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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 01:55

Sous un ciel orageux, lors d’une nuit instable,

Sibylline, la mort s’est assise à ma table,

Elle a pris dans sa manche un vieux tarot divin   

J’ai sorti du placard le couvert et du vin…

 

Sans un mot ni regard, j’ai rempli les deux verres

Puis j’ai feins d’ignorer ses œillades sévères,

D’être venue à moi pour jouer mon trépas,

Pensait-elle vraiment me priver d’un repas ?

 

Dédaigneuse et prenant des façons de monarques,

Avec soin, lentement, sans faire de remarques,

Elle pointa vers moi son index contrefait

Et se mit à sourire hautaine de ce fait…  

 

Lentement, j’ai goûté, plutôt fier de l’audace,

La pulpe du raisin ignorant la menace,

C’est alors que j’ai dis : « vous qui venez chez moi,

Sans même prévenir, pardonnez mon émoi,

 

Je n’ai de vous que faire et point de grain à moudre,

Le temps n’est pas venu, je n’irai pas m’absoudre

Et ne saurai complice entrouvrir mon tombeau

N’attendez pas de moi que je tombe en lambeau,

 

De ressentir mon âme inscrite en toute chose,

Je méconnais l’effroi de la métamorphose,

Ici comme partout, qu’importe l’univers,

Nul ne m’empêchera de composer des vers !

 

C’est en bravant ses yeux de braises écarlates

Que d’un geste gaillard j’ai balayé les cartes

Le vide s’est ouvert monstrueux et soudain

Mais avant de tomber, j’ai retenu sa main…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Insurgé Poétique - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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