| Février 2010 | ||||||||||
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Il voit passer les gens, ils viennent tous le voir
Mais il ne sait pourquoi ? Son esprit s’interroge,
Pourquoi cette tristesse au son de l’au revoir ?
Fugace sa conscience à l’absence déroge
Et cherche le motif de ce vaste trou noir ;
Nulle lueur ne vient en dissiper l’abîme
Alors sur une chaise, amorphe, il va s’asseoir
Pour ne pas déranger, sa présence est infime.
Son regard est ailleurs tourné vers l’intérieur,
Nul ne sait ce qu’il voit, nul ne sait ce qu’il pense,
Sur ses lèvres parfois un sourire rieur
Se pose avec douceur, vague réminiscence
D’une chose enfouie au plus profond de lui
Dont il ne saisit plus les anciens paysages.
Son corps est là, présent mais son âme s’enfuit
Vers un monde lointain aux ténébreux rivages.
Le souvenir s’efface . A chaque nouveau pas
Sa mémoire le quitte infidèle aux visages
De ces êtres aimés qu’il ne reconnaît pas ;
De l’oubli, il ressent les funestes présages.
Insensible à l’amour, la mort pour horizon,
Monocorde, sa vie a la couleur du vide,
Terne comme le ciel d’une grise saison ;
Celle du temps qui passe immobile et livide…
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