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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 10:23

 

Le félibre, assis face au fleuve limoneux,

Contemple l’étendue. Inspiré par l’obstacle,

Le ciel comme témoin et son cœur pour oracle,

Il cherche dans l’obscur le verbe lumineux…

 

Emane de l’aven un écho caverneux,

Les ornements divins ont quitté l’habitacle,

Immense, la clameur profane le cénacle,

Sur les décombres flotte un sifflement haineux…

 

De terribles dragons émorfilent leurs armes,

La luxure et l’orgueil alimentent les larmes,

Partout, l’immonde règne et tue avec entrain…

 

La laideur pour tombeau, l’humanité s’éclipse,

Triste autant qu’éreinté, d’un ultime quatrain,

L’aède prophétise, en vain, l’apocalypse…  

 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 10:21

 

Ballotés par l’élan du farouche géant,

Intrépides marins, survivants du naufrage,

Devant vous, la tempête apaise enfin sa rage,

Vos rêves de grandeurs sombrent dans le néant…

 

L’aube semble endormir le reflux malséant,

Vous voici libérés de sa terrible entrave,

A l’horizon, fugace apparaît le rivage,

Sans ressource, épuisés, vous priez l’océan…

 

Des coraux monte un chant plein de mélancolie

Que le vent, longuement, d’un écho multiplie,

Après tant de fracas, quelle tranquillité… !

 

Sur le seuil de la nuit lorsque le jour s’allume,

Quand s’éveille l’espoir, l’homme sans amertume,

Contemple, admiratif, l’espace illimité…

 

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:52

 

D’où vient cette araignée étendue en étoile,

La vie, in extenso, s’est prise dans sa toile…

Contemplez, ô ! Seigneur, cet animal velu

Broder le liseré de ce gouffre absolu

Et…, l’encre, trace d’or de la sainte écriture,

N’émousse pas le cri de l’homme qu’on torture…

 

Moribond, le soleil s’épuise dans la nuit,

Las, le geôlier baille, indolent, son ennui,

En observant l’oiseau s’époumoner d’une aile…

Peux-tu t’en souvenir ? Elle était pourtant…, belle

Dans sa robe, au printemps, s’envolant sans corset,

Liberté ! Me dis-tu ? J’ai cru l’apprivoiser…

 

Sous l’étreinte de fer, au creuset de l’enclave,

Liberté ! Liberté ! Crient les mains de l’esclave,

Liberté, mais il vient…, te l’offrir le démon,

Liberté de souffrir dans l’oued sans limon,

Il passe le voleur comme un buffle sauvage

Et libre tu seras ! Dans la mort sans visage…

 

Sans cesse aiguillonné, le souffle de la haine

Infecte les esprits de sa putride haleine,

Dans l’âpre chuchotis d’un antique refrain,

Il revient au matin aux espoirs mettre un frein,

Dans l’aquilon cruel je cherche l’étincelle,

Cette femme aux yeux verts que l’on dit éternelle…

 

.............................................

 

 

 

Le monde s’agite

De tout ce qui m’habite,

Sur le tranchant de l’abîme,

Je cherche la cime…


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:36

 

Tuberculeux, le temps s’annonce épouvantable

Et…, de l’aube en haillons, visqueux suinte l’ennui.

Les poumons encrassés de salpêtre, la nuit

Crachote des fragments d’une aigreur détestable…

 

Je supporte le poids d’une époque innommable,

La terreur et les cris de l’humaine clameur,

J’ai beau prier, pleurer, se répand la tumeur,

La honte sur mon front m’en dit l’insupportable…

 

Le monde indifférent se moque de l’outrage,

Dédaigneux, d’une moue, ignore l’agoni,

Le poète comprend, continûment puni,

Il se sait asservi, réduit en esclavage…

 

Le félibre exilé par l’immortel enrage,

O ! Père infanticide, entends fort mon déni,

Pourquoi donc me voici de l’olympe, banni ?

Quel est donc mon délit… ? J’en refuge l’adage !

 

J’égrappe, énamouré, des embruns de blessure,

D’un chétif doigt de craie au creuset du berceau,

D’une empreinte de sang je chemine sur l’eau

Et souille le feuillet d’obscures flétrissures…

 

Triste, l’âme s’instruit sur l’objet de la chose,

Solitaire, enquiert l’oracle du tombeau,

Son murmure se lève en quête d’un flambeau,

Ai-je vraiment vécu ? Le ciel est si morose…

 

Se dépose en mon cœur l’écho démoniaque,

Je gémis mon effort vers l’amour, infléchi,

Je contemple le jour que l’horizon blanchi,

Dans le gris de mes yeux brille le zodiaque…

 

             

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:28


 

L’obscurité saumâtre essouffle ma mémoire,

Avare, le destin referme son grimoire,

J’entrevois, dans la nuit, un sanglant matador,

Là bas, quelqu’un m’attend au bout du corridor…

 

Là, devant moi, déjà surgit la guillotine,

Elle m’épie et…, d’un œil me nargue cabotine,

Délateur, son couteau dissémine l’effroi,

Sur ma nuque, déjà, je sens son métal froid…

 

Arrive le bourreau, son sinistre attelage,

Il ne sait que penser de mon âme volage,

Expéditif le temps, l’ineffable brigand,

Me toise monstrueux, m’examine arrogant…

 

Lancinant, son index tapote sur la table,

M’arpente, indifférent, de sa raison comptable,

Ni triste ni joyeux, malséant charognard,

Aphasique, il émoud son terrible poignard…

 

Il me pointe du doigt, m’inscrit sur son registre,

J’ai beau mugir, pleurer…, d’une écriture bistre,

Sans lever un sourcil il énonce mon nom,

A son humeur, soumis, je ne suis qu’un penon… !

 

O ! Nuit énigmatique, opacité frigide,

Effroyable linceul suspends ton drap rigide,

Interromps ton envol, fait preuve de bonté,

De mon souffle haletant saisit l’humanité…

 

Abroge ta sentence, entrouvre ton œillère,

Mets mon cœur à l’épreuve, éprouve sa prière,

Ecoute cet oiseau, la splendeur de son chant,

L’entends-tu… ? Larmoyer son murmure touchant…

  

Regarde-le ! Frémir d’un soupir erratique,

Le sens tu palpiter… ? De ta main flegmatique

Touche-le ! Le sens tu… ? Gémir, vibrer, crier,

Révolté, t’arboré, d’un mot t’injurier…

 

Il nourrit en son sein l’ardeur des capitaines,

Il anime en tous lieux le souffle des fontaines,

Fougueux, il est le vent, la vague, l’ouragan,

Le cri des insoumis, l’espoir extravagant…

 

Même l’élan brisé, d’un élytre, il s’envole…,

Heureux de peu, comblé, sa poitrine s’affole…,

Et même époumoné, refusant ta rigueur,

D’une féroce ardeur il survivra rageur !

 

…………………………..

 

 

 

 

 

 

Qui mieux que la solitude

Peut me dire qui je suis ?

Je n’ai pas de destin

C’est écrit dans ma main,

Seules les rides de l’eau

Me disent être humain,

Je sais être vivant

De par mon inquiétude…

  eux, le

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:15

 

J’ai glissé, longuement, jusqu’aux fontaines mères,

S’il m’arrive, parfois songeur, d’en butiner

Les embruns de cristal, comment en deviner

Le mythique passage et ses embarcadères…

 

De ce rêve hors du temps que gardent des chimères,

Cet endroit qu’aucun plan ne saurait dénommer

Mais dont mon ressenti se plaît d’imaginer

Les clairs étangs que chante un peuple d’éphémères.

 

L’augure convertit le verbe incognito,

Le possible et l’ailleurs chuchotent de facto ;

S’exaltent les parfums de roses condamnées…

 

Les mots n’ont pour raison qu’un partage commun,

Au-delà de leurs sens, ils tracent le chemin,

Le visage confus des choses jamais nées…

 

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:13


Présumer du possible, ah ! La belle aventure,

Le prétendu savoir flatte ma vanité

Et me fait oublier dame fatalité,

L’ombre au bout de la route ornant ma sépulture…

 

Orgueilleux, pauvre fou que le désir torture,

D’estimer le divin n’es-tu point éreinté,

Sur l’essence de l’art d’avoir tant disserté,

N’en négliges-tu pas l’authentique nature… ?

 

Conjure cet esprit qui ne sait que penser, 

Poète infructueux, cesse d’analyser,

Du besoin de créer renouvelle l’envie…

 

Libre, sans question, laisse-toi dériver,

Ressuscite en ton cœur le pouvoir de rêver,

De ta plume, il te faut reconquérir la vie… !

 

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 00:49

 

 

L’écrivain d’aujourd’hui conjugue à l’imparfait

La forme littéraire et manque d’exigence,

Il maltraite le verbe, ébloui de son fait

De plume, voyez le sombrer dans l’indigence…

 

Source d’ennui profond, d’une extrême lourdeur, 

Sommaire est le sujet. Pitoyable l’histoire

S’essouffle à chaque page. Ereinté le lecteur

Hante son labyrinthe au style aléatoire…

 

Sur le fil décousu d’un récit discordant,

La syntaxe agonise et les mots manquent d’huile,

Sur le livre l’auteur se dandine pédant ;

J’en contemple ébahi le dédain mercantile…

 

Décadence d’un monde atteint de cécité,

Le mièvre et le facile exaltent l’ignorance ;

Ils ont tué Flaubert, tombe l’obscurité ;

Le talent n’a plus court, vive l’exubérance !   

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 00:28

              

Lorsque la mort viendra m’embrasser sur la bouche,

De rimmel, dessinez le contour de mes yeux,

De velours et de soie enluminez ma couche

Et recouvrez mon corps d’ornements précieux,

Déversez sur ma peau les plus rares essences,

Effacez de mon front les sillons rocailleux,

Ainsi vêtu, paré plein de magnificences

Comme un prince enjôleur, sans larme mais joyeux,

Une rose à la main, moi ! Vieil homme sénile,

Retrouvant la ferveur qu’ont les adolescents

Lorsque soudain, le cœur palpite juvénile,

Conquis par une fille aux regards innocents ;

J’irai dans l’au-delà séduire, d’un poème,

Cette femme effroyable à l’étrange beauté

Et chanterai l’amour plutôt que l’anathème

Butinant sur sa lèvre un peu d’humanité…

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 00:21

 

Elle danse en cadence, aérienne ondule,

Décompose le vide, anime ce module

Immobile soumis à son corps gracieux

Et semble par instant s’élever vers les cieux.

 

Arabesques de chair, de courbes improbables,

Elle esquisse d’un pas les contours impalpables

D’univers confinés dans la marge étendus

D’une fluide amplitude aux gestes suspendus.

   

La musique la porte et dessine de l’âme

Les possibles contours ou bien l’intime flamme,

Interprétation, renaissance des sons

En tableaux animés parcourus de frissons.

 

Envoûté par le rythme aux mille résonances

L’esprit s’arrime au corps contraire aux alternances,

L’un à l’autre lié, dans l’élan sensitif ;        

Les deux ne font plus qu’un comme au temps primitif.

   

Transcendance de l’être en souffles vibratoires,

D’une inspiration naissent des trajectoires,

Effluves d’infini, sculptural et charnel,

Le mouvement s’inscrit dans l’espace informel

  

Et le lien au réel distendu s’évapore

Plus profond dans la transe elle pénètre encore,

Son sang palpite aux sons décuplés des tambours

Qu’elle épouse animale exposant ses atours…

 

   

 

 

 

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