Terrible messager, saumâtre charognard,
O ! Sinistre corbeau délivre ton message,
Crachouille ton venin et quitte mon rivage,
Je sais déjà Pluton aiguiser son poignard…
Pitoyable destin que l’espoir fracassé,
A quoi bon contempler ce morne paysage,
Immuable Charon, ouvre-moi le passage,
Puisqu’il faut en finir, abrogeons le passé… !
Emporté par le fleuve, à ce monde, étranger,
De l’insondable aven, je franchis le portique,
Egaré dans l’ennui, sur l’encre désertique,
Immobile, je vogue autrement naufragé…
Condamné, sans pardon aux flammes de l’enfer,
Plutôt que de courber, humilié, l’échine,
Arrogant, le front haut, provocant la vermine,
Avec tous mes démons, je croiserai le fer…
Styx, monstrueux serpent aux neuf anneaux maudits,
D’avoir par tes yeux vu la belle Proserpine,
Je déclame, le cœur percé par une épine,
L’imputrescible soif des plaisirs interdits…
…………………………..
L’imaginaire comme lieu de passage,
Comment accepter l’indicible naufrage… ?
Derniers Commentaires