| Février 2010 | ||||||||||
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Tuberculeux, le temps s’annonce épouvantable
Et…, de l’aube en haillons, visqueux suinte l’ennui.
Les poumons encrassés de salpêtre, la nuit
Crachote des fragments d’une aigreur détestable…
Je supporte le poids d’une époque innommable,
La terreur et les cris de l’humaine clameur,
J’ai beau prier, pleurer, se répand la tumeur,
La honte sur mon front m’en dit l’insupportable…
Le monde indifférent se moque de l’outrage,
Dédaigneux, d’une moue, ignore l’agoni,
Le poète comprend, continûment puni,
Il se sait asservi, réduit en esclavage…
Le félibre exilé par l’immortel enrage,
O ! Père infanticide, entends fort mon déni,
Pourquoi donc me voici de l’olympe, banni ?
Quel est donc mon délit… ? J’en refuge l’adage !
J’égrappe, énamouré, des embruns de blessure,
D’un chétif doigt de craie au creuset du berceau,
D’une empreinte de sang je chemine sur l’eau
Et souille le feuillet d’obscures flétrissures…
Triste, l’âme s’instruit sur l’objet de la chose,
Solitaire, enquiert l’oracle du tombeau,
Son murmure se lève en quête d’un flambeau,
Ai-je vraiment vécu ? Le ciel est si morose…
Se dépose en mon cœur l’écho démoniaque,
Je gémis mon effort vers l’amour, infléchi,
Je contemple le jour que l’horizon blanchi,
Dans le gris de mes yeux brille le zodiaque…
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