Sous le fardeau des noms se brise l’harmonie,
Tout ce qui est uni veut sa part du festin,
D’un « Je » chacun devient un unique destin,
De la paix, de l’amour…, commencent l’agonie…
S’éveille lentement le regard singulier,
Ce qui, hier, était d’une même nature
Ne se reconnaît plus et se caricature,
De mot en mot, se fend le ciment séculier…
Quand du culte du soi vient l’incompréhension,
Sous le masque des mots se commet l’imposture,
Quand le chant devient « Dieu » survient la dictature,
De l’unité, l’Ego prêche l’abolition…
Quand le verbe divise au lieu de fusionner,
D’ineffables rancœurs provoquent le séisme,
Le peu d’appartenance engendre l’ostracisme,
Monte des profondeurs un souffle empoisonné…
De la maigreur du lien s’étend la solitude,
Sur d’aveugles récifs se perd le sentiment,
Des royaumes d’orgueil en disent le tourment,
De l’immonde clameur s’épand la servitude…
Quand le verbe s’impose, ô ! Vive exclamation,
C’est Narcisse qui chante, à tous êtres se nomme,
Chacun s’élit d’un son, regardez voici l’homme !
Et le monde frémit sous cette exclamation…
………………………………
Quand l’homme s’élit Dieu,
Commence la dictature !
Derniers Commentaires