Devant moi, le chemin se perd dans les roseaux,
Un amas de rochers enlace la rivière,
Glissant entre les joncs s’éloignent les oiseaux,
Aux pieds du vert coteau, l’eau s’allie à la pierre…
Sur le rivage, assis…, je demeure indécis,
Sur ma gauche, discrète, une trouée étroite…,
Vers où guider mes pas… ? Tout s’énonce, imprécis,
Un rang d’arbres, penché, converse sur ma droite…
Dans mon dos, un clocher, d’un écho faiblissant,
M’apostrophe un instant, déjà…, le jour s’efface…,
Couperosé, le ciel, d’un carmin vieillissant,
Trébuche moribond et l’obscur prend sa place…
Coupable du déclin, d’un doigt d’encre, la nuit
Grignote le géant…, sur ses pas, circonspecte,
D’une extrême pâleur, une opaline luit…,
Je fouille du regard l’opacité suspecte…
L’ombrage des buissons me désigne, étranger,
Embrumé, son visage épaissit le mystère,
Dans les taillis voisins…, quelque chose à bouger,
Devant moi, la colline est devenue austère…
Epelant l’alphabet de l’espoir, déjugé,
Egaré sur le fil d’un chemin sans empreinte,
Entre doute et clarté, par la nuit submergé,
D’un poème, ânonné, j’apprivoise ma crainte…
…………………..
D’un sanglot, d’un écho, d’une larme en ruisseau,
D’un envol, d’un credo chante comme un oiseau…
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