Partager l'article ! Cauchemars...: Complice malgré moi de l’hydre inacceptable La mémoire arrimée au sentiment coupable, ...
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Complice malgré moi de l’hydre inacceptable
La mémoire arrimée au sentiment coupable,
Coupable d’être là, vivant parmi les morts,
Subsistant comme un rat rongé par le remords,
Mes rêves sont peuplés de prisons successives
Dont je parcours sans fin les blafardes coursives.
Je vais de l’une à l’autre éprouvant la douleur
Inscrite sur les murs grisâtres, sans couleur.
Partout la même odeur me donne la nausée
Et semble prendre corps. Sur mes lèvres, posée,
L’acide infection mélange de sueur
De sang séché, d’urine entretient la frayeur.
Transformant les plus forts en modestes cloportes
Elle suinte indicible et transperce les portes,
Essaime son venin le long des corridors
Puis, sans visage, rode autour des miradors,
Infecte les esprits, disperse sa matière
Pétrifiant d’effroi la cité toute entière.
Je vis loin de son souffle et pourtant chaque nuit,
Venu d’autres pays, son écho me poursuit,
J’ai beau fermé les yeux sur l’immonde nature
Résonne en moi le cri de l’homme qu’on torture…
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