Tailleur et bas de soie, elle marche dans mon ombre, En cadence, son pas martèle le pavé. Je frémis. Dans mon cou son souffle dépravé, Aiguisé comme un dard, m’invite au désir sombre De ...
L’orgueil est son royaume et l’enfer son destin : Tout juste éclos de l’œuf son Ego versatile, Assoiffé de pouvoir, se comporte en catin, Victime du bourreau qu’il enfante servile. Il ...
Sortilège des sens, arc-en-ciel des saveurs, De l’amer au sucré, la goûteuse palette Dont les tanins mêlés nacrent la violette Robe de sang, de pourpre et d’ocre avec ferveurs. ...
De la pluie et du vent qu’importent les raisons, Car la terre agonise et les hommes s’en moquent, Assoiffés de pouvoir les Ego s’entrechoquent, Tout commence et s’achève au rythme des ...
Lorsque l’orgueil blessé je me sens en danger, Solitude, château de mon âme meurtrie, Je fumige en ton sein la meurtrissure aigrie Et je rode aux pourtours de ce monde étranger… Pour ...
Dans ma tête, les mots ont d’étranges silences, Est-il un lieu secret inconnu des voleurs Où fleurissent en paix de fertiles semences, Une flamme, un amour sans ennuis ni douleurs… ...
J’ai suspendu le monde au vouloir de mon être, Rien ne peut exister si je ne dis peut-être, L’essence poétique, humaine abstraction Est calligraphiée en simple impression… Tout est ...
Sous un ciel orageux, lors d’une nuit instable, Sibylline, la mort s’est assise à ma table, Elle a pris dans sa manche un vieux tarot divin J’ai sorti du placard le couvert et du vin… ...
Je ne veux pas la gloire au prix de l’impudeur, Païens, n’espérez point que pour me faire entendre Je gaspille mon art comme un visqueux rodeur En quête d’un larcin prêt à tout pour ...
Transgressant l’interdit voulu par les tyrans Je transcris la clameur et porte la parole Des peuples opprimés dont mes mots sont garants ; Nul ne pourra jamais en ternir le symbole… ...
Le temps était au sang, d’une sombre couleur, Ce soir venait l’huissier présage du malheur, Ne croyez surtout pas que je vais à la fête, Chaque jour je m’échine et pourtant je m’endette… ...
Mes yeux sont des miroirs où le ciel se dépose Et cherche les couleurs que mon âme compose, Il est là suspendu sage comme un marmot Indécis, nébuleux, dans l’attente du mot, Qui, du jour, ...
Sur le fil d’un baiser, monte des profondeurs La vague, l’océan qui sur la route emporte Tout, lève l’interdit, les miettes de pudeurs Résidus d’un passé dont je ferme la porte… ...
Aléatoire jeu, destinée ou hasard, Les runes et les mots s’émiettent sur la table, Il suffit simplement de croiser un regard Et l’esprit, d’un frisson, imagine la fable Inscrite en ...
D’un ongle peint l’aurore érafle le voilage Ajouré de la nuit pâlissante, entoilage Nimbé d’or le soleil taraude de ses dards L’ultime obscurité, l’œil aux mille regards Empourpre ...
Fragrances d’un parfum, senteurs à fleur de peau, Inaudibles soupirs, robe blanche, angélique, Fugace silhouette au trop large chapeau, Sous ma paupière glisse un visage idyllique… A ...
Océan bleu, douceur, volupté, plénitude Offerte au quotidien, il suffit simplement De l’espace écouter le souffle et l’amplitude, Cette émanation liée au sentiment De résonnance, ...
Vous ai-je déjà dit, Madame, pour vous plaire, A quel point sont plaisants vos gestes délicats, J’en mesure l’esprit, l’indécence exemplaire, Le raffiné lazzi dont je ne fais pas cas… ...
Je veux, apprivoiser, mon Amour, ton regard, Que sans moi, jamais plus, lointain, il ne s’égare, De l’absence, abroger l’impression bizarre, Ne plus être, sans lui, misérable et hagard… ...
Sibylline inconnue entrevue par hasard, Avant que dans vos yeux mon vœu ne s’édulcore, Me ferez-vous le don d’un modeste regard, Aurai-je la faveur de vous charmer encore… ? Exquise ...
Etincelles de vie effilées comme la nuit, longues femmes d’ébène, à la fois racines, matrices et flammes, nourries par le soleil, extirpées du sable et de la poussière…, elles enfantent ...
D’opale, cette nuit, au firmament la lune Dévoile avec douceur sa chevelure brune, Frêles foulards glissez sur son œil transparent, Laissez là ! S’enlacer à sa tige autrement… D’un ...
Charmante courtisane, en un mot, irons-nous Ressusciter l’amour en ces temps, à genoux ? Sur ma lèvre déjà, mon désir en fredonne La douceur de l’extase et…, mon cœur en frisonne… ...
Sublime concerto de jardins assoupis, Sur le tapis écru d’une verte pelouse, La fleur de l’oranger exalte sans dépits, Les parfums éthérés d’une belle andalouse… Confondu par la ...
Enclos cristallisé de chaleur et de sable, Grain par grain, façonné, fruit d’une main instable, Ecran, écho de vent aux creusets du miroir, Versatile reflet poudroyant dans le noir… ...
Ô ! Verbe émancipé sous le feu du désir, Inflexible besoin, enlumineur d’instants, Impalpable rumeur aux visages, flottants, Décline mon humeur, entre doute et plaisir… Résonance d’un ...
En moi-même, esseulé, de dédain recouvert, Sur une île, interné, je vivais comme un ver, Sur un rude récif de silex, sans mémoire, Mon regard était clos et mon cœur sans histoire… ...
Les membres atrophiés Le hasard pour destin Le regard terrifié Et l’espoir prisonnier Au mépris condamné Sans avenir ni présent J’arpente la vie Tremblant à chaque instant ...
Elle, tristement belle, ondule sur sa tige, Lui, vacille, soudain, comme pris de vertige, Elle, l’entend, chuter, lourdement dans l’ennui, Lui, l’écoute pleurer, désarmé dans la nuit… ...
Un pas, un chant, un temps, tempo, comme un écho, Une plainte autrement, comme un air de fado, Ondule à contre temps, tourbillonne, éprouvante, Lancinante, une voix, virevolte, émouvante… ...
L’ecchymose des maux Vogue sur les mots, Maux à maux Enlacés aux mots, Mot après mot Se dépose les maux… Il y a les mots Mais aussi les maux, Les mots qui ...
Enfant du silence Enfant de la différence Le regard ailleurs Je suis né par hasard Mon présent est souffrance Mon futur sans espérance Comme tous les autres enfants De l’amour ...
A quoi bon, de mes yeux, assécher le ruisseau, Si je ne puis trouver la vertu du courage, Il me faut résister aux douleurs de l’outrage, De mon cœur, extirper la lame du ciseau… Ma ...
Au gibet du destin, ô ! Combien de blessures, D’improbables bonheurs et d’espoirs clandestins, Suspendus, moribonds comme menus fretins, S’épuisent, sans espoir, atteints de moisissures… ...
Le vide comme effroi, d’un rêve, énamouré, Le besoin de paraître épouse des chimères, Tout le long du chemin, par la mort, apeuré, Famélique, l’esprit se nourrit d’éphémères… Pourquoi ...
Le divin aurait t’il décidé de mon sort ? Une porte s’entrouvre et m’invite, intraitable, Devant moi, un chemin se dessine, impalpable, Je sillonne, ébahi, l’indécis corridor… ...
Devant moi, le chemin se perd dans les roseaux, Un amas de rochers enlace la rivière, Glissant entre les joncs s’éloignent les oiseaux, Aux pieds du vert coteau, l’eau s’allie à la pierre… ...
Monte des profondeurs l’intenable marée, Flamboiement de l’attrait en quête de plaisir, D’une effleure ta peau, d’opale chamarrée, Papillonne au toucher de l’intense désir… De ton ...
Que font les immigrés sur le quai d’une gare… ? La valise à la main, ils guettent l’avenir, Tout le monde promis comme un vieux souvenir, L’omnibus en partance et l’étoile d’un phare… Où ...
Des mes égarements, j’établis l’inventaire, Dans mon cœur, tout est froid, d’une maigre couleur, Sur d’ennuyeux chemins je rode solitaire, De mes rêves d’enfant j’ai perdu la chaleur… ...
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