Le blog de Philippe Lemoine

Sous un ciel orageux, lors d’une nuit instable,

Sibylline, la mort s’est assise à ma table,

Elle a pris dans sa manche un vieux tarot divin   

J’ai sorti du placard le couvert et du vin…

 

Sans un mot ni regard, j’ai rempli les deux verres

Puis j’ai feins d’ignorer ses œillades sévères,

D’être venue à moi pour jouer mon trépas,

Pensait-elle vraiment me priver d’un repas ?

 

Dédaigneuse et prenant des façons de monarques,

Avec soin, lentement, sans faire de remarques,

Elle pointa vers moi son index contrefait

Et se mit à sourire hautaine de ce fait…  

 

Lentement, j’ai goûté, plutôt fier de l’audace,

La pulpe du raisin ignorant la menace,

C’est alors que j’ai dis : « vous qui venez chez moi,

Sans même prévenir, pardonnez mon émoi,

 

Je n’ai de vous que faire et point de grain à moudre,

Le temps n’est pas venu, je n’irai pas m’absoudre

Et ne saurai complice entrouvrir mon tombeau

N’attendez pas de moi que je tombe en lambeau,

 

De ressentir mon âme inscrite en toute chose,

Je méconnais l’effroi de la métamorphose,

Ici comme partout, qu’importe l’univers,

Nul ne m’empêchera de composer des vers !

 

C’est en bravant ses yeux de braises écarlates

Que d’un geste gaillard j’ai balayé les cartes

Le vide s’est ouvert monstrueux et soudain

Mais avant de tomber, j’ai retenu sa main…

Sam 21 nov 2009 2 commentaires
Quelle magnifique poème sur la mort. Quelle bravoure!
Bravo, et merci beaucoup pour ce merveilleux, subblime partage.
lotjea - le 21/11/2009 à 10h26
Merci à vous de donner résonnance à mes mots...
Amitiés poétique
Philippe Lemoine

aimer la " dame en noir " c'est braver le danger 
et lui prendre un baiser   dans le secret du soir
sur le feu du rasoir !... A du la déranger !  ;-)

c'est ce qui t'a sauvé!!
j'ai pu te retrouver 


adeline - le 23/11/2009 à 08h52