Je ne peux négliger le funeste matin
En filigrane inscrit sur les mains du destin,
Si l’on porte le deuil du pouvoir poétique :
Le monde de demain périra sans éthique !
Face à l’intolérance, aux dangers de l’affront,
Je déclame ma rime et ferai toujours front ;
Sous le poids des clameurs résonnant sous la voûte,
Je ne suis pas de ceux dont l’échine se voute !
En ce siècle perclus, gangrené de douleurs,
Je clame de mon art les plus nobles valeurs
Et provoque en duel la sinistre inculture
Qui de l’homme flétrit le verbe et la nature.
Vous pouvez me maudire et même ricaner,
Il faudra vous y faire ou bien m’assassiner,
Et même si je n’ai que ma plume comme arme ;
Augurez-vous vraiment que la crainte m’alarme ?
Rustiques spécimens, bâtisseurs de gibets,
Fini le temps contraire où sous les quolibets,
Le poète rasait les murs frappé par l’ironie
De l’humaine bêtise et de sa tyrannie !
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