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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:26

L'hiver quand l'aquilon, plus acéré qu'une lame,

Écartèle son corps et fait geindre ses os,

Lorsque maints craquements martyrisent son dos ;

Son manteau claque au vent comme un vieil oriflamme...

 

Éreinté par le vent, les lèvres crevassées,

Il lutte à chaque pas et ses doigts engourdis

Se crispent douloureux et ses membres raidis

Par le froid lui font mal et troublent ses pensées...

 

D'une entaille à la main, une seconde, il enrage,

Il regarde sa terre et au loin sa maison

Mais homme de devoir, d'une bonne raison,

Tout au fond de lui-même il puise le courage...

 

A pas lents, il avance observant de la souche

Le sarment superflu qui commence à pousser,

Il le taille avec art, sans jamais se presser,

Et préserve le tronc du bourgeon qu'il essouche...

 

D'une rangée à l'autre il répète le geste

Et pourtant, chaque fois, il lui semble inédit,

Tant heureux sur l'instant qu'il en reste interdit

Et redouble d'efforts, engoncé dans sa veste...

 

Indicible bonheur, lorsqu'il lève la tête

Et contemple du ciel l'horizon éclairé,

Qu'il écoute du Cers le souffle libéré,

Oubliant ses douleurs, l'homme devient poète...

 

Certains penseront que sa besogne est ingrate

Mais lui de son travail il brandit le flambeau

Car il n'en connait pas de plus noble et plus beau :

« De la vigne soigner le terroir disparate... »

 

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Published by Philippe Lemoine - dans In Vino Véritas
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commentaires

Lueur 03/07/2009 03:02

On sent le vécu dans vos textes, on voit le talent dans vos lignes.Lueur

Philippe Lemoine 06/07/2009 12:01


Ils sont l'expression d'un ressenti, une vision que je travaille...
Merci à vous Lueur de ce beau commentaire, j'en suis touché...
Amitiés poétiques