L’imaginaire seul délivre l’esthétisme
Et envoûte l’esprit faisant fi du commun
En cela devenu de l’ordinaire immun,
L’être s’étonne absout du fade despotisme
De l’inerte splendeur, source de solitude,
Qui forge de l’ennui le maillon destructeur.
Oracle des sens, l’art, d’un acte fondateur,
Sublime la nature, immense platitude,
Dont l’horizon restreint engendre l’étroitesse,
La mortelle saveur de la banalité
Et nourrit de son sein la médiocrité ;
Pire que la laideur, fille de la paresse.
Matière à s’étonner, métaphore invisible
Dont le cœur initié devine les contours,
Jusqu’à lors inconnus les modernes atours,
De l’œuvre dévoilant la profondeur sensible ;
Transcendant l’apparence, écrit en filigrane,
Immanent, suspendu dans ce monde au delà,
Présence enluminant l’huile, l’extase est là :
Hermétique au regard primaire du profane.
Le génie inspiré, d’une métamorphose,
S’empare de l’image inscrite au firmament
D’un verbe inusité transcrit le sentiment ;
L’âme et la beauté sont unique et même chose !
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