Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 08:44

Dans la maigre clarté d’une ampoule blafarde

Qui pendouille au plafond, ô misère, ô chagrin,

Dans un mauvais sommeil, vois cette femme hagarde !

La tête sur la table, elle cuve son vin…

 

C’est ainsi qu’elle oublie et la rue et le monde,

Le pain noir des forçats, tous ces hommes là-bas

Accoudés au comptoir, le vulgaire et l’immonde,

La mauvaise existence accrochée à ses pas…

 

Et lorsqu’un étranger, sans forme ni visage,

La jette sans façon sur un divan bancal,

Lui malaxe les seins, dégrafe son corsage,

La pénètre et l’outrage insensible et brutal ;

 

Passe, passe la vie émétique et cruelle.

 Pour un verre d’alcool ou bien de quoi manger,

Elle a vu tant de corps se répandre sur elle

Et reçu tant de coups la mettant en danger,

 

Qu’inerte, les yeux clos, elle expire à voix basse.

Glisse, glisse le jour, tombe, tombe le soir,

Aux pourtours de la nuit demeure son ombre lasse,

Qui titube et survit sur le fil d’un rasoir…

 

Tristement, je vous dis l’épouvante ordinaire

Mais aussi, au-delà, la sensible beauté

De la l’humaine laideur et j’écris, visionnaire,

La bêtise est l’enfer de notre société…

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

L'Absente 30/01/2012 21:55


Qu'ils sont beaux ces tristes mots...


Amicalement.


L'Absente.

Philippe Lemoine 30/01/2012 22:38



Malheureusement...


trop souvent les mots les plus tristes sont ...


Merci et mots gais à toi l'Absente


Amitiés poétiques


Philippe