Lors qu'arrive le temps des sanguines vendanges,
Teintés de cuivre brun, d’un vieil or inédit,
S’exaltent des couleurs dont le cœur s’ébaudit,
Le cep offre ses fruits nimbés de cheveux d’anges…
Délicate, une main dégrafe son corsage,
De la grappe estimant la pulpeuse moisson,
Elle observe avec soin l’automnale toison
Et de ses doigts, se fraie un intime passage…
Au contact de la peau la ramure gémit,
Par la pulpe, taché, l’épiderme frémit
Et détache les grains de la souche râpeuse…
Docile à la caresse, à ce geste attentif,
Complice, le raisin s’abandonne lascif
Et révèle au cueilleur sa chair d’ambre juteuse.
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