Le blog de Philippe Lemoine
Vous ai-je déjà dit, Madame, pour vous plaire,
A quel point sont plaisants vos gestes délicats,
J’en mesure l’esprit, l’indécence exemplaire,
Le raffiné lazzi dont je ne fais pas cas…
Si belle est votre moue en cet instant magique,
De vous voir chiffonner votre exquis petit nez,
Je ne puis qu’en priser l’adorable mimique,
De vous mettre à bouder, déjà vous m’étonnez…
Bien que je vous préfère autrement que mégère,
J’admets apprécier votre bonne santé,
Vous avez beau cherché, je n’ai pas de colère,
J’aime de vos éclats l’ineffable beauté…
Vous pouvez bien jouer, féru de vos supplices,
Par vos frivolités depuis toujours charmé,
Les éclairs dans vos yeux ne sont que mes complices,
A quoi bon m’escrimer ! Vous m’avez désarmé…
D’un sourire, d’un mot, belle en cette matière,
Vous minaudez si bien sans même en avoir l’air,
Qu’à vous, je me soumets d’une tendre manière,
Ne vous y trompez point, en vos jeux, je vois clair…
C’est d’un vaste plaisir que de vous, je m’enivre,
De votre grâce épris, fasciné, j’en omets
Le caprice ingénu que vous me faites vivre,
Amusé, d’un soupir, à vous je m’en remets…
Je vous en fais l’aveu, je ne puis vous maudire,
Ne vous adjurez point ! De vous, je suis troublé
Ma mie, éveillez vous ! Quoique je puisse dire,
De vous voir badiner, mon amour est comblé…
Je vous réponds « je suis un kaléidoscope »,
Jouant du quiproquo, pianotant sur la gamme
Des mille et un contrastes qui habillent la femme.
Je suis le grand silence, je suis aussi le bruit...
Je suis le clair obscur, le soleil de minuit,
Je suis mille parfums et puis l’écho de l’âme,
Je suis le froid qui glace et le feu de la flamme.
A la porte des songes et sous l’alcôve traînent
Mon refrain et mon chant que bercent les sirènes ;
Et je mets sur ce lit les couleurs d’un matin,
Dressant autour de lui les plus beaux baldaquins.
J’ai visité les siècles parmi les courtisanes,
Tour à tour intrigante, confidente et sultane ;
D’une candeur mêlée à des sous-entendus,
Je descends puis remonte et redescend têtue.
Ainsi que la vertu, l’amour a ses degrés ;
Je pourrai à loisir, si vous m’y invitez,
Levant alors le voile de la pure innocence,
Passer subitement à l’extrême licence
Poursuivant à l'abri mon voyage dans l'ombre
Pour que du bout des lèvres le rêve se prolonge ;
- Sur le fil de l'aurore je suis ce que tu crois,
Une dentelle, un soupir, un sourire narquois
Moi, marquise sans age au fond de ma pénombre,
Mon bleu reflet poursuit son voyage dans l’ombre
Sur le fil de l'aurore, je suis ce que tu vois
Un chemin une route ou l'ombre de tes pas...
Jouant du quiproquo, pianotant sur la gamme
Des mille et un contrastes qui habillent la femme.
Certes l'auteur l'appréhende différemment, mais le sujet reste le même
celui de la femme-enfant qui badine avec l'amour et, qui consciente de son pouvoir minaude en se jouant de l'amoureux transi...
ah combien nous pouvons être cruelle parfois..
.
je vous note le poême ici en vous laissant découvrir plus bas le nom de l'auteur...
( tout le monde le connait et pourtant peu ont lu ses oeuvres poétiques puisque sa célébrité et son renom n'ont pas été basé sur ses poésies
..mais comme il est de mon pays sans doute je le connais un peu mieux que la majorité )
alors qui est l'auteur de ....
À CÉLIMÈNE.___
Je ne vous aime pas, ô blonde célimène,
Et si vous l'avez cru quelque temps, apprenez
Que nous ne sommes point de ces gens que l'on mène
Avec une lisière et par le bout du nez ;
Je ne vous aime pas depuis une semaine,
Et je ne sais pourquoi vous vous en étonnez.
Je ne vous aime pas ; vous êtes trop coquette,
Et vos moindres faveurs sont de mauvais aloi ;
Par le droit des yeux noirs, par le droit de conquête,
Il vous faut des amants. (On ne sait trop pourquoi.)
Vous jouez du regard comme d'une raquette ;
Vous en jouez, méchante et jamais avec moi.
Je ne vous aime pas, et vous aurez beau faire,
Non, madame, jamais je ne vous aimerai.
Vous me plaisez beaucoup ; certes, je vous préfère
À Dorine, à Clarisse, à Lisette, c'est vrai.
Pourtant l'amour n'a rien à voir dans cette affaire,
Et quand il vous plaira, je vous le prouverai.
J'aurais pu vous aimer ; mais, ne vous en déplaise,
Chez moi le sentiment ne tient que par un fil
Avouons-le, pourtant, quelque chose me pèse :
En ne vous aimant pas, comment donc se fait-il
Que je sois aussi gauche, aussi mal à mon aise
Quand vous me regardez de face ou de profil?
Je ne vous aime pas, je n'aime rien au monde ;
Je suis de fer, je suis de roc, je suis d'airain.
Shakespeare a dit de vous : « Perfide comme l'onde » ;
Mais moi je n'ai pas peur, car j'ai le pied marin.
Pourtant quand vous parlez, ô ma sirène blonde,
Quand vous parlez, mon coeur bat comme un tambourin.
Je ne vous aime pas, c'est dit, je vous déteste,
Je vous crains comme on craint l'enfer, de peur du feu ;
Comme on craint le typhus, le choléra, la peste,
Je vous hais à la mort, madame ; mais, mon dieu!
Expliquez-moi pourquoi je pleure, quand je reste
Deux jours sans vous parler et sans vous voir un peu.
l'auteur......
Votre culture comme votre sensibilité me ravit...
A bientôt j'espère
Charmeur, attendri, pas dupe pourtant...
Que voila une jolie façon de calmer un caprice..