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Du Grenache aux tanins aguicheurs de papilles
J’hume le caractère immuable et boisé
Dont j’encense le corps, par l’effluve grisé,
Du plaisir, je ressens les maintes estampilles.
En bouche, la Syrah, louange la garrigue,
Cette argile calcaire aux arômes flatteurs,
Mélisse et rubis noirs, en parfaits serviteurs
Épicent l’élixir qui dans mon sang s’irrigue.
Saturé de soleil et d’embruns maritimes,
Trapu le Carignan, aussi franc que fruité,
Embaume mon palais de sa maturité
Et m’énonce l’ampleur de ses bouquets intimes.
Contemplant le Muscat, sa robe d’ambre ocrée,
Oracle de mes sens, mon œil se réjouit,
Suave et sensuel, son cuivre m’éblouit,
J’en sirote amoureux la finesse sucrée.
Modeste le Merlot déclame dans mon verre
Ces coteaux rocailleux que la vigne nourrit,
La beauté du terroir par l’ascèse mûrit,
J’en goûte les trésors sous son aspect sévère.
Comme pris de vertige au sommet de l’ivresse,
Je célèbre, du cep, le nectar étonnant,
L’ineffable alchimie au pouvoir détonnant
Qui calme mon mal-être avec soins et tendresse.
N’en déplaise aux censeurs, bienheureux je m’avine
Et le souffle égrillard je m’envole léger
En trinquant à l’amour, ce message en danger,
Dont le vin retransmet la parole divine...
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