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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 01:57

Minces reflets bleutés, subtile anamorphose,

Aquarelliste, l’aube, indécise, dépose

Ses doigts mouillés sur le trait d’horizon.

Le jour se lève, avance, allume son tison

Et la nuit, à pas feutrés, enclot son opuscule,

S’estompe, se retire et puis soudain bascule

Sous les ors du soleil. Paysage éthéré,

Diaphane, irisé de rose. Chamarré,

Le ciel semble épouser les crêtes et les cimes,

Délaver les reliefs, toiletter les abîmes. 

Des larmes de rosée emperlent les roseaux.

Des volutes de sel scintillent à fleur d’eaux. 

Deux barques sur l’étang, sous l’œil compréhensif,

De l’ancestrale tour de Dame Barberousse,

Sommeillent bercées par l’essoufflement lascif

D’Éole amouraché de l’aguicheuse rousse.   

Errance de l’artiste aux rives du tangible,

Effleures de pinceaux sur le monde invisible,

La lumière répand sa semence à foison

Et confère un visage aux ombres. Au diapason,

Un brin de brise anime et les arbres et les herbes.

La nature s’ébroue et se magnifie en gerbes.

Promenant, un matin, du côté de Gruissan,

Aux pourtours des Salins, en quadrille, valsant

Sur la pointe des pieds, j’ai vu maintes aigrettes,

Un ballet de flamands, des gerbes, guillerettes,

De myrtes et d’orchis dévaler les coteaux,

Les Pyrénées, au loin, dresser leurs chapiteaux…

Vision matinale, hors du temps, féérique,

D’un monde préservé, naturel et lyrique… 

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Published by Philippe Lemoine - dans Les correspondances...
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