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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:11

Le temps était au sang, d’une sombre couleur,

Ce soir venait l’huissier présage du malheur,

Ne croyez surtout pas que je vais à la fête,

Chaque jour je m’échine et pourtant je m’endette…

 

Dès que l’aube paraît au bas de l’escalier

Survivre est un combat, un souci journalier,

Mon dos à beau craqué sur le pied d’une vigne

Je n’ai pas récolté le droit de vivre digne…

 

Je ne sais plus que faire, en vain j’ai tant lutté,

Besogné sans repos dans la difficulté,

Tant de privations, d’inféconds sacrifices

Dont jamais je n’ai vu les maigres bénéfices

 

Alors le fossoyeur aujourd’hui peut venir

Je n’ai plus rien à perdre et si peu d’avenir,

Qu’il vienne contempler mes mortes espérances

Et consommer le fruit de mes vieilles souffrances,

 

Usé par le labeur, je suis l’homme vaincu

Qui marche tête basse et bientôt sera nu,

La terre est mon travail, puisqu’elle n’est plus que cendre,

Vendue au plus offrant demain j’irai me pendre…  

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Published by Philippe Lemoine - dans In Vino Véritas
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commentaires

KEPEKLIAN 26/10/2009 09:38


Très beau poème où l'élégance et la mélancolie se mêlent dans cette compassion que l'on a pour la Vie.
Véronique


Philippe Lemoine 22/11/2009 02:14


Sourire, joie de ces quelques mots offert Véronique


Jasmine 24/10/2009 14:02


Philippe ton poème est très beau et mérite d'être lu devant une assemblée de vignerons.
Il comporte néanmoins une faute "mon dos a beau craquer" et non craqué


Renard 24/10/2009 03:07


Tout sur terre est maintenant vendu au plus offrant...
Comme toujours, très beau ce poème
Bon WE à toi