Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 01:27

 Cinquante ans sont passés, j’en maudis ma mémoire.

Sans fin j’ai ressassé cette terrible histoire,

Je m’en souviens toujours, c’était un traquenard

Dont je conserve intact l’horrible cauchemar.

C’était une nuit d’été, nous étions en famille,

Rieuse, je n’étais qu’une petite fille…

Tandis que je dormais brusquement j’ai senti

Un homme se glisser, près de moi, dans mon lit.

Je n’avais que huit ans, je ne savais que faire,

J’ai reconnu sa voix, il m’a dit de me taire.

Je ne comprenais pas ce qu’il faisait ici,

Quand il m’a caressé, sous le choc, j’ai frémi.

Je ne pouvais bouger car sa main sur ma bouche

M’empêchait de crier, me clouait sur la couche.

Il se frottait sur moi. Son souffle dans mon cou

M’inspirait, haletant, la peur et le dégoût.

Il salissait ma peau, j’étais la prisonnière

De ses gros doigts rugueux. De façon ordurière,   

Il profanait mon corps : c’était un animal !

Je désirais mourir tant il me faisait mal.

Il me volait l’enfance, il n’était plus mon oncle.

Empressé d’en finir, il m’écorcha d’un ongle,

Il m’écarta sous lui, tandis qu’il m’empalait,

Je l’implorais des yeux et lui : il me violait !…    

Lors que revient la nuit je pourchasse cette ombre

Qui m’entraîne toujours vers la chambre sombre

Où j’ai, jadis, connu la terreur et l’effroi

Et, trop jeune, perdu l’innocence et la foi….

Partager cet article

Repost 0
Published by Philippe Lemoine - dans Vaincu par l'orage...
commenter cet article

commentaires