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Les correspondances...

Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 01:35

Lorsque lasse la nuit redresse ses vertèbres,

Qu’elle s’étire comme un chat vers l’Occident

Et qu’elle fait son lit le jour pour confident,

De ses poches, soudain s’éloignent les ténèbres,

Un sillon de cobalt maquille ses paupières

Puis, quand elle secoue, avec soin, son mouchoir,

Jaillissent des oiseaux de sa robe en pochoir,

De son royaume un œil embrase les frontières,

Dans le ciel des maillons font des colliers d’agates,

Aux confins de ses doigts brillent des anneaux d’or,

Tandis que doucement, sans bruit, son cœur s’endort,

 Il pleut des papillons et du soleil en grappes

Coule dans les vallons. Des gerbes de glycines

Et des ruisseaux d’iris jaillissent des coteaux,

Sublime, la nature entrouvre ses manteaux ;

Dans les prairies, plus loin, s’égaient des capucines…

D’un battement de cils, la terre, au fil du paysage,

S’éveille et se transforme en immense jardin,

Sur son corps déambule un joyeux baladin

Qui, dès l’aube naissante, effeuille son corsage…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Poudre d'Arc en Ciel
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 17:35

 

Dans ce pays mouillé, de grands ormes chenus

Capturent les oiseaux aux bords des marécages,

Sur des tapis volants, des elfes viennent nus,

Entre deux lunaisons, roder près de leurs cages…

Certains passent leurs mains entre les croisillons,

Bruissements de satin aux liserés des plumes,

D’autres rampent sur l’eau, comme des bataillons,

Et couvrent les roseaux de leurs manteaux de brumes…

De tulle et de coton, des voiles vaporeux   

Caressent les contours des rives imprécises

Où des saules-pleureurs s’épanchent langoureux

En regardant couler les heures indécises

Qui, le long des rameaux, suintent dans les marais

Sans jamais en percer l’ombrage et les mystères…

En cet endroit sauvage, où s’estompent les rais,

L’humide et la fraîcheur ensemencent les terres…

Quand la brise gazouille à travers les rameaux,

L’on entend s’élever un chant tendre et fugace,

Oscillant de la tête aux pourtours des canaux,

Sur les berges, les joncs jouent de la contrebasse,

Les herbes, en chorus, sortent leurs violons

Et des feuilles de cuivre esquissent une danse…

Valses ou longs tangos, il pleut des papillons

Qui tourbillonnent puis se posent en cadence

Aux pieds des nénuphars dont les cœurs paresseux

Tanguent au rythme lent des saisons languissantes…

Mon âme lasse glisse en des chemins suiffeux

Et se disperse au fil des aubes frémissantes,

Froissements de draps blancs dans le jour pâlissant,

En chemise de soie, une belle ingénue

A laissé derrière elle un parfum renversant ;

Le palud a les yeux d’une femme inconnue…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : l'art de partager son art
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 03:11

Pleine lune rousse, ce soir,

Chemise blanche et jabot noir,

Je vais danser dans les clairières

Ombragées au bal des sorcières…

Dans un brassier incandescent,

Je brûle mon cœur sénescent…

Sur mon front une diablesse

Pose ses mains avec souplesse

Puis, en récitant d’étranges mots,

Elle prépare dans des pots

Rouges sang de terre argileuse

Une mixture enjôleuse,

Mélange d’herbes et de fleurs

D’où s’échappent ensorceleurs,

Parfums de plantes insolites,

Des effluves hétéroclites…

J’ai l’impression de sombrer

Et j’entends des voix palabrer,

Longs murmures incantatoires,

Elles racontent des histoires ;

Toutes parlent d’un corridor,

D’une table et du nombre d’or…

Dans mon rêve, un nouveau visage

Apparait, l’on me tend un breuvage,

Assis dans l’ombre en contre-jour

Je sirote un philtre d’amour…

Homme rajeuni par la flamme,

À l’incube je vends mon âme...

Immergé, couché dans un lit,

Je cueille le fruit interdit

D’un baiser troublant qui m’aimante

Aux lèvres d’une femme amante…

Dressées les pointes de ses seins

Frissonnent sous mes doigts, ses reins

Se cambrent. Comme sous l’emprise

De son désir, je lâche prise…

Les étoiles au firmament

Vacillent. Divin sentiment

De renaître, emporté par l’onde

Chaotique, au centre du monde…

Plaisir et sensualité

M’enfantent dans la volupté ;

Le corps et l’esprit en osmose,

J’en bénis la métamorphose…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 00:23

De la vie à la mort, la fusion des astres,

Tout le long de la route et de joies en désastres,

L’immanence vitale et la couleur des cieux,

Le visage de ceux que l’on désigne dieux,

Le chaos, le néant, les mauvaises fortunes

Et si tout dépendait du bon vouloir des runes ?

Créateurs d’infinis, poètes décidés,

Lancez autant de fois que possible, les dés

Sur la table et s’il le faut, trichez ! L’imaginaire

Se moque et méconnait le hasard arbitraire !

Alchimistes des mots, puisez la liberté

À la source de l’art où l’œuvre, en aparté,

Brise chaque maillon du cycle despotique ;

    Transmutez la poussière en miroir prophétique…

Au carrefour des vents, souffles phosphorescents,

Ensemencez le ciel d’éclats incandescents, 

D’encre et de sang, tracez les routes admirables

Et donnez consistance aux voix impénétrables….

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : IMAGE.POESIE
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Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 01:27

À pas feutrés, sans bruit, des lanternes griffonnent

La ligne d’horizon. Mamelons verdoyants,     

Les courbes des coteaux, nonchalantes, chiffonnent

Puis estompent la nuit. Des brassiers flamboyants

Enluminent mes yeux. Dame lune, coquette

Demoiselle, se voile et rejoint son manoir,

Elle semble glisser, gracile silhouette,

Sur le jaspe améthyste enfanté par le noir.

La nature s’éveille et le monde bascule,

La rosée étincelle aux calices des fleurs

Le souffle guilleret de Zéphyr déambule

Entre les frondaisons et en sèche les pleurs.

La robe de la mer se plisse et se dentelle.

Virgules dans le ciel, une escadre d’oiseaux

File vers l’orient ; comme la vie est belle !    

Dominant la lagune, assis entre deux eaux,

 Je respire au matin la fraîcheur des jacinthes

Et l’or en fusion du soleil renaissant

Qui lambine joyeux parmi les térébinthes

Les pins et les figuiers sous un ciel bleuissant…  

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les correspondances... - Communauté : Poétiquement vôtre !
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