Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 23:35

 

J’aime l’intimité des venelles sordides,

Du maigre et du fluet, les fragrances fétides,

La misère engluée aux goulets saturés,

Ces borgnes fenestrons par le vice, obstrués,

Qui ne laissent passer que secrètes lueurs

Dont j’invoque ravi les coupables chaleurs

 

J’aime l’obscurité, sa promesse infidèle,

Qui me laisse entrevoir tout un peuple rebelle,

Ironique, oublieux du conforme et du beau,

Du modèle établi dépravant le flambeau,

Eructant bruyamment son refus de ce monde

Et pissant sa douleur sur les pieds de l’immonde…

 

J’aime tous ces enfants mis au banc en ces lieux,

Ils épanchent leur soif autrement que mielleux,

D’une saine colère, embrasant les banlieues,

Leur courroux, d’un écho, rebondit à cent lieues…

Laissant coi le pouvoir moribond et hagard,

Comme est belle la peur oppressant son regard…

 

J’aime les insoumis, cette ardeur anarchique

Etripant l’injustice et son ordre hiérarchique…

Exhibant sa laideur, sa triste vérité,

La misère est un lien, comme une identité,

De l’aven ressurgit la fièvre salutaire,

De l’imminent chaos, je serai solidaire…

 

……………………………

 

 



 

Ai-je vraiment vécu ? Le temps est illusoire…

Ai-je vraiment vécu ? La gloire est accessoire…

 

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Philippe Lemoine - dans Les Innommables
commenter cet article

commentaires