Le divin aurait t’il décidé de mon sort ?
Une porte s’entrouvre et m’invite, intraitable,
Devant moi, un chemin se dessine, impalpable,
Je sillonne, ébahi, l’indécis corridor…
J’émerge, interloqué, d’un terrible sommeil,
A l’oreille, une voix, une femme, un archange ?
Me parle de ma peur d’une façon étrange,
J’ai beau levé les yeux, je ne vois plus le ciel…
Sur la berge, d’un fleuve, immense et limoneux,
Une barge, amarrée à un ponton de glace…
De l’obscur, le laquais me convie à ma place,
De lui, je ne perçois qu’un regard lumineux…
Comme entravée à l’encre opaque de la nuit,
La rive, lentement, s’édulcore et s’efface,
La barque, sans bruit, fend l’immobile surface,
Monocorde, le temps s’époumone d’ennui…
Flegmatique, à la proue, indolent, le passeur
Epouse la noirceur de son ombre muette,
J’augure sans la voir sa morne silhouette
Godillant sur le flot d’une calme lenteur…
Venus des profondeurs, d’une extrême pâleur,
Flottent de ci delà, des miettes de mémoire,
Sous l’aile de l’oubli s’estompe mon histoire,
De présent en ces lieux, je n’entends que mon cœur…
Homme d’un froid métal, le sens tu palpiter ?
D’un écho rebondir…, animer d’une ride
L’eau triste de l’aven, il n’est pas que timide,
Nulle douleur, nul deuil ne peut le garrotter…
Sans dieu ni suzerain, rêvant d’éternité,
Il puise son ardeur aux sources primitives,
Insoumis aux tyrans, à leurs lois punitives,
De son souffle de vie il maudit l’effronté…
D’une vive étincelle il corrode ses fers,
Il pleure, il marivaude et nargue les ténèbres,
Défunts ! Pour vous gardez, vos éloges funèbres,
Voyez-le ! Gai pinson survivant aux enfers…
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D’un rêve…
A toi, je veux paraître,
De toi, je peux renaître,
En toi, je veux exister
Et…, ne plus jamais pleurer…
Ne plus connaître le deuil
Et sentir battre ton cœur
J’aime t’écouter,
Tu me fais rêver…
Tes rêves sont mes rêves,
J’en désire la trêve,
Aux aurores qui s’achèvent,
D’autres…, déjà se lèvent…
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