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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 02:51

L’automne pose un drap mouillé sur le visage

Des choses et mon cœur observe, chagriné,

La rouille corroder les yeux du paysage,

Sentiment de vieillir solitaire, abandonné

Comme un chien boiteux, sur le bord d’une route.

Des rafales de vent secouent la frondaison,

Arrive la saison que mon âme redoute,

La vieillesse se couche au pied de ma maison.

Je ressemble à cet arbre au vieux tronc plein d’arthrose

Qui lève vers l’éther de douloureux moignons

Qui ne font que griffer le ciel bas et morose ;

Du pain blanc de jadis je mange les guignons

Moisis. Au beffroi sonne une cloche lugubre,

La fraîcheur et l’humide, en torchons de brouillard,

Enclosent les jardins. Une odeur insalubre

De champignons chancis escorte un corbillard

Qui, grimaçant, avance, à pas lents, dans la brume…

Dans l’opacité grise, un spectre suspendu

Rêve à cet escalier qui conduit à la lune,

Sous un arbre noueux se balance un pendu,

Les voix de l’au-delà psalmodient la prière

Des défunts, des corbeaux lui lacèrent le cœur

Et lui percent les yeux capturant la lumière,

Sur un trône, une femme au sourire moqueur

Le regarde gémir et partir en poussière…

Les hommes peuvent bien s’inventer un destin,

Qu’ils soient grands ou petits, tous vont au cimetière :

Sans même le savoir, je suis mort au matin…

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Published by Philippe Lemoine - dans Vaincu par l'orage...
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