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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 01:06

Va et vient incessants au sortir d’une alcôve

Des couples singuliers, en détournant les yeux,

Se croisaient au détour d’un rideau couleur fauve

Qui tout juste masquait leurs ébats licencieux…

 

La salle, elle-même, était glauqe et pesante,

Perverse, elle sentait le crime, le désir

Retenu, dépravé, l'impuissance angoissante,

le sexe consommé, vite fait, sans plaisir... 

 

Des femmes, au comptoir, exhibaient d’opulentes

Poitrines sous le nez d’hommes concupiscents

Qui ne se privaient pas, de façons insolentes,

D’explorer leurs dessous se montrant indécents…

 

Sur la scène une fille, en des poses obscènes,

Tentait, tant bien que mal, d’exciter un pigeon

Dont les intentions étaient plus que malsaines,

Le patron, quant à lui, reluquait son pognon…

 

À la porte un malfrat, aux airs patibulaires,

Se pavanait décochant des regards agressifs

Aux quidams sans le sou, les idées pas très claires,

Qui titubaient grisés va-nu-pieds et chétifs…    

 

Que vous dire de plus sur ce lieu de misère,

Dans l’attente du jour et d’un autre horizon,

Je noyais mon chagrin tout au fond de mon verre ;

Simplement j’étais là sans espoir ni maison…

  

Une nuit, égaré, dans un bouge minable,

Je buvais seul assis dans un coin malfamé,

Le vin était mauvais, le décor détestable,

L’atmosphère vulgaire et le bar enfumé…

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