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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 11:44

Sur le sofa profond dans la clarté des lampes,
Les yeux à demi-clos, brûlante évidement,
Elle expire et chavire au son des heures lentes ;
Femme éprise, elle attend, lascive, son amant…

Emprise du désir, chevelure déclose,
Imaginant son corps, sous ses mains, frémissant,
Et maints baisers fougueux, féline, elle prend pose
Sur deux cousins soyeux, reins cambrés, lestement…

Elle glisse ses doigts sous sa robe échancrée
Et caresse ses bas d’un ongle raffiné,
Bruissements de tissus sur sa peau chamarrée,
S’exalte capiteux un parfum de daphné…

Ardente comme braise, enjôleuse et peu sage,
En songeant à ses bras, elle émoud ses appâts,
La pointe de ses seins affleure son corsage
Et son âme tressaille au moindre bruit de pas…

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:11

Écoute les épées du blizzard
Dépouiller les âmes sensibles,
Ne laissant derrière elles
Que spectres décharnés,
Elles estampent la douleur dans les regards.

Entends leurs chants insensibles
Fendre les pierres tendres,
Vois ces corps hagards
Déambuler sans route à suivre.

Touche ces visages
Dont le sourire se fige,
Ces lèvres crevassées
Que nul baiser n’effleure.

Regarde le teint pâle des roses,
L’herbe brûlée de givre,
Pris de solitude
Le nu paysage s’éteindre.

Écoute ces cœurs de marbre
Penchés, sur leur miroir,
S'épancher et puis s’épandre.
Entends ces déserts de glace
Brûler les sentiments.
Vois les, chaque soir, se griser de vin et d’oubli
Et touche leurs yeux clos, jaspés d’indifférence.
Insensibles à l’amour,
Sur l'air des émotions feintes,
Regarde-les danser ;
Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes…

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 23:16

On peut bien s’être aimé, avoir tout partagé,
Un matin on se lève et l’on est l’étranger.
On vous tourne le dos car soudain l’on dérange,
On vous chasse du pied, çà fait mal, c’est étrange !
On a beau l’adorer, avoir beaucoup donné,
Les yeux secs, l’œil noir, le visage fermé,
Point de compassion et pas plus d’existence,
On vous jette et délaisse avec indifférence.
On oublie, on s’enfuit, on retire ses mains,
On referme sa porte, on devient inhumains.
L’on vous voit comme un gueux, tout le désintéresse,
Le cœur bardé de fer, pas la moindre tendresse !
Inutile de rêver, finis les sentiments ;
On ne pense qu’à soi, c’est la loi des amants !

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 10:39

Dans l’âtre refroidi plus même une étincelle.
Je n’irai plus, au jardin, rêver sous la tonnelle,
Sous un arbre se fane un plant de vétiver ;
En avril, j’ai remis mon vieux manteau d’hiver…

Sous un soleil voilé, les jours heureux s’effacent.
Sans même s’arrêter, les hirondelles passent.
Résonance d’antan que je n’ai pas choisi ;
Émerge de la terre, une odeur de moisi…

Dans la pâle clarté d’une lampe infidèle,
Recouverte de givre, expire l’asphodèle.
Sur la laisse de mer, comme de vieux galets,
L’amour s’est échoué parmi les bois flottés…

Le vers est dans le fruit, coquille de noix vide,
La vie, en catharsis, déambule frigide.
Enroulé sur lui-même, inerte et fatigué,
Le temps est un ressort au milieu du gué…

Sur la plage déserte où mon cœur se larmoie
S’alune une étoile aux grands yeux de soie.
Cheveux livrés aux vents du haut de ton château,
Que tu es belle au loin, simple reflet sur l’eau…

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 12:19

Courtine de satin sur un lit d’églantines,
Ton corps est un jardin aux allées byzantines.
De soie et de velours, ta simple nudité
Auréole mes nuits de puits de volupté.
Grappes mûres d’argile où fleurit l’aubépine,
Tes seins ont la douceur des roses sans épine.
Diadèmes frangés de nacre, des bourgeons
En sertissent les monts comme de fiers donjons
Qui pourtant, sous mes doigts, soupirent et frémissent
Affolés. Félicité, mes lèvres, mouillées, glissent
Sur l’ambre de ta peau. Lavande et citronnier
Exaltent la fraicheur d’un parfum printanier ;
Ton ventre est une plaine, une terre féconde.
Au bas de l’échancrure une grotte profonde.
Le thym et la bruyère en fleurissent le seuil.
Vers ce discret sillon, je descends sans écueil.
La fleur du nénuphar, humide de rosée,
Entrouvre sa corolle et m’accueille, attisée.
Liqueur d’orge et raisin, je m’enivre d’arac ;
Vagues pleines, tes reins ondulent au ressac.
Et quand l’aube se lève, aux limites du rêve,
Une étoile marine enlumine la grève…

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 08:38

Par la vague sans cesse harcelée, insultée
Château de sable fin sur les laisses des mers,
Grain par grain, Liberté s’amenuise, éreintée ;
Sur ses tours, confinés, ses enfants sont amers…

Rémiges déployés bravant le marabout
Qui déverse le souffre avec intolérance
Sa parole s’épuise à demeurer debout
Et les cœurs puérils sombrent dans l’ignorance…

Pour ses nobles soldats pas de miséricorde,
Un écrit, un dessin ou un trait de crayon
Suffisent aux tyrans pour les pendre à la corde
Ou leur couper la langue au détour d’un layon…

Mais il est des veilleurs qui préservent son âme,
Étincelles de sel revenues de l’enfer,
Quand l’une se consume une autre s’enflamme.
Qu’importe les fusils, la mitraille et le fer,

Lorsque tombe la nuit infamante pour l’homme
Et que la bête toque aux portes des maisons
Chevelure et flamberge au vent elle se nomme
En déclamant son nom sur les murs des prisons...

Sentinelles de suie adossées, insoumises
À l’ombre qui grandit, revêtues de lambeaux,
Ses chandelles noircies échancrant leurs chemises
S’embrasent, le cœur nu, comme de fiers flambeaux… !

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 02:59

Dans ma tête des mots m’assaillent, le silence
Bruisse de maints échos. Pris dans la turbulence,
Je tourne sur moi-même et titube écorché.
Déboussolé, mon cœur frisonne effarouché ;
Dès le matin déjà, l’ombre et la violence
Déferlent comme une onde. Aucune résilience,
Il n’est plus un refuge, un lieu de liberté
Où l’homme peut rêver sans être tourmenté.
Sur la laisse de mer, funeste litanie,
Des visages, des noms cochés par l’infamie,
Des crayons, des dessins sur le sable posés
Qu’une gomme de sang a soudain effacés.
Partout gisent des corps mutilés par l’immonde ;
Je ne sais quel poison contamine le monde.
À gauche, à droite, en haut, vers le bas, de travers,
J’avance, je recule et je marche à l’envers ;
Je m’accroche à la vie emporté par la foule.
Sur l’autel du destin, dévorés par la houle,
La plaie et les bourreaux pourrissent au soleil
Et m’écorchent l’esprit, j’ai perdu le sommeil…

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 02:22

Un bruissement de vent se lève musical.
L’archer d’un violon glisse entre les futaies.
Le chant d’un rossignol, faussement amical,
Outrage mes tympans de balivernes gaies…

Ne sachant où m’enfuir, je titube aux abois.
Alors que je suis seul pleurant mes amours mortes,
Des mèches de lumière ondulent sur les toits ;
Trait bleu sur l’horizon, l’aurore toque aux portes…

Je regarde ébloui, les yeux lourds de sommeil,
La roue au firmament tourner sur elle-même.
Cascatelle d’épis, sa crinière de miel
Escalade le ciel, frétillante et bohème…

L’aubade des oiseaux, dans le soleil naissant,
Me triture le cœur, je ne vois que ténèbres ;
Plus encore je maudis l’astre assourdissant
Qui déploie, ignées, une à une, ses vertèbres…

Une ombre déambule, animal effronté,
Le long d’une mouchette un chat passe, me toise
Puis me tourne le dos sans un brin de piété.
J’ai joué, j’ai perdu, j’en réglerai l’ardoise…

Comme un éclat de verre, un rire cristallin,
D’une fenêtre ouverte, en fontaine, ruisselle ;
J’imagine une femme en chemise de lin
Lestement toupiller sur une balancelle…

Qu’attend le mal-aimé ? La vie ou le trépas,
Une oreille attentive, une main passagère ?
Que veut le mal-aimé ? Lui-même ne le sait pas !
Il rêve simplement d’une belle étrangère…

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 23:33

Entre chien et loup, déversant des amphores
De miel, un titan, dans l’intervalle ténu
Où s’échappe l’abîme, écrit des métaphores ;
L’or ruisselle abondant dans l’espace chenu…

La lumière solaire étend ses grandes ailes.
Sous son abyssal flot, les formes, les couleurs
Se défeuillent soudain des encres informelles
Et nébuleuses où maraudent les voleurs…

Demoiselle coquette aux prunelles mouillées,
La terre se toilette et maquille ses yeux
De vert ourlé de bleu. Les ombres, dépouillées
S’émiettent en lambeaux sous la clarté des cieux…

La nature, au sommeil, ne peut-être asservie.
Plus un spectre ni même un miasme nuiteux
Ne s’appareille encore aux branches de la vie
Diffusant à foison des parfums capiteux…

Aplats d’indigo clair crénelé de dentelles,
Tissages de coton, moutonneux, filandreux,
À l’aube, dans le ciel, un essaim d’hirondelles
Fracture l’horizon, le jour se lève heureux…

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 14:44

Un ombre grise plane au-dessus de Carthage,
Les barbares ont peint ses minarets sans âge.
Sur les quais, dans le port plus même un brigantin
N’appareille. À genou, la parole s’éteint !
Les prophètes sont morts, l’enclume du silence
Étouffe la cité. Comme une pestilence,
L’interdit se propage et les songes brisés
Sont foulés, piétinés par des geôliers blasés.
Tête basse, échiné, dos courbé face aux armes,
Le peuple dépité n’a plus assez de larmes
Pour geindre et sangloter sur ses espoirs trahis ;
Brigands et scélérats les ont anéantis.
Palpable, la frayeur suinte des casemates,
Leurs murs, naguère blancs, en portent les stigmates…
Symboles de splendeurs broyées au laminoir,
La balance est faussée. Édenté, le lion noir,
Ensanglanté, meurtri lâche son cimeterre.
Capitaine et marins ont jeté sacs à terre.
Ossements de bois morts corrodés par le sel,
La galère punique a rejoint l’Éternel.
Sur la laisse de mer, échoué sur la grève,
Papillon éphémère, agonise le rêve…
Les roses de Tunis ont l’acide saveur
Des lendemains déçus, il n’est point de sauveur ;
Lueur blafarde errant le long des réverbères,
La liberté s’essouffle aux pieds de ses cerbères…

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