Vêtus de longs draps noirs aux cols immaculés,
Comme un vol de corbeaux nourris par la charogne,
Orgueilleux procureurs : ils jugent sans vergogne
Et fondent leurs verdicts d’arguments éculés…
Imbus de leurs fonctions, par leurs rôles saoulés,
Baladins et bouffons achèvent la besogne ;
La justice bafouille et se dandine ivrogne :
La cour est un théâtre aux acteurs décalés…
L’arbitraire pour toise, oscille la balance,
Son peson est faussé, chacun n’a pas sa chance,
Sous l’or et l’apparat l’humain apparaît nu !
Ni ange, ni démon, innocent ou blâmable,
Avant le jugement considéré coupable ;
C’est le dos courbé que se tait le prévenu…
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