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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 16:29

 

 

D’une vaste langueur le temps sans fin se traîne

Insensible à l’ennui qui grisâtre m’entraîne

Vers l’abysse d’ébène où seul le moribond,

Irrémédiablement, tombe sans faire un bond…

Dans le gouffre béant, immobile, je plonge,

Amorphe mon esprit, poreux comme une éponge,

S’imbibe de l’alcool de l’indécision

Et tergiverse au bord de la dépression…

Vers le bas, une main me pousse et une autre

Me tire et le néant m’attire, je me vautre

Dans l’amer de mes pleurs et flotte entre deux eaux

Semblable à ce nuage au faîte des coteaux

Que la pente emprisonne et que le vent bouscule ;

Aphasique, mon cœur dans le vide bascule…

Seul m’obsède l’affreux remords aux doigts crochus,

Je l’entends ricaner : « Vois tes rêves déchus,

Allongés dans la tombe, ils sont à ton image ;

Larmoyants mollassons sans espoir ni courage. »

Que ne ferais-je, hélas ! Pour à ce point aimer,

Jusqu’à verser le sang heureux de m’abîmer,

Me fondre dans les bras d’un sanglant crépuscule

Où le ciel agonise et l’horizon recule ! 

 

Par Philippe Lemoine - Publié dans : Vaincu par l'orage... - Communauté : l'art de partager son art
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