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Insurgé Poétique

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 02:44

Je m’éveille… Au plafond une lampe blafarde,

Une porte, un couloir, au loin une clarté,

Des visages connus jaspent l’obscurité,

Défilent sur les murs puis, comme par mégarde,

S’estompent sans un mot. Me voici seul, perplexe,

Apparait cette femme au sourire enjôleur,

Elle me tend la main, m’invite avec chaleur,

Je la suis dans l’alcôve où, libre, sans complexe,

Me fixant de ses yeux sombres, elle m’effeuille

Lentement du regard, serais-je son butin ?

Je ne sais où je vais mais je sens mon destin

Entoilé, suspendu, frémir comme une feuille

Que la brise bouscule à la fin de l’automne.

Etrange sentiment, je succombe envoûté.

Attiré, subjugué par sa noire beauté,

J’en omets ma peur mais ma voix demeure aphone.

Elle sourit, me toise et pose sur la table

Un jeu de cartes puis, me convie à m’asseoir,

J’en devine l’absurde enjeu choisi ce soir

Ma vie est donc la mise, attrait inacceptable :  

Pensez-vous, un instant, que je puisse Madame,

Même pour vous distraire, avoir la volonté

Stupide de jouer alors, qu’en vérité,

Charmé, je vous l’avoue, et que le ciel me damne,

Je ne pense qu’à vous baiser. Périr m’importe

Pourvu que dans vos draps sans connaitre l’ennui

Je puisse d’un soupir lors d’une ultime nuit

Me réveiller vivant dans les bras d’une morte…  

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 01:55

Sous un ciel orageux, lors d’une nuit instable,

Sibylline, la mort s’est assise à ma table,

Elle a pris dans sa manche un vieux tarot divin   

J’ai sorti du placard le couvert et du vin…

 

Sans un mot ni regard, j’ai rempli les deux verres

Puis j’ai feins d’ignorer ses œillades sévères,

D’être venue à moi pour jouer mon trépas,

Pensait-elle vraiment me priver d’un repas ?

 

Dédaigneuse et prenant des façons de monarques,

Avec soin, lentement, sans faire de remarques,

Elle pointa vers moi son index contrefait

Et se mit à sourire hautaine de ce fait…  

 

Lentement, j’ai goûté, plutôt fier de l’audace,

La pulpe du raisin ignorant la menace,

C’est alors que j’ai dis : « vous qui venez chez moi,

Sans même prévenir, pardonnez mon émoi,

 

Je n’ai de vous que faire et point de grain à moudre,

Le temps n’est pas venu, je n’irai pas m’absoudre

Et ne saurai complice entrouvrir mon tombeau

N’attendez pas de moi que je tombe en lambeau,

 

De ressentir mon âme inscrite en toute chose,

Je méconnais l’effroi de la métamorphose,

Ici comme partout, qu’importe l’univers,

Nul ne m’empêchera de composer des vers !

 

C’est en bravant ses yeux de braises écarlates

Que d’un geste gaillard j’ai balayé les cartes

Le vide s’est ouvert monstrueux et soudain

Mais avant de tomber, j’ai retenu sa main…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 02:24

Je ne veux pas la gloire au prix de l’impudeur,     

Païens, n’espérez point que pour me faire entendre

Je gaspille mon art comme un visqueux rodeur 

En quête d’un larcin prêt à tout pour se vendre…

 

D’un revers de la main j’écarte les honneurs

Et réprouve d’un mot tous ceux qui vont s’étendre,

A vos pieds mécréants, mondains et flagorneurs,

Complimentant le vide impossible à comprendre…

 

Vous dont l’Ego se vautre au puits de la laideur,

Et souille la poésie, allez donc scolopendres,

N’attendez pas de moi que je puisse flatteur,

De vos maigres talents enluminer les cendres…

 

Au risque de déplaire à vous les galvaudeurs,

Pitoyables reflets que cette époque engendre,

 Plutôt que de céder, sans rêves de splendeurs,

A la médiocrité, je préfère me pendre…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Sonnets et beaux vers
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 01:52

Transgressant l’interdit voulu par les tyrans

Je transcris la clameur et porte la parole

Des peuples opprimés dont mes mots sont garants ;

Nul ne pourra jamais en ternir le symbole…

 

Poétique révolte, acte de résistance,

Mes vers comme flambeau, mes rimes pour mousquets,

Je n’aurai pour César la moindre complaisance,

Désignant l’infamie et ses nombreux laquais,

 

Je persiste et je signe et je porte le seau,

Indélébile empreinte inscrite dans mes veines,

Je me moque du vent car je suis un roseau

Qui déclame son verbe absous de toutes chaînes

 

Face à l’adversité des hommes sans raison,

Envers et contre tous défiant la tempête

Debout je fais toujours front et même en prison,

Libre je resterai puisque je suis poète !

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Les artistes engagés
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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 01:41

 C’est libre de m’épandre au-delà du destin

Que je tisse la chaîne unissant toute chose

Et du sentiment d’être alimentant ma prose

Je partage avec tous l’admirable butin.

       

Quelque soit la couleur de peau, frères humains,

Sans grande différence, issus d’un même gène

Aux yeux de l’infini, nous sommes dans ses mains,

Pauvres ou bien puissants que miettes d’oxygène…

 

Seule une illusion nous sépare du Tout,

Et nous causent douleur. Par delà la frontière

Contraire à la nature, ici comme partout,

Nous sommes les enfants de la clarté première…

 

Hommes, ressuscitons, de ce lien égaré,

L’ancestrale mémoire inscrite sur la pierre,

L’eau de la source vive au reflet mordoré,

L’arbre séculaire et l’argile de la terre…

        

De par l’art, retrouvons le souffle créateur,

Du don originel préservons l’étincelle,

Le germe primitif de l’amour concepteur

Dont chaque être en soi porte une infime parcelle…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Inspirations poétiques
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