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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 01:39

En ces lieux désertés, par le vent, fouetté,

Sculpté, se dresse un œil par la flamme, épointé,

Cyclope émasculé, témoin de la géhenne,

D’un fratricide choc, l’épouvantable scène…

 

Cataracte, éboulis de corps fossilisés,

D’une étreinte à jamais, pêle-mêle, enlacés,

Par la lave, figés, grimaçants en silence,

Tableau mortifié d’une âpre violence…

 

Là, d’un glaive de feu, Vulcain le forgeron,

Las de s’exténuer, lui ! L’humble tâcheron,

Exsudant nuits et jours pour un grain de misère,

Dulcifia sa faim d’un combat nécessaire…

 

Au labeur, condamné pour le plaisir des dieux,

Lui ! Trimant, affligé par la torpeur des cieux,

Cisèle les métaux sous les regards avides

D’un clan d’agioteurs par l’or, rendus cupides…

 

Longtemps, il endura…, résigné, supporta

Le caprice éhonté, l’impudeur du dictat,

Mais un jour, estimant, mesurant la récolte,

En son cœur spolié s’éveilla la révolte…

 

Par la famine, aidé, récusant son destin,

Simplement, quémandant son écot du festin,

Il posa son marteau, réclama subsistance,

Aux souverains Ego clama son exigence…

 

Le front fier, portant haut son vœu d’égalité,

Il brandit le drapeau de son cœur révolté,

Unissant en chemin les damnés de la terre,

Il maudit les puissants de cet endroit austère…

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Published by Philippe Lemoine - dans Les Innommables
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