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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 03:26


Les bonheurs d’autrefois sont partis quelque part,

Tous les trains pour ailleurs siffleront sans départ,

D’un garrot, la terreur resserre son étreinte,

Le front des libertés se courbe sous l’astreinte…

 

Trente écus sans crédit, c’est le prix du délit,

C’est le prix du baiser, de l’amour aboli,

Trente écus sans anneau, c’est le prix en pâture,

C’est le prix des douleurs, de l’ignoble torture…

 

Les wagons pour Madrid resteront sans retour,

Orphelins, sur le quai nous ferons le détour,

Des fantômes sans nom souilleront le grimoire

Et des lys rouge sang fleuriront leur mémoire…

 

Trente écus sans un cri, c’est le prix du pendu,

C’est le prix des sanglots, du chagrin suspendu,

Trente écus, c’est le prix du terrible supplice,

C’est le prix de la mort, du démon, son complice…

 

Les enfants de Caïn se sont multipliés,

Regardez, O Seigneur ! Leurs drapeaux dépliés

Accabler l’innocent d’une transe inhumaine,

Ils portent sans regret le flambeau de la haine…

 

C’est le prix du remords du funeste pécheur,

C’est le prix du pardon de l’auguste prêcheur,

Trente écus sans salut, c’est le prix du parjure,

C’est le prix de l’agneau, du serment qu’on adjure…

 

……………………………….

 

 

 

L’irrémédiable est une vaste douleur,

Le vouloir être est le cri du cœur…

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Les Innommables - Communauté : Coeur de poète
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