Lorsque lasse la nuit redresse ses vertèbres,
Qu’elle s’étire comme un chat vers l’Occident
Et qu’elle fait son lit le jour pour confident,
De ses poches, soudain s’éloignent les ténèbres,
Un sillon de cobalt maquille ses paupières
Puis, quand elle secoue, avec soin, son mouchoir,
Jaillissent des oiseaux de sa robe en pochoir,
De son royaume un œil embrase les frontières,
Dans le ciel des maillons font des colliers d’agates,
Aux confins de ses doigts brillent des anneaux d’or,
Tandis que doucement, sans bruit, son cœur s’endort,
Il pleut des papillons et du soleil en grappes
Coule dans les vallons. Des gerbes de glycines
Et des ruisseaux d’iris jaillissent des coteaux,
Sublime, la nature entrouvre ses manteaux ;
Dans les prairies, plus loin, s’égaient des capucines…
D’un battement de cils, la terre, au fil du paysage,
S’éveille et se transforme en immense jardin,
Sur son corps déambule un joyeux baladin
Qui, dès l’aube naissante, effeuille son corsage…
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