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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 02:54

Sur le sable, au hasard d’un chemin, j’ai jeté

Les runes, l’horizon sur lui-même vacille,

Il me semble entrevoir l’ombre d’une faucille

Au dessus de ma tête et je chute hébété

Dans l’abîme, le ciel, encré, sans profondeur

Ni perspective, est noir, impression étrange

De flotter sur un radeau, j’ouvre les yeux, un ange

Ou peut-être un gardien est là puis une odeur

De souffre me surprend, je vois mon corps couché

Sur les rives d’un fleuve immobile et sombre,

Pas un reflet ne vient égayer la pénombre,

Le paysage est vide et l’avenir bouché…

 

Ainsi passe la vie un jour on ouvre un œil,

On voit son quotidien et le monde s’écroule,

La tristesse et l’ennui, comme pierre qui roule,

Nous emporte loin au plus bas sur le seuil

Du néant et du rien qui le masque tombé

Nous abandonnent nus face à la solitude

A laquelle on survit d’une lâche attitude ;

Pourquoi nous faut-il croire à cet espoir plombé ?…

Lorsque dès le matin ne vient aucun désir,

Que tout nous paraît gris futile et dérisoire

Et qu’il nous faut encore inventer une histoire

Afin de se lever sans raison ni plaisir…

 

Intime confidence au nœud des vérités,

Me voici parvenu devant la porte close

Dont j’ai perdu la clef, ne reste plus grand-chose

A quoi me raccrocher sinon des fruits gâtés,

Une corde élimée, un miroir ébréché…

Je suis las, fatigué de chercher à comprendre

Cette vieille langueur pourrissante et peu tendre

Qui me fait chanceler comme un homme éméché.

L’âme et le cœur usé, je veux juste dormir,

Ne pas penser, flotter, seulement me suspendre

Ailleurs, inexistant et puis, surtout m’étendre ;

Sur le sein de Morphée à jamais m’alunir...

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Published by Philippe Lemoine - dans Vaincu par l'orage...
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