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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 00:55

                                                 

Poète impertinent, d’avoir tant molesté

Les mots dans tous les sens, grandeur et décadence,

En aurais-tu perdu la limpide évidence

Qui, sous chacun d’entre eux, livre sa vérité… ?

 

Ne peux-tu point décrire avec simplicité,

De cette chose en toi l’intime confidence,

Ce souffle né du cœur comme une providence

Que ta plume profane ivre de vanité… ?

 

Par lui-même étourdi, célébrant l’éphémère,

Obscène ton esprit se nourrit de chimère

Puis se couche repu, de bien peu satisfait…

 

Sans âme, ton poème exalte l’insipide

Cette soif de renom te désignant cupide :

Te voici déclamant le fade et l’imparfait…

 

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commentaires

Darius Hyperion 06/05/2009 10:27

Bonjour,L'inversion a toujours été considérée par les grands auteurs comme une faute de mauvais poète ou de débutant, pardonnez-moi l'expression, elle n'est pas de moi. Une inversion ne met pas en valeur un mot ou une expression, elle donne juste l'impression désagréable que les pièces d'un puzzle sont montées à l'envers, ou que l'auteur ne sait pas parler.Ronsard et du Bellay l'ont un temps pratiquée puis l'ont vigoureusement combattue pour maniérisme et archaïsme. Comme disait en substance Victor Hugo dans une introduction à l'un de ses recueils, on ne peut se soumettre à Boileau sans sacrifier à Vaugelas, autrement dit : on ne peut faire de la poésie sans respecter la grammaire et la syntaxe.Je peux vous donner d'autres preuves de Banville, Baudelaire, etc. en plus de celle de Molière ci-dessus. C'est donc toute la littérature, et la poésie en particulier, qui rejette l'inversion ; cela a été, c'est toujours, cela sera toujours une faute de mauvais goût et une facilité (encore une fois, tous les grands s'accordent sur ce point). Vous trouverez, c'est certain, des inversions chez les meilleurs, mais cela relève de l'étourderie, pas du procédé systématique comme vous le faites.Et si vous voulez une référence plus moderne et non littéraire, chaque fois que je lis une inversion, je pense à Yoda dans Starwars: "Les forces du côté obscur combattre nous devons".Quant aux "et" dans un sonnet, je ne connais pas la règle que vous donnez. Si vous en avez la référence, cela m'intéresse grandement.Effectivement on trouve beaucoup de "et" commençant un vers chez Nerval. Néanmoins cela n'est pas systématique chez lui, et si l'on cherche chez d'autres auteurs, tels Baudelaire, Ronsard, Hérédia, c'est beaucoup plus rare. Chez vous, la proportion de vers commençant par un "Et", qu'il s'agisse d'un sonnet ou non, est très élevée, cela m'a marqué dès mes premières lectures, et cela ne semble pas particulièrement voulu et tient effectivement de la cheville. Je tenais juste à vous le signaler.Cordialement

Philippe Lemoine 10/05/2009 00:16


Bonjour,
Alors Baudelaire que je vous invite à relire devait être un poéte très étourdi car rien que dans  " Femmes damnées" du vers 1 au vers 12, il pratique 12 fois l'inversion et puis il
m'importe peu de paraître mauvais poéte, libre, je compose mon oeuvre seulement guidé par mes propres exigences (nombreuses autant dans la forme que le sens...) exigences que je ne cherche à
imposer à quiconque...
Vous me citez Yoda dans starwars, j'avoue de pas connaître ce poète,  je ne dois pas avoir les mêmes lectures, du moins références poétiques que les vôtres
La cheville Et oui est fort employé par De Nerval, la simple lecture des sonnets "Antéros et Delfica" le montre puisque vous citez Baudelaire, je vous invite à relire Bénédiction (spleen
et idéal)  où cette cheville est employée en début de vers environs 15 fois
Concernant l'emploi de cette cheville, (au début comme en cours de vers) il ne s'agit pas d'une règle mais de l'un des critères de correction (donc arbitraire)  de nombreux
jurys  lors de concours (sonnet) de poésie classique...(un certain nombre de mes poèmes présents sur mon blog ont étés primés mais comme pour moi ce n'est que subjectif...)

Vous pensez que je fais un emploi abusif, libre à vous, j'en respecte l'annonce mais je m'en étonne néanmoins par exemple mon recueil "Poussière d'Oxygène" constitué de plus de 1876 vers seul,
je crois 35 commencent par ET, sourire bien moins que de nombreux poétes illustres présents ou passés...

Néanmoins, je vous remercie de vos remarques et attentions (même si je ne les partage pas toutes) elles ne peuvent que m'enrichir d'un autre regard et me permettent parfois de corriger certaines
fautes d'inattention

Amitiés poétiques                


Darius Hypérion 01/05/2009 10:22

Bonjour,La césure de ce vers est incorrecte :Ce souffle du cœur que t’offre la providenceEn effet, "que" appartenant à la subordonnée "que t'offre la providence", il appartient donc au deuxième hémistiche. Cet alexandrin se structure donc selon 5//7 et non 6//6. De plus, même si le e de "que" n'est pas vraiment muet, il convient de ne pas placer un e muet à la césure, c'est un son faible sur un temps fort.Les vers 8 et 13 commencent tous les deux par "Et", c'est beaucoup pour un sonnet.Attention aussi aux inversions, que vous pratiquez (trop) souvent.De cette chose en toi l’intime confidence,ce n'est pas l'ordre normal de la phrase, et cela n'a rien de poétiqueL'intime confidence de cette chose en toi.Souvenez-vous de la leçon donnée par Molière dans le Bourgeois genthilhomme (acte II, scène 4)MONSIEUR JOURDAIN. (...) Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour ; mais je voudrais que cela fût mis d'une manière galante, que cela fût tourné gentiment.[...]Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.MAÎTRE DE PHILOSOPHIE. On peut les mettre premièrement comme vous avez dit : Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien : D'amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux. Ou bien : vos beaux yeux d'amour me font, belle marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle marquise, d'amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle marquise, d'amour.MONSIEUR JOURDAIN. Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?MAÎTRE DE PHILOSOPHIE. Celle que vous avez dite ! Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour.Cordialement

Philippe Lemoine 01/05/2009 15:52



En effet, vers guère heureux, sourire..., comment ai-je pu commettre pareil forfait...?
le voici de votre pertinent regard..., corrigé
Par contre je ne partage en rien vos autres remarques même si un abus de la cheville "Et" peut-être considéré comme une facilité l'usage veut que l'on puisse l'employé 3 fois sans que
cela nuise au sonnet mais ce n'est qu'une humaine considération car bon nombre de chefs- d'oeuvre de notre poésie comme certains sonnets de "Nerval" sans moquent pour notre plus grand
plaisir d'autant qu'ils en créent le rythme particulier...
L'inversion oui fait partie de ma poésie, elle participe à lui donner sa musicalité singulière, de plus ces nombreuses et volontaires inversions outre une certaine musicalité donne une
signifiance aux mots différentes...quand à la question de savoir si cela est ou non poétique ??? Juste une question de sensibilité personnelle...ce n'est pas votre perception, je la respecte,
d'autres en ont une différente mais comme il n'y a pas de vérité: "vive la liberté !"
Amitiés Poétiques