Monsieur le Président,
De ci de là festoyant,
Je vous sais fort occupé
Acceptez mon audace,
Pardonnez mon insolence…
Avant qu’il ne soit plus temps,
Faites preuve de patience,
Donnez moi une place,
Lisez donc mon poème.
En partance vers d’autres rivages,
Enfant de bohème,
Poussière sur les rives de l’âge,
Simplement de passage,
Je vous écris dans l’urgence…
Je suis la misère
Celle qui a toujours faim,
Celle dont la prière
Dérange les ventres pleins…
Je suis l’âme des rues
Précaire, je rode sans logis,
Je suis l’autre visage,
La honte de ce pays…
Je suis la conscience
De ceux qui n’ont rien,
Je parle du douloureux silence
De ceux qui n’attendent rien…
Je suis l’innommable,
L’inénarrable clameur…,
J’habite rue du sordide,
Venez donc partager mon destin.
Je vous invite à mon festin,
Nous ne ferons point de baise main,
Point besoin non plus d’habits de gala,
Amené plutôt votre repas…
Je vous convie à la pauvreté,
Au bal des maudits,
Puissiez-vous entendre battre son cœur,
Ce qu’il en reste encore d’humanité,
Venez l’entendre geindre
A moins, que cela ne vous fasse peur…
…………………..
Que sais-tu de moi,
Toi qui ! Me juge certain ?
Folle, est ta certitude,
Quand à l’ultime porte
Toque la faucheuse,
Nous partons tous,
Puissants ou misérables
Dans la même solitude,
De l’injuste, le ciel se purge !
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