Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 10:00

J’imagine la vie auprès d’un caroubier,

Petit bonheur furtif, le chant d’une cigale,

Dans la douceur du soir, me charme, me régale ;

Mon cœur est un bois tendre aux couleurs de l’aubier…

 

S’exhalent dans la nuit des brindilles de thym,

Il suffit de si peu pour que temps s’affole,

D’un mouchoir de coton posé sur l’herbe folle,

D’une flûte de vent aux ailes de satin…  

 

L’obscurité, soudain, évente ses manteaux,

La voix lactée entrouvre son corsage,

S’envolent de ses seins mille oiseaux de passage ; 

L’ébène de ses reins s’empaille de cristaux…

 

L’heure sonne, perchée au plus haut des clochers,

Glissent entre mes doigts de petits grains de sable ;

L’étoile de l’amour s’est assise à ma table,

Sur l’eau de ses regards, je fais des ricochets…

 

Sous le grand baldaquin, douceur et volupté

Entrecroisent leurs doigts de nacre et porcelaine.

Vénus et Jupiter tissent des brins de laine ;

Pyrites et saphirs perlent l’immensité…

 

Des flèches de lumière empaillent le cosmos,

La lune sur sa tige esquisse un pas de danse

Sur de vastes tréteaux, la corne d’abondance

Déverse ses fruits d’or sur les enfants d’Éros…

 

Partager cet article

Repost0
9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 09:55

La vie, à pas feutrés, s’effile au fil de l’eau ;

S’effrite l’horizon que je ne puis atteindre.

M’en allant dans le soir m’asseoir sous un ormeau,

Je laisse doucement ma chandelle s’éteindre…

 

Dans un coin de mémoire, il est de vieux papiers

Froissés de souvenirs, impossible à proscrire.

De mon dernier poème, en vers de douze pieds,

Ne reste seulement qu’une strophe à transcrire…

 

Je regarde le ciel bleu profond, indigo,

Nuées de papillon folâtrent sous un platane,

Les herbes et les fleurs dansent le fandango

Que la nature est belle en robe de gitane…

 

J’arrive en bout de ligne, il est temps de ranger

Mes crayons de couleurs, de refermer mon livre.

J’entends déjà venir l’ultime messager ;

Résonne dans mon cœur la souffrance du vivre… 

 

 À l’heure où s’allumera l’étoile du Verseau,  

Je ne veux de velours et pas même de marbre,

Cajoler simplement par le chant d’un oiseau ;

Laissez-moi reposer sous l’ombrage d’un arbre…

 

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:07

Dans maints petits carnets, d’une encre aléatoire,

Sur ma table de nuit somnolent des feuillets.

Chacun d’eux, à mots feutrés, me chuchote une histoire,

Et tisse à mon mouchoir de bien tendres œillets…

 

Errance au fil de l’eau, je m’en vais funambule

Glaner des souvenirs en de secrets sillons.

Ma mémoire au ressac va et vient, déambule

Et j’en suis du regard l’envol des papillons…

 

Dans l’opale lueur d’une trouble veilleuse,

Des ombres et des voix folâtrent sur les murs,

Remonte dans mes filets la fable merveilleuse,  

De mon passé, j’effeuille, un à un, les fruits mûrs…

 

Reviennent mes amours et ces heures magiques

Où le temps suspendu s’étirait en douceur.

S’épanchent dans mon cœur des odes nostalgiques 

Et la nuit s’effiloche auprès de l’âme sœur…

 

Mes joies et mes chagrins tissés de brins de laine

Susurrent en chorus des aubes sans dénis.

Je préserve avec soin la blanche porcelaine

De ces petits bonheurs à tout jamais bénis…

 

Dans des vapeurs d’encens flotte une cantilène.

Tiré directement sans regret au pressoir,

Tant j’ai aimé le vin que ma coupe en est pleine,

Là voilà qui déborde au dernier chant du soir…

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 16:01

Vestale chevelure aux limites du ciel,

Les Pyrénées au loin crénellent l’amplitude ;

S’épandent sur ses flancs des coulures de miel,

L’horizon s’enlumine et prend de l’altitude…

 

Lâchant ses alezans aux torses flamboyants,

Prolixe le soleil, avec les dieux, parlemente.

Longs frémissements sous ses doigts ondoyants,

En tranches de citron, l’espace se fragmente…

 

Des nuées en jupons, coiffées de capelines,

Toute de transparence, empaumées d’écheveaux,   

Essaiment à tous vents leurs rubans d’agnelines ;

Sur des cordeaux de lin ondoient des baliveaux…  

 

En écharpes d’iris, papillonnent dans l’air

Des prismes de cristal. Céleste blanchecaille,

Portant sur son épaule un grand couffin bleu clair,

Une ondine sinue entre des brins de paille…

 

Estampilles d’amour sur le buvard des jours,

Cascade mordorée aux reflets inclassables,

La lumière parade en ses plus beaux atours ;

Musardent dans l’éther des moirages de sables…

 

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 15:53

Cascatelles de miel ensilées en faisceaux,

Dès l’aube, le soleil maquille ses yeux d’eaux

Sur des miroirs de sel. Silhouettes câlines,

Le ballet des ajoncs festonnent les salines…

 

Tandis que le colvert fait toilette au matin,

Froissements d’organdi, de plumes et satin,

Sous un ciel azuré sablé de couperoses,

Ailes déployées, glisse un vol de flamands roses…   

 

De La Palme à Gruissan, le peuple des oiseaux

S’ébrouent en escadrille. Au-dessus des roseaux,

Bruissements épars aux limites des terres,

De grands goélands blancs s’envolent solitaires…

 

Sous un souffle de brise aux accents occitan

Ici dans ce pays le cœur papillotant

Au pas lent d’un héron, la salicorne danse ;

Faune et flore en osmose oscillent en cadence…

 

 

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 15:46

Une brise, d’un ongle, érafle les salines,

La salicorne ondule au souffle d’un flûteau.

Allant à pas de chat, L’aigrette, au fil de l’eau,

Agite son plumet ourlé de cornalines…

Chamarrés de pastels, le mauve et l’aubergine

Irisent les œillets. Des écharpes d’iris  

Alcoolisent la fleur de sel. Les tamaris,  

S’enivrent de senteurs d’iode et sauvagine…

Sur les aplats d’un ciel froissé de couperoses,

À l’heure où le soleil perd de sa densité, 

Points en suspensions perlant l’immensité,  

Sur la lagune passe un vol de flamands roses…  

Au chant du crépuscule, épandant sa crinière

Sur le monde, la nuit opalise les cieux.

Effeuilleuse du jour, sous des voiles soyeux

L’ombre, en son sein, câline la lumière…  

Jaspés d’opacité, de reflets et mystères,

Musent sur les marais d’opalescents cristaux. 

La lune en son boudoir s’étoile en boqueteaux

Et maquille ses yeux aux limites des terres…

 

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:44

Bois de santal, musc noir, nuées de poivres fins,

Au bout des encensoirs, s’évadent sous la voûte.    

Fumerolles au vent, tout le long de la route,

Des bâtonnets d’encens consument leurs parfums…

 

Sous un saule-pleureur ou un palétuvier,

Valses à quatre temps, du printemps à l’automne,

Sur un vieux piano oscille un métronome ;

Des oiseaux de papier s’envolent du clavier…

 

Déjà sur les pavés se posent des pluviers.

Sur les toits de la ville une cloche résonne.

Longuement sa rumeur aux fenêtres frisonne ;

Sur le haut du beffroi veillent des éperviers…

 

Une femme descend l’ancestral escalier

Et désigne du doigt la voie universelle.

Pauvres ou bien puissants s’inclinent devant elle

La terre, au soir, s’évide au pied d’un olivier…

 

Le temps sur ses rouets tisse des écheveaux.

Les moineaux se sont tus, au loin un chien aboie.

Une nouvelle étoile, au firmament, flamboie ;

Un corbillard avance aux pas lents des chevaux…  

 

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:40

Silhouette éphémère, entre vie et trépas,

Un homme au regard clair chemine à la lisière

Intangible du monde. À chacun de ses pas

S’égaient derrière lui des oiseaux de poussière…

 

Nul ne sait qui il est, d’où il vient, où il va,

Simplement il est là ! Sur les rives du vide,

Il flâne bercé par la voix d’une diva

Dont nul autre que lui n’entend le chant vivide…

 

Libre de s’envoler, l’âme en apesanteur,

Il lui importe peu de mourir ou de vivre.

Appréhendant le sens du verbe fondateur,

Une douce clarté l’auréole et l’enivre…

 

Tout au bout de sa route aux limites des eaux,

Sur le sable estampée affleure une épithète

Divine, des colliers de novas en faisceaux   

Dessinent la maison du sublime architecte…

 

Au fronton de sa porte oscille une clef d’or,

Sitôt le seuil franchit, une aube spiralée

Entrouvre sa paupière et le néant s’endort ;

La clepsydre s’enroule à la voûte étoilée…

 

 

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 19:35

Tout le long des chemins, les légendes résonnent.

Murets de pierres d’Oc, la flèche d’un clocher,

Un calvaire, une croix et les âmes frissonnent

Au souffle incandescent d’un antique bûcher…

 

Les cendres des martyrs ensemencent la terre.

Lors du prêche le soir, le thym, le romarin

Accueillent en leur sein les mots du magistère ;

La rocaille palpite au pas d’un pèlerin…

 

Empreinte digitale à nulle autre pareille,

La voix des troubadours s’emperle de blasons.

Fils tissés, retissés, de la bouche à l’oreille,

La mémoire résiste aux rondes des saisons…

 

Des cohortes de ceps verdoient l’argile sèche.

Lorsque le souvenir se voile d’organdi,

Seulement affublé d’une tunique rêche,

Une ombre déambule au soleil du Midi…

 

Inscrite dans le roc l’histoire des cathares

Étend ses ailes d’or. Parmi les oliviers,

De cimes en vallons, les cordes des cithares

Chantent aux quatre vents l’envol des éperviers…

 

 Aux limites du ciel, éblouis de lumière,

Sommeillent sur les hauteurs de fiers et vieux châteaux. 

Dans le soleil rasant, tourbillons de poussière,

Au loin un chevalier dévale les coteaux…

Partager cet article

Repost0
14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 23:04

Parmi les nymphéas fleurant le firmament,

Une étoile filante ondoie un pas de danse.

J’effeuille délicat, les fleurs du sentiment,

Amouraché mon cœur hésite et puis s’élance…

 

L’essence d’un parfum éclaire un encensoir,

Sous la tonnelle assise, une rose au teint pâle

Fredonne une chanson. Dans la douceur du soir,

Ma lyre se suspend à ses cheveux d’opale…

 

Vestale, la nuée embaume les buissons,

Envols de papillons en gerbes d’aubépines,

Des ailes de cristal bisent les frondaisons

Et tissent des colliers d’iris et serpentines… 

 

Capeline de soie et masque de velours,

Arlequine s’enroule aux doigts d’une comète,

Et charme d’un regard les astres troubadours

Qui aux balcons du ciel jouent de la clarinette…

Partager cet article

Repost0