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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 01:32

Raides versants abrupts d’ardoises, constellés,

Gris raidillons jaspés, mamelons craquelés,

Titanesques rochers, dentures squelettiques,

Eboulis de granit, tumultes chaotiques…

 

Là, se dresse amputé, sans grâce, monstrueux,

Le redoutable aven d’un sommet tortueux,

Sur son flanc sculptural, quelques rares broussailles,

Aux rigueurs du climat, livrent maintes batailles…

 

Les poumons écorchés, par le souffre, éreintés,

Je gravis l’âpreté de ces lieux désertés,

Entre deux éboulis s’énonce la cassure,

Des amas de silex m’en content la blessure…

 

Rien ne vit, tout survit, tout devient étranger,

Rien ne bouge et pourtant…, l’on se sent en danger,

D’un sabre émorfilé, le vent, sournois, m’enrobe,

Le sol, à chaque pas, lâchement, se dérobe…

 

Mordu par l’aquilon, sans répit, culbuté,

Luttant, époumoné, contre l’adversité,

Replié sur moi-même, usant d’un stratagème,

J’épouse le terrain contestant l’anathème…

 

Serpentant le lacis sur toute sa longueur,

Le plus maigre épineux m’offre un petit bonheur,

Un instant de sursis où je reprends haleine,

Un asile émoussant l’exécrable géhenne…

 

En mon cœur éprouvant la beauté du débat,

J’en omets l’âcreté du terrible combat,

Coudoyant le divin, la douleur de l’abîme,

J’en arpente, ébloui, la rudesse sublime…

 

D’un effort vertueux, j’apprivoise les monts,

Des obstacles, vainqueur, j’élude mes démons,

Effleurant, échiné, l’orbite du cyclope,

Une joie euphorique, ardemment, m’enveloppe…

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Published by Philippe Lemoine - dans Les Innommables
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