Le blog de Philippe Lemoine
De toi, mon cœur résonne encore, funambule,
Comme étreint par le vide, arrêté, suspendu,
Je reste là saisis, sans rien dire, perdu,
Un trouble sentiment doucement déambule...
Fugace ton baiser me laisse entre deux mondes,
Somnambule, je pars, orphelin, dérouté,
Etrange impression de vivre en aparté,
De glisser, submergé vers des sources profondes…
Je suis, soudain, en terre, inconnue, étrangère,
Je ne sais plus quoi faire, il me faut respirer,
Apprivoiser la vague et me désaltérer
Aux puits du ressenti de l’humeur passagère…
Je quitte le chemin des mornes habitudes
Et le long de l’étang, je marche au fil de l’eau,
Sur la rive, je cueille une plume d’oiseau,
Je regarde le ciel, la mer des solitudes…
Aucun envoi ne vient disperser le silence
Des mots qui se sont tus mais s'éternisent là
Nomades, tristement beau, vivant au de-là
Du réel, plein d’espoir, d’amour et d’opulence…
Mélangeant l’encre vide aux cernes de mes nuits
Déversant sur mes yeux la peur de n’y rien voir
Il pleure sur ma feuille la froideur et l’ennui
Aux vitres délavées par les doigts de la pluie
Mon cœur à petit pas vient cogner sans y croire
L’absence répondra demain comme aujourd’hui
Referme ton futur, il est déjà trop tard...
Dans le tombeau ouvert de l’irréalité
Ton élixir sans fin s’écoule goutte à goutte
Un dernier soubresaut sur ma page froissée
Vient colorier mon sang au bleu rouge des doutes
Et dans chaque minute mon esprit sur sa route
Poignardera l’oubli avant de s’y noyer
Ton silence têtu enfoncera le doute
Car ce qui fut hier ne sera plus jamais
Le temps déposera sa chape de chagrin
La douleur de l’absence enfoncera sa lame
En refermant sa porte sur mon cœur orphelin
Ceux que j'entends au loin, ceux où tu ne viens pas ...