Nostalgiques fragments de rumeurs passagères,
Dérivent dans mon cœur des odeurs étrangères,
Tant de rires croisés, de l’oubli prisonniers,
Effleurent mon regard par mégarde, oubliés…
Existe-t-il un lieu sans honte ni défaite,
Une porte, une clef qui ne soit contrefaite ?
A jamais immobile au seuil de l’avenir,
Sur l’aile des regrets s’éteint le souvenir…
Penché sur le miroir, le temps et son grimoire,
Je recherche le lien enfoui dans ma mémoire,
Le sibyllin passage où dans l’obscurité,
L’espace se réduit face à l’éternité…
Emerge sans passé, sans futur, insolite,
L’impalpable moment où l’âme se délite,
Tout ce que j’ai perdu, perdu puis reconquis,
D’un murmure m’emporte aux sources de l’acquis…
Taciturne besoin d’une trouble tendresse,
L’eau sombre du remords d’un écho me caresse,
Il flotte dans mes yeux des effluves de sel,
Je relis de l’amour l’ineffable missel…
Glisse l’ombre de qui lui- même fut une ombre,
D’une lueur, d’un son s’exulte la pénombre,
De la cause à l’effet le vécu s’introduit,
Là, le passé devient l’encore et l’aujourd’hui…
…………………………….
Dans l’étrange, le ciel bouge, tout avance,
Immense, dans le soir, brûlants, les yeux s’échangent,
En silence, l’azur se confond dans l’orange,
Sur l’encre de la nuit, le crépuscule danse…
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