Le blog de Philippe Lemoine
A ceux qui font l’effort de voir et puis d’entendre,
Penché sur le métier s’échinent rigoureux
Et cherchent la beauté seulement pour comprendre,
Appréhender le sens du monde ténébreux.
A l’inventeur perclus cheminant dans le doute
Mais qui sans compromis porte en lui l’idéal
A l’être créatif que l’inculte redoute,
A celui qui nourrit le verbe capital.
A ceux qui, pas à pas, cheminent dans l’exigence
Et de sang et de sueur forgent par le travail
L’ancestral savoir-faire au lieu de l’indigence
Et portent le souci du plus petit détail.
A celui qui fait front en toute circonstance
Et demeure fidèle à ses rêves d’enfant,
A celui qui donne à son œuvre consistance,
A celui qui ne peut se vendre au plus offrant.
Et enfin à tous ceux de même appartenance
Qui du ciel à la terre imaginent le lien,
Ressuscitant ainsi l’antique souvenance,
Qui libère le mortel de l’acte régalien :
Insigne clarté, l’art, résonance de l’âme,
Dévoile dans la douleur les sentiments du cœur,
Sensibles et tremblants, comme l’eau de la flamme,
Ces univers cachés dont l’artiste est vainqueur