Partager l'article ! D'un pas lourd...: Engoncé dans sa veste, abruti de fatigue, Résultat quotidien d’un labour épuisant, Trop ...
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Engoncé dans sa veste, abruti de fatigue,
Résultat quotidien d’un labour épuisant,
Trop fourbu pour rêver, d’un pas lourd et pesant,
Il marche tête basse à travers la garrigue.
Trébuchant maladroit sur des mottes de terre,
Il ne sent plus ses pieds que le gel engourdis
Et ronchonne un blasphème inaudible tandis
Que craque son genou gauche au froid réfractaire.
Il ressent dans son corps les blessures de l’âge,
Comme, sans autre choix, se soumet le bétail,
L’usure d’une vie enchaînée au travail
De la treille, amoureux du plus petit cépage.
Mais plus que le labeur, du climat la rudesse,
Les morsures du Cers, l’âpreté du sentier,
La sueur et l’effort, les soucis du métier,
C’est le siècle actuel qui nourrit sa détresse.
Lui, qui depuis toujours soigne et nourrit sa vigne,
Qui face au vent contraire, envers et contre tout,
Pour un gain de misère, endetté jusqu’au cou,
Lui qui, vigneron, fier a toujours vécu digne
Au monde et ses valeurs n’a plus d’appartenance.
Sans ménager sa peine, il a beau s’échiner,
D’une saison à l’autre, élever, façonner
Dans ses foudres le vin avec persévérance,
Il se sait condamner par l’humeur versatile
D’une époque soumise à la loi du marché
Alors, las de lutter, découragé, touché
Dans ses tripes, vaincu par l’hydre mercantile,
Il avance à pas lent replié sur lui-même
Et cherche dans son cœur une raison d’espérer,
Juste un coin de ciel bleu, la force d’augurer
Sans pleurer, l’avenir de la terre qu’il aime…
Que de beaux métiers que d'artisans sint et seront écrabouillés par elle...
Amitiés Poétiques
Lueur
Amitiés Poétiques