Je m’éveille… Au plafond une lampe blafarde,
Une porte, un couloir, au loin une clarté,
Des visages connus jaspent l’obscurité,
Défilent sur les murs puis, comme par mégarde,
S’estompent sans un mot. Me voici seul, perplexe,
Apparait cette femme au sourire enjôleur,
Elle me tend la main, m’invite avec chaleur,
Je la suis dans l’alcôve où, libre, sans complexe,
Me fixant de ses yeux sombres, elle m’effeuille
Lentement du regard, serais-je son butin ?
Je ne sais où je vais mais je sens mon destin
Entoilé, suspendu, frémir comme une feuille
Que la brise bouscule à la fin de l’automne.
Etrange sentiment, je succombe envoûté.
Attiré, subjugué par sa noire beauté,
J’en omets ma peur mais ma voix demeure aphone.
Elle sourit, me toise et pose sur la table
Un jeu de cartes puis, me convie à m’asseoir,
J’en devine l’absurde enjeu choisi ce soir
Ma vie est donc la mise, attrait inacceptable :
Pensez-vous, un instant, que je puisse Madame,
Même pour vous distraire, avoir la volonté
Stupide de jouer alors, qu’en vérité,
Charmé, je vous l’avoue, et que le ciel me damne,
Je ne pense qu’à vous baiser. Périr m’importe
Pourvu que dans vos draps sans connaitre l’ennui
Je puisse d’un soupir lors d’une ultime nuit
Me réveiller vivant dans les bras d’une morte…
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