés sont pipés.

Pour capter, captiver, domestiquer la chance,

Seul, face à l’arnaqueur, point d’atout dans ma manche.

Tout est dit, retranscrit. La vie est un Bazard

Où nulle chose, rien n’est laissé au hasard.

Accrochée à mes pas la mauvaise fortune

Me laisse dépouillé, le cœur sur le bitume. 

Poches, goussets percés, dans la fange, enlisé,

Plus de pierre à ma fronde et mon arc est brisé…

 

 

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 13:50

Sur les berges de l’Aude, errance au fil des eaux,

Une nymphe voltige, un peu folle, s’étonne.

Soupir évanescent parmi les fleurs, les roseaux,

Une feuille glisse au vent frivole de l’automne…

 

Des brisures de miel nimbent maints voiles fins

Que la brise, un par un, éparpille en dentelles.

Rouges, blancs, jaunes, bleus, des pétales, des parfums

Tourbillonnent légers comme des balancelles…

 

Une lyre bruisse entre la frondaison.

Sur un carré de mousse, un brin d’herbe frisonne.

Un souffle d’âme entonne un refrain de saison,

L’hirondelle s’envole et son écho résonne…

 

Ce que rouille corrode, empourprés de vermeil,

Esquisse un pas de danse. Enluminant septembre,   

Coiffé de cheveux d’ange, un long doigt de soleil

Folâtre dans l’éther. Le ciel a la voix tendre…

 

À ma porte ronronne un vieux chat abyssin

Et mon cœur se ballade. À l’ourlet de tes lèvres, 

Je goûte, mon amour, la pulpe du raisin,

La liqueur d’un baiser enjolive mes rêves…   

 

 

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