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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 01:05


Sous un magma de fer, de béton et de cendres,

Des œillets rouge sang endeuillent les cœurs tendres

Le train des innocents n’ira plus autre part,

Les oiseaux migrateurs ont raté le départ…

 

Plus un rêve ne part, nos poitrines sont vides,

Les wagons sont en feu, nos lèvres sont livides,

Des fantômes de trains rodent dans nos regards,

Dans l’aurore…, esseulés, tous nos pas sont hagards…

 

Nos rires sont partis sur le quai de la gare,

Nous irons à Madrid cueillir une fleur rare,

Etrange carriole où sommeillent les morts,

Un sinistre taureau l’empale sans remords…

 

Sombre matin de mars, au sillon d’une larme,

Voyez cette catin ! Nouer le fil du drame,

Elle cherche un amant dans le vil charnier,

Par sa main, garrotté…, l’amour prisonnier…

 

Nous irons à Madrid cueillir une fleur rare,

Nous irons à Madrid pleurer dans cette gare,

Nous n’irons pas ailleurs, nous prendrons le départ,

Du chagrin de Madrid nous prendrons notre part…

 

Nous irons à Madrid prendre part au silence,

Nous irons à la gare éprouver sa souffrance,

Nous partirons en train allons nous recueillir,

Nous partirons en train afin de nous vieillir…

 

Nous n’oublierons jamais Madrid, tous ses visages,

Sa gare et puis ses trains absents de nos rivages,

Nous n’oublierons jamais les yeux de son martyr,

A chaque mois de mars vivra le souvenir…

 

Nous irons à Madrid pour répondre à l’outrage,

Tous les trains pour Madrid sont des trains de partage,

Nous verrons la famille et ses enfants perdus,

Nous verrons, un par un, les amis disparus…

 

  Nous irons à Madrid avec une fleur rare,

Du sel de nos sanglots nous fleurirons sa gare,

Nous partirons en train dans le sombre matin,

Nous irons au tombeau pour en faire un jardin…

 

 

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Published by Philippe Lemoine - dans Les Innommables
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