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Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 13:43

Aux prémices de l’aube inscrite en demi-teinte,

Se pose sur mon cœur l’empreinte d’une main,

Sous ma paupière close, une fugace étreinte

Eveille ma mémoire au souvenir lointain…

 

Sur des sentiers pétrés soudain le vent chuchote,

Résonance des jours que je croyais anciens,

Des limbes ressurgit une vielle roulotte,

Autours d’un feu de bois chantent des musiciens…

 

Au rythme d’un cheval, guidés par une étoile,

Etrangers au village, à pas de loup, sans bruit,

Hommes, femmes, enfants, installés sous la toile,

Citoyens de nulle part ils sont venus la nuit…

 

Bien des gens au village on fait des commentaires,

    Ceux qui viennent d’ailleurs, qui peut dire pourquoi

Inspirent le soupçon des âmes sédentaires

Dont l’esprit trop souvent se manifeste étroit…     

 

Tzigane aux yeux de braise, une fillette

A traversé ma vie assise sur un banc

Ce n’était qu’une enfant, étrange silhouette,

Tout au fond de la classe à côté d’un mur blanc…

 

Je n’ai jamais osé m’asseoir tout près d’elle,

Et pourtant je voulais lui dire que j’aimais

Ses rubans colorés, sa coiffure rebelle,

Je n’ai pas fait ce pas regretté désormais…

 

Un matin la rumeur apporta la nouvelle,

Les gitans sont partis comme ils étaient venus

Chaque année au printemps j'appelle l’hirondelle

Mais l’horizon est désert, les chemins restent nus…

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : Poé-vie
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